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❝ You're my home ❞

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Bellamy Blake
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Inclement Earth

MessageSujet: ❝ You're my home ❞ Dim 9 Avr - 22:23

Pour la fourchette temporelle :
 

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Les Blake
All around me are familiar faces, worn out places, worn out faces, bright & early for their daily races, going nowhere, going nowhere. Their tears are filling up their glasses. No expression, no expression. Hide my head I want to drown my sorrow. No tomorrow, no tomorrow. And I find it kinda funny, I find it kinda sad the dreams in which I'm dying are the best I've ever had. I find it hard to tell you, I find it hard to take when people run in circles it's a very very mad world, mad world. Children waiting for the day they feel good. Happy birthday, happy birthday, made to feel the way that every child should sit & listen, sit & listen. [Gary Jules - Mad World]

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Aujourd’hui, j’vais enfin pouvoir rendre visite à Octavia. Bon, j’exagère p’têtre en disant « enfin », car j’ai l’droit d’aller la voir 5 fois par mois : 3 fois pour des visites de 2h, plus 2 autres fois, pour manger à ses côtés. Ce qui est bien plus que ce que l’Arche autorise, pour les conjoints des prisonniers, et largement plus que le nombre de visites autorisés pour certains amis des détenus. Et là, bien entendu, je ne parle pas des captifs du Niveau 2. Car ouais, si j’devais comparé l’sort réservé aux prisonniers d’ce Niveau, O. a eu d’la chance…. Tout est relatif !

Comme à chaque fois qu’le jour d’la visite approche, plus l’entrevue approche, et moins j’arrive à m’concentrer sur c’que j’ai à faire. C’est presque une bonne chose que j’sois plus Garde, car j’me serais pris d’belles remarques, pour être aussi distrait qu’ça. En fait, y’a bien que c’matin où j’étais à peu près concentré sur la mission qui était alors la mienne, à savoir : nettoyer la cellule de Clarke Griffin – oui, la fameuse privilégiée qu’a croisée à quelques reprises ma route – cellule qu’sa mère m’a chargé d’nettoyer, depuis qu’sa fille est emprisonnée. J’ai pas trop compris c’qui a poussé cette Conseillère à m’choisir moi particulièrement. J’sais pas trop ce que Clarke a fait, car « trahison », ça reste vaste, j’trouve. P’têtre qu’sa toubib de mère s’est dit qu’j’étais l’moins susceptible des agents d’entretien, à poursuivre la quête de « trahison » de sa fille. Peu importe c’qu’elle pourrait bien m’dire. Entre un père qu’a buté un Chancelier, une mère qu’a mis au monde une autre gosse en dépit de la Doctrine Gaïa, et une frangine qu’a volé des médoc, on va dire qu’ma réputation n’est pas au mieux, mais plutôt à même d’faire que les gens ne recherchent pas vraiment ma compagnie ! Bref, j’ai pas cherché à comprendre les raisons d’Mme Griffin à m’demander d’nettoyer la cellule de sa fille, mais j’ai pas refusé. L’salaire est plutôt bon, et m’permet d’avoir de quoi faire quelques p’tits achats pour ma sœur, quand j’peux aller la voir. Tentative plutôt illusoire d’ma part, pour adoucir un peu son quotidien, et éloigner d’nos esprits la dure réalité qui sera bientôt nôtre dans quelques mois, avec son envoie à la dérive…. Bref, voilà pourquoi j’ai accepté d’m’occuper d’nettoyer la cellule d’la blonde. C’qui n’est pas une mince affaire, vous pouvez m’croire ! Non pas que Clarke soit chiante, c’est juste qu’elle s’occupe en dessinant. Sur tous les murs d’sa cellule. Qui doit donc nettoyer tout ça, pour qu’elle puisse redessiner dessus plus tard ? Héhé, dans le mille : moi ! Tout ça pour dire donc que c’matin, j’étais d’corvée dans sa cellule. Et qu’étrangement, ce fut bien l’seul moment d’la journée où je n’ai pas été occupé à n’penser qu’à mon entrevue à venir avec Octavia, ni à réfléchir à ce que j’pourrais bien lui dire pour qu’elle n’s’inquiète pas pour moi, et que j’parvienne à la faire rire, afin d’lui faire oublier à quel point toute notre situation craint méchamment. Faut dire aussi qu’ça refroidi grandement d’savoir qu’la nana qu’on a en face de soi sera prochainement exécutée. Non pas qu’j’fasse un quelconque décompte : j’ai déjà bien assez à faire avec mes propres soucis pour n’pas y ajouter ceux des autres ! Mais la blonde fait l’décompte, sur ses murs…. Et… J’sais pas trop pourquoi, mais j’l’aime bien. Malgré l’fait qu’elle soit d’Phoenix. Alors ça m’désole pour elle d’savoir qu’elle connaîtra bientôt l’même sort qu’a connu son père, quelques mois plus tôt, elle qu’était prédestinée à un avenir plutôt brillant, bien loin d’la morosité des 4 murs qui seront désormais les derniers qu’elle connaîtra, avant d’être envoyée dans l’Espace…. Ca doit p’têtre jouer, l’fait qu’j’ai pu apprendre à la connaître, ces dernières années, à tel point qu’sa mise à mort à venir m’fasse oublier, l’espace de quelques heures, l’échéance qui se rapproche, concernant ma sœur. A tel point qu’j’ai accepté, lorsque Clarke – j’ignore encore d’où lui est venu cette idée ! – m’a demandé d’l’embrasser. Arguant qu’il n’lui restait plus longtemps à vivre, et qu’elle voulait être embrassée une dernière fois avant que l’Espace ne l’aspire. Arguments on n’peut plus stupides, mais bon, j’cache pas qu’j’ai finis par accepter, après avoir dit, grosso modo, qu’elle était cinglée. Clarke n’est pas vraiment l’genre de fille à qui on refuse un baiser. Ou p’têtre qu’j’avais juste envie d’l’embrasser une fois d’plus. Ou p’têtre qu’j’avais juste envie d’embrasser quelqu’un par envie, et non par dépit visant à combler l’vide laissé par la mort d’Elizabeth… Toujours est-il qu’j’ai finalement accepté.

Voilà donc comment j’me retrouve à m’rendre en Prison, pour voir ma sœur, avec encore l’goût des lèvres d’une nana qu’j’voulais embrasser, et qui va bientôt crever. L’histoire de ma vie, en somme ! Mais, alors que j’rentre dans l’espace des visites, c’baiser est déjà loin derrière moi. Pour l’instant, mes pensées sont entièrement tournées vers ma sœur, et la nécessité que j’ressens à parvenir à adoucir un peu sa journée, l’temps que durera ma visite. Ayant annoncé mon arrivé à « l’accueil », je file m’installer à une table, vide pour l’instant, attendant qu’Octavia soit menée jusqu’à moi. Mon regard s’perd en direction de la « baie vitrée », donnant en plein cœur de la Prison. J’observe, sans vraiment l’voir, c’qui s’trame dans les environs. Sans y faire vraiment gaffe, mes yeux s’lèvent, vers le niveau supérieur, là où s’trouvent les « pires » de nos criminels. Dont une certaine p’tite blonde. En entendant la porte s’ouvrir, j’prends conscience qu’mes pensées s’égaraient, c’qui ne m’arrive plus vraiment, ces derniers temps : y’a pas grand-chose qui méritent d’les faire s’égarer, en même temps, faut dire ! Mes sourcils se froncent, alors que j’me sermonne mentalement, pour m’forcer à revenir à l’essentiel. A savoir, la brune qui s’dirige vers moi. D’ailleurs, elle est à peine arrivée à la table où j’suis qu’j’me lève pour l’étreindre. Geste autrefois si habituel, quand j’rentrais chez nous, qui, aujourd’hui, a une saveur étrange. Celle d’un décompte qui s’égrène, doucement mais sûrement, et qui réduit peu à peu l’nombre de fois où j’pourrais encore prendre ma sœur dans mes bras. Ma mâchoire se crispe alors qu’j’m’efforce de chasser cette pensée de mon esprit. Par chance, Octavia ne m’voit pas, mon visage s’trouvant encore au-dessus de son épaule, notre câlin n’ayant pas encore pris fin. « Ca va ? », lui demandé-je, en m’détachant d’elle, pour l’observer quelques secondes. Guettant toutes traces de fatigue, ou d’anxiété, ou toute perte de poids, ou n’importe quoi d’autre du même genre, lié au merdier d’la vie carcérale. J’étais presque content, quand elle a été envoyée à l’orphelinat. Là-bas, au moins, elle allait en effet connaître un semblant de vie normal. Fréquenter des gens d’son âge, s’faire des amis, pouvoir réellement étudier, et avoir des portions normales, pour les repas. Enfin, toujours plus normales que ce qu’on pouvait lui offrir, avec ma mère : faire de repas pour 2, des repas pour 3, c’est pas l’plus nourrissant ! Mais dans l’même temps, elle allait être loin d’nous, loin d’moi, et découvrir, de plein fouet, l’ampleur d’la noirceur de la vie sur l’Arche, dont elle avait été préservée jusqu’alors ! Mais au moins, elle pourrait faire sa vie, une fois majeure, sur l’Arche. Sauf que non, bien entendu, ça n’s’est pas passé comme ça ! Sa dépendance aux somnifères lui ont fait du tort. Et elle s’est retrouvée en Prison. Et, bien entendu, j’m’en sens coupable. Car j’ai laissé notre mère lui donné des somnifères, pour l’aider à trouver l’sommeil, quand O. a commencé à avoir du mal à dormir correctement. Que j’n’ai jamais vraiment cherché à trouver des solutions autres, pour aider ma sœur à dormir à peu près correctement. Et qu’elle est ma sœur, qu’elle est sous ma responsabilité, tout simplement.

Une fois mon « examen visuel » terminé, j’m’assieds de nouveau, invitant, d’un signe de la tête, ma sœur à en faire de même. « Tiens, j’t’ai amené ça ! », fais-je remarquer, après qu’elle se soit assise, en faisant rouler jusqu’à elle la pomme que j’y avais déposé, en arrivant. Pomme que j’ai été acheté juste avant de revenir dans les parages, pour voir Octavia. Car j’sais que ma cadette apprécie ce fruit. Et que c’est bien tout ce que j’peux faire pour parvenir à adoucir un peu la vie d’ma frangine, dans cet univers si froid et gris qui est désormais le sien. Même si les fruits ne sont pas vraiment donnés, pour les bourses des Waldénites. On n’a pas souvent eu d’fruits, chez nous, même si ma mère tâchait d’nous en prendre un chacun, une fois par mois. Pas d’place pour des frais superflus, chez nous, juste de quoi s’faire plaisir de temps à autre. Mais là, maintenant, c’est différent. Mon salaire n’est pas énorme, mais je n’ai pas non plus des frais de folie. Même niveau bouffe : j’préfère bien souvent aller bouffer à la cantine, que m’faire mes repas. Trop cher, trop d’pertes de temps, de toute façon ! Pas l’cœur à cuisiner, pour manger seul, comme un con, chez moi. Même si à la cantine, je me mêle pas forcément aux autres, en dehors d’Aaron. « Elle est qu’pour toi : j’m’en suis prise une tout à l’heure ! », prétendis-je. Bien entendu, c’est faux. Parce que j’ai pas vraiment les moyens d’m’en payer une pour moi, si j’veux être en mesure d’amener un p’tit truc à Octavia, à chacune de mes visites. Et aussi, parce que j’peux plus manger d’pommes, de toute façon, maintenant. Ca m’fait trop penser à Octavia, et j’savoure même plus l’goût de c’fruit… Mais O. n’a pas à le savoir : j’ai pas envie qu’elle culpabilise ou autre connerie du même genre ! C’est mon argent, j’en fais ce que j’en veux. Et j’estime qu’il est dépensé correctement si ça fait plaisir à Octavia. Et qu’pendant quelques secondes, un véritable sourire vient illuminer son visage. Car j’sais qu’elle s’efforce de paraître à peu près enjouée, pour ne pas m’inquiéter. J’en fais autant de mon côté, faut dire…. Bref, ce fruit est pour elle. Pas pour moi. Pas envie qu’elle se mette en tête de le partager avec moi.

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Octavia Blake
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MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Lun 17 Avr - 15:41

You’re my home
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Parfois, la souffrance est simplement de la souffrance, rien de plus

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Etre libérée d’une prison pour se retrouver enfermée dans une autre quelques mois plus tard. Telle est l’histoire d’Octavia, et le résumé le plus simple que n’importe qui puisse en faire, même sans en connaître les détails, de cette histoire. Bon après, la brune ne va pas se plaindre, sa première prison est quand même plus agréable, du moins sur certains points. Certes, elle est enfermée dans une cellule, pas très grande, mais au moins, elle ne doit pas se cacher sous le plancher. Elle possède son propre lit, et sa petite salle de bain. C’était bien plus que ce qu’elle aurait espérée avoir en arrivant ici, c’est clair. Et plus qu’elle n’en avait jamais eut, au final. Mais quand on y regardait bien, il lui manquait le plus important. Sa famille. Même si sa mère avait été envoyée à la dérive depuis un bon moment maintenant, la jeune adolescente avait été séparée de son frère. Quand elle était à l’orphelinat, elle pouvait encore le supporter. Les heures de visites n’étaient pas limités, et Bellamy venait la voir pratiquement tous les jours, pour voir comment elle allait, et lui rapporter un peu de leur quotidien passé en lui racontant sa journée, comme il l’avait toujours fait. C’était une chose qui lui avait permit d’être rassurée, beaucoup plus qu’elle ne l’était à présent tout du moins. De toute manière, Octavia n’avait jamais vraiment été totalement sereine, alors elle avait l’habitude. Et puis, à l’orphelinat, elle avait toujours ses médicaments, pour dormir un minimum correctement. Ici, ce n’était plus du tout le cas. Et ses heures de sommeille avaient tendance à se battre en duel, en fait. Elle dormait très peu, pas assez du tout. Quelques fois, ça la rendait même malade, et elle se retrouvait incapable de se lever. Bien sûr, personne ne l’aidait pour ça. Mis à part peut être son voisin de cellule, qui lui tenait un peu compagnie. Et qui était bien le seul à ne pas le regarder de travers lors de leur petite sortie commune pour se dégourdir les jambes. Ou pendant leur cours de survie. Les autres, ils la regardaient de haut. Ils la regardaient comme si elle était une erreur de la nature. Bien sûr, ils savaient qui elle était. Ils savaient tous qu’elle était la fille qui s’était cachée sous le plancher de son appartement pendant seize ans. Et en réalité, c’était tout ce qu’ils savaient d’elle, et ça leur suffisait pour en conclure qu’elle n’était pas quelqu’un qu’il fallait fréquenter, ou traiter comme un être humain, visiblement.

Ses seuls petits moments de répit, c’était les visites de son frère. Pas assez nombreuses à son goût. Cinq visites par mois, alors qu’ils se voyaient tous les jours avant qu’elle soit envoyée ici… C’était un changement qu’elle n’arrivait pas à accepter, et auquel elle ne s’habituerait peut être jamais. Enfin, en espérant qu’elle survive, à ses dit huit ans. Ça c’était encore autre chose, et en réalité, elle préférait ne pas y penser. D’ailleurs, entre chaque visite, elle s’entraînait à sourire. Sourire pour rassurer son frère, lui faire croire que tout ça ne lui faisait pas peur, qu’elle était sereine. Sauf que ce n’était pas du tout vrai. Est ce qu’il le savait? Octavia le soupçonnait. Après tout, elle dormait encore moins qu’habituellement, sans ses médicaments, et elle était très régulièrement malade, à cause du manque. Chose que son corps devait montrer, même si elle ne le voulait pas. Ce matin là, elle s’était levée pas très en forme d’ailleurs. Mais pas non plus au point de passer sa journée au lit. Elle avait faillit rendre son petit déjeuné, l’odeur lui en avait fait tourner la tête. Mais comme souvent, elle s’était retenue, pour le garder, pour ne pas être trop faible, pour ne pas gâcher cette nourriture. Et puis, elle savait que son frère allait lui rendre visite aussi. Elle avait ensuite suivit les autres prisonniers pour leur petite balade. Jasper, son voisin de cellule, était venu discuter avec elle. Il avait même réussit à la faire rire. Il était très gentil, et c’était bien le seul à ne pas la regarder de travers. Et à s’inquiéter pour elle, aussi. Il avait bien remarquer qu’elle n’avait pas beaucoup dormit. Et de toute manière, il devait certainement l’entendre hurler la nuit, quand elle se réveillait, à travers les murs de sa cellule. Et même s’il ne pouvait pas agir de la même façon que Bellamy le faisait, il lui parlait, il la rassurait. Avec un mur entre eux deux, mais c’était déjà ça. Oui, Octavia l’aimait bien, c’était certain.

Enfin bon, après leur petite visite dans la cour, c’était comme ça que les prisonniers l’appelaient, on avait conduit la jolie brune à la salle des visites. Elle avait essayée d’arranger un peu ses cheveux, qui avait pas mal poussés, mine de rien. Sa frange ne ressemblait plus à rien d’ailleurs, elle tombait, de chaque côtés de son visage, un peu comme si elle n’avait jamais existé. Octavia l’aurait bien coupée elle même, elle savait le faire, même si la plupart du temps, c’était sa mère ou son frère qui s’en occupaient, mais les Gardes ne voulaient pas lui prêter une paire de ciseaux. Ils pensaient certainement qu’elle en profiterait pour s’ouvrir les veines, mais ce qu’ils ignoraient, c’était que la petite brune n’avait pas assez de courage pour se résoudre à un acte pareil. Elle avait beaucoup trop peur. Et puis, elle ne pouvait pas laisser son frère tout seul, ça reviendrait à dire qu’elle était le même monstre que ceux qui étaient enfermés au niveau juste au dessus. Ou le même monstre que les personnes qui l’avaient enfermés ici. Et qui avaient envoyés sa mère à la dérive. Donc non, elle ne pouvait pas abandonner son frère, c’était complètement au dessus de ses forces. Elle l’aimait beaucoup trop pour ça, et il avait déjà tellement perdu. Alors que la porte s’ouvrait, O s’avançait dans la salle, laissant son regard la parcourir jusqu’à ce qu’elle repère Bellamy. Le sourire aux lèvres, elle pousse un peu plus sur ses petits pieds pour vite arriver près de lui et se retrouver dans ses bras. C’était bien le moment des visites qu’elle préférait: les retrouvailles. Le sentiment de sécurité qu’elle ressentait à cet instant était incomparable. Elle retrouvait son grand frère, elle retrouvait ses bras protecteurs qui l’enlaçaient avec douceur, son parfum familier, et les traits de son visage qu’elle avait l’impression de re-découvrir à chaque visite, comme si  que dès qu’il franchissait le seuil de la pièce, il s’estompait dans l’esprit d’Octavia, peut importe la volonté qu’elle avait de le retenir. C’était très étrange, mais à chaque fois qu’il partait, c’était l’impression qu’elle avait, l’impression de le perdre, encore, indéfiniment. En se séparant de son frère, la petite brune hoche la tête, réflexe plus qu’habituel, vu qu’à chaque fois qu’il lui rendait visite, il lui posait cette même question, et elle lui donnait cette même réponse. « Oui. J’ai même fais une nuit complète, y a trois jours. » Bien sûr, elle mentait. Mais si elle mentait, c’était pour ne pas l’inquiéter. Et puis, de toute manière, il n’avait aucun moyen de vérifier si elle disait la vérité ou non. Elle voulait juste qu’il cesse de s’en faire constamment pour elle. Parce qu’elle allait quand même bien. Du moins de son point de vue. Même si elle avait connue mieux, elle avait aussi connue bien pire. Et c’était ce qu’elle gardait en tête, la plupart du temps. Il y avait toujours pire que ce qu’on vivait. « Et toi? » Après tout, Octavia vivait tout le temps la même chose ici. Ses journées se ressemblaient, et même s’il n’y avait qu’une seule personne qui daignait lui adresser la parole et bien… Elle avait finit par s’y habituer. Le regard des autres, elle n’y faisait que très peu attention, en grande partie grâce à Jasper. Mais elle savait que pour son frère, c’était différent. Après tout, c’était lui qui était à l’extérieur, qui était libre, mais sans véritablement l’être au final. C’était lui, qui se retrouvait seul, là, dehors, et qui avait sa petite soeur, qui était enfermée parce qu’elle était une droguée. Sa vie devait être cent fois plus atroce que la sienne, au final.

Prenant par la suite place sur le banc à côté de son frère, les mains posée sur ses jambes frêles, Octavia tente un sourire, qui s’élargit à l’annonce de son aîné. Les yeux brillants, elle tend sa main pour retenir le fruit qui roule sur la table. Une pomme. Ses yeux restent fixés dessus pendant plusieurs secondes. Elle l’apporte à son visage, fermant les yeux quelques instants pour en apprécier l’odeur. Elle n’ose pas mordre dedans tout de suite, même si elle en meurt d’envie. Elle n’est, de toute façon, pas du genre à agir comme un enfant gâté et dévorer tout ce qu’on lui donne sans en avouer chaque bouchée. Bien au contraire. Elle se tourne alors vers son grand frère, avant de se jeter à nouveau dans ses bras, s’accrochant à son cou comme à une bouée de sauvetage. « T’es le meilleur grand frère de tous les temps! » Et ça, elle le pensait vraiment. Mine de rien, elle avait beaucoup de chance de l’avoir, lui, et pas quelqu’un d’autre. Tout le monde n’aurait pas réagit de la même façon, tout le monde n’aurait pas protéger cette petite soeur qui au final, ne faisait que lui apporter des ennuis. Mais lui, il l’avait fait, et il le faisait encore aujourd’hui, en lui faisant plaisir, par le biais d’un fruit. La jeune brune avait quand même finit par le lâcher. Elle ne voulait pas non plus le tuer avec un surplus de câlins, loin de là. Surtout que sans son frère, elle n’était plus rien. « Et elle était bonne? » Question idiote, oui. Bien sûr qu’elle avait dû être bonne. Même certainement délicieuse, d’ailleurs. C’est bien pour ça qu’Octavia avait finit par lâcher un petit rire avant de croquer dans son propre fruit. Un tout petit morceau était entré dans sa bouche, et elle en fermait les yeux tellement c’était bon. Du jus lui coulait sur le menton, qu’elle avait rattraper avec sa main libre pour ensuite lécher ce liquide si précieux sur ses doigts. Elle ne voulait pas en perdre une seule miette. Ou plutôt une seule goutte, dans le cas présent. « Tu restes longtemps? » Elle lui posait cette question à chaque fois qu’il venait, sans vraiment savoir pourquoi. Peut être qu’elle espérait qu’un jour il lui dirait qu’il resterait un peu plus longtemps que d’habitude. Ou alors qu’elle allait rentrer avec lui, et qu’ils allaient à nouveau vivre tous les deux, comme avant. C’était d’ailleurs un rêve qu’elle faisait souvent, avant que ce dernier ne se transforme en cauchemar, hanté de Gardes zombies et de sa mère, complètement momifiée qui essayait, une fois de plus, de la tuer. Oui, elle avait une imagination débordante, certainement grâce aux nombreuses histoires que son frère lui avait raconté quand elle était petite.
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Bellamy Blake
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MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Sam 22 Avr - 22:37

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C’est assez étrange, de faire face à Octavia, en sachant que le temps nous est compté. Et j’parle pas que d’la durée limitée d’ma visite, mais bel et bien d’sa fin à venir. Encore quelques mois avant qu’on en soit à là, mais ça s’rapproche de plus en plus. A tel point qu’ça donne un arrière-goût étrange, à chacune de nos entrevues ! Mais mon sourire – factice – reste collé sur mes lèvres, parce qu’il est hors de question qu’Octavia s’inquiète. Déjà qu’elle ne doit pas aller fort, vu sa situation, inutile d’en rajouter ! Nous voici donc tous deux impliqués dans un « jeu », qui ne dupe personne, et surtout pas l’autre, dans le fond, car on se doute fortement de ce qu’l’autre peut bien ressentir. Cela dit, rien ne pourra empêcher l’inévitable de s’produire, alors autant tenter, de notre mieux, d’profiter des p’tits moments qui nous reste. Du moins est-ce mon point de vue. La seule chose qui me permette de n’pas devenir fou, d’avoir, en l’espace de quelques mois seulement, perdu ma p’tite amie, puis ma mère, et vu ma sœur finir en taule pour être prochainement envoyée à la dérive. Parfois, je me surprends à réfléchir à une façon d’faire évader Octavia d’sa misérable cellule. Mais mes pensées stupides se stoppent bien vite, lorsque j’reviens à la réalité : où irions-nous ? Si nous étions sur Terre, ça serait sans doute bien plus facile : la planète est – du moins, était, à l’époque d’nos ancêtres – bien assez vaste, pour qu’on puisse se cacher assez facilement. Mais là, la Colonie, faut l’avouer, est plutôt p’tite, dans l’fond. Ca limite les endroits où s’cacher. Donc, une seule solution : feindre que tout va bien. Jusqu’à la fin. Et après ? Bah, j’sais pas. On verra ! Peu d’chances que j’fasse de vieux os, par contre, faut bien l’admettre. On verra, en fait ! « Oui. J’ai même fais une nuit complète, y a trois jours. », me fait-elle savoir, en réponse à mon interrogation, visant à savoir comment elle se porte. J’suis pas franchement convaincu. Suffit d’un simple regard sur elle pour voir qu’elle manque de sommeil. L’effet du sevrage forcé, auquel elle est ici contrainte. Déjà qu’même chez nous, elle ne dormait jamais beaucoup, là, ça doit être pire que tout. Et, bien entendu, ça m’est insupportable. Mais, évidemment, je n’en laisse rien paraître. Ca n’aurait aucune utilité. Autant laisser croire à ma p’tite sœur qu’elle m’a convaincu. Quel intérêt de mettre un terme à notre jeu du « Tout va bien dans le meilleur des mondes » ? A quoi cela servirait, que je souligne à quel point j’ai bien vu, également, qu’sa silhouette restait relativement frêle ? Que son sourire n’est pas aussi franc qu’il peut l’être ? Qu’elle souffre, sans doute, aussi bien de son emprisonnement, que de sa solitude – à peine entrecoupée par les moments partagés avec les autres détenus ? A rien. Aussi ne dis-je rien. Un simple sourire accueille ses paroles, que je ponctue d’un p’tit : « C’est bien ! », d’une voix presque convaincue et convaincante. Quand on n’a plus grand-chose, d’toute façon, faut savoir se réjouir de p’tit rien. Même d’une chose aussi « futile » que d’une nuit, à peu près complète. Pas trop en demander, d’toute façon. Et surtout, n’pas dire qu’j’suis sceptique, ça mettrait à mal notre accord tacite, qui nous voit croire les paroles de l’autre, quand il dit que ça va. « Et toi ? ». Bien entendu, la question n’tarde pas à m’être renvoyée. Et c’est bien pour ça qu’j’ai rien dit, tout à l’heure. Parce que comme ça, si elle n’veut pas briser notre « joli p’tit tableau d’une entrevue normale », elle n’pourra pas remettre mes mots en doute, lorsque je lui réponds : « Ca va. », sans pour autant m’étaler sur le sujet. Autant ne pas tout dire de suite, non ? La folie de mes journées passées à faire le ménage, dans les 4 coins de l’Arche, ça peut attendre un peu, avant d’être balancé, nan ? Là, y’a plus important, comme lui donner la pomme, que j’ai choisis pour elle, un peu plus tôt, dans la journée.

On finit par prendre place, autour de la table, alors qu’Octavia découvre enfin mon p’tit cadeau. C’qui m’vaut d’avoir un p’tit : « T’es le meilleur grand frère de tous les temps! », d’une Octavia, qui s’est même jeté dans mes bras. C’est ça qui est bien avec Octavia : lui en faut pas des masses, pour être contente. De toute façon, notre milieu natal ne l’a jamais permis. Mais j’connais quand même des Waldénites qui auraient juste arquer un sourcil en voyant le fruit, et se seraient contentés d’un simple merci. Car ces gens rêvent d’avoir le niveau d’vie des plus riches Arcadians, ou des Phoeniciens. Et attendent donc d’avoir des cadeaux à la hauteur de leurs rêves. Je les plains, ces gens-là. En quête d’un rêve qu’ils n’accompliront jamais réellement. Car ils auront beau gravir les échelons, au final, ils ne seront jamais acceptés réellement par les plus fortunés, comme étant à leur niveau. J’ai quelques « amis », dont l’un des parents a fini par monter d’un secteur, grâce à sa carrière brillamment menée. Mais, pour la plupart, du moins, ils sont encore regardés de travers par ce « nouveau » secteur. Le parent comme le gosse. Parce qu’ils ne sont pas du même monde, et que le môme n’est que partiellement l’un des leurs, donc, pas un « sang-pur », pour grossir le trait. Et oui, vous croyiez quoi ? Qu’c’est le monde des Bisounours, au sein d’la Colonie ? N’rêvez pas, ici, c’est qu’un ramassis d’pourritures, qui tentent d’faire croire qu’ils sont moins pourris qu’les autres ! J’suis pas vraiment agréable, quand il s’agit d’parler d’l’Arche, mais perso, je préfère dire que je suis juste réaliste, et pas hypocrite, pas comme la moitié des nôtres ! Bref, on s’en fout. Là, en c’moment, tout ce qui compte, c’est que j’ai ma sœur dans les bras, et qu’elle parait, pour l’instant, contente. Mais vraiment. Et qu’elle aura au moins une pomme dans le ventre. C’est pas grand-chose, certes. Mais c’est mieux que rien. Et ces simples certitudes sont suffisantes pour qu’j’affiche à mon tour un franc sourire, alors qu’Octavia me « libère ». « Et elle était bonne? » m’interroge-t-elle finalement, au sujet d’la pomme que j’ai prétendu avoir mangé. Je secoue positivement la tête, en déclarant : « Un régal ! ». Ce qui n’est pas tellement un mensonge, dans le fond. Les quelques pommes que j’ai pu manger, au cours d’ma vie, ont toutes été délicieuses. Disons que lorsqu’on n’peut pas s’offrir des fruits au quotidien, on développe quelques p’tites techniques pour choisir au mieux les rares qu’on peut s’acheter. Pas envie d’dépenser une partie d’sa paie pour un fruit sans saveur ! L’gaspillage de points d’rationnement, c’est un truc qu’les privilégiés peuvent se permettre, les autres doivent faire gaffe à la moindre dépense ! Mon sourire s’élargit, alors qu’O. commence à déguster sa pomme, avec une lueur enfantine brillant dans l’regard. Et là, l’espace d’un instant, j’peux presque m’bercer d’illusions qu’tout va bien. Qu’on est de retour chez nous, et que cette pomme, je la lui ai ramenée, en utilisant mon salaire de Garde. Que notre mère ne va pas tarder à rentrer à son tour, après avoir été chez un client, pour une retouche (ou autre, mais bon, on va éviter d’penser à ce qu’elle s’abaissait à faire avec des enfoirés de Gardes !). Mais l’illusion n’reste pas bien longtemps en place. Car la présence des surveillants d’Prison fout tout en l’air. Ainsi qu’le fait qu’on soit entourés, simplement, alors qu’nous n’avons jamais côtoyé d’autres personnes, en dehors d’notre p’tit cercle familial ! Sans oublier l’poids, sur mes épaules, et l’étau qu’oppresse mon cœur. Deux choses qui ne m’permettent jamais d’oublier totalement qu’ma famille est en passe de disparaître, à tout jamais, pour ne subsister qu’dans ma mémoire. Mon sourire reste cependant en place, parce que j’veille à l’y maintenir. Que j’veux pas gâcher notre moment. Un des rares qu’il nous reste à passer. J’les ai déjà comptabiliser, d’ailleurs, ainsi qu’les heures qu’ils nous restent à passer l’un avec l’autre. Mais j’vais être gentil, et n’pas vous faire partager ces résultats macabres… « Tu restes longtemps? », m’demande Octavia, qui veille scrupuleusement à ne rien perdre du présent que je lui ai apporté. « Deux heures. Ca passe vite ! ». Et mon « On en sait quelque chose » flotte entre nous. Car cette question, Octavia me la pose à chaque fois. Et ma réponse est toujours la même. Avec la même once de regret dans la voix. Je déteste devoir la laisser ici. Je ne supporte pas qu’elle retourne dans sa p’tite cellule. Et je supporte encore moins qu’elle soit loin de moi. Mais j’ai pas l’choix ! Ces visites passent toujours trop vites. Même si j’peux la voir 5 fois dans l’mois, c’est court, tellement court. Bien qu’on n’échange que quelques banalités, durant nos entrevues. « Au fait, j’ai terminé le livre de la dernière fois ! ». Lors de ma dernière visite, j’avais en effet pu amener un livre. Aaron en avait emprunté un à la bibliothèque, pour moi. Plus facile pour lui qu’pour moi d’pouvoir le faire. Lui est toujours garde, contrairement à moi. En fait, j’l’avais amené ici, pour qu’on puisse en lire un peu, avec O., les deux dernières fois où j’étais venu. J’avais promis à ma sœur de l’terminer, n’pouvant l’garder jusqu’à mon prochain passage ici : les délais, pour emprunter un livre, sont assez court, et compliqué à reconduire. « Et t’avais vu juste, pour la fin : le chasseur a fini avec le p’tit Chaperon Rouge. A la différence qu’le loup était en réalité le p’tit Chaperon, et qu’elle a mordu le chasseur, pour le transformer à son tour ! ». L’histoire était plutôt cool, par ailleurs. Même si j’aimerais voir ce qu’elle donnait, à l’origine, sur Terre. Un soupir m’échappe, alors que j’pense à ça. Car c’matin, parmi les dessins qu’j’ai effacé, d’ceux qu’Clarke a pu faire, y’avait, comme bien souvent, des éléments de la Terre. Du moins, de ce qu’on en connaît, grâce aux livres. Un truc qu’la blonde ne verra jamais. A l’instar de ma sœur. Que j’me trompe lourdement, à c’sujet ! « Et toi, tes journées s’passent bien ? », lui demandé-je finalement. Faisant aussi bien allusion aux divers p’tits travaux qu’l’Arche impose aux prisonniers : faut bien qu’ils servent à quelque chose, qu’ils « paient » pour les diverses dépenses qu’la communauté fait pour eux. Mais j’fais aussi référence aux cours que j’sais qu’elle reçoit, de Pike. Même si j’vois pas vraiment l’intérêt, étant donné qu’certains des détenus vont finir par être condamnés à mort. Après, j’me dit qu’on s’en fout : ça les occupe un peu. Et p’têtre que pour ceux qui vont s’en sortir, ça va faire naître des vocations. Dans l’fond, j’m’en fous : ça distrait Octavia, et ça lui permet d’apprendre plein d’trucs. Et à mes yeux, c’est bien tout c’qui compte !

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Octavia Blake
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MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Jeu 18 Mai - 15:43

You’re my home
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Parfois, la souffrance est simplement de la souffrance, rien de plus.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Mourir ne lui fait pas peur, du moins, pas réellement. La jolie brune avait peur de sa mère, à l’époque, les fois où elle essayait de l’étouffer, ou encore de la noyer dans l’évier, mais ce n’était pas de la peur en elle même qu’elle avait peur. C’était de sa mère, et la façon dont elle s’y prenait. Là, elle était destinée à être envoyée à la dérive, une mort en théorie rapide et sans douleurs. Du moins, c’était ce qu’elle pensait, est ce que c’était vrai ou non, ça elle n’en savait encore rien. Mais elle ne tarderait pas à le savoir. En tout cas, elle préférait quitter ce monde de cette manière plutôt que par les mains de sa mère, qui après coup, aurait culpabilisé tout le restant de ses jours. Et la petite brune n’avait jamais voulut être la cause de la culpabilité de quoique ce soit, même si, en quelques sortes, elle l’avait déjà été, dès sa naissance, pour Aurora. Sauf que là, elle n’était pas responsable. Tout ça n’était que la faute de sa mère, uniquement. Elle n’avait pas demandé à venir au monde, et si elle avait eut le choix, elle l’aurait très certainement refusé. Tout simplement parce qu’elle ne voulait pas de cette vie, plus que difficile, de ces nuits où elle passait la plupart de son temps éveillée tout simplement parce qu’elle avait peur. Si elle avait eut le choix, elle ne serait pas là. Même si elle avait la chance d’avoir Bellamy pour l’épauler. Mais rien que pour lui, elle aurait refusée. Pour qu’il puisse avoir la vie qu’il désirait, pour qu’il n’ait pas à se sacrifier constamment pour elle. Si l’un d’eux aurait eut l’occasion d’être heureux, c’était bien lui, mais cette chance lui était malheureusement passée sous le nez. Peut être qu’une fois qu’elle serait partie, il pourrait oublier, il pourrait enfin vivre pour lui. Et c’était une chose qu’elle voulait qu’il fasse, mais Octavia n’avait jamais osée prononcer ce désir à voix haute, parce qu’elle savait, au fond d’elle, ce que son frère allait lui répondre. Il l’aimait, comme il avait aimé sa mère, si ce n’était encore plus, en fait. La perdre serait douloureux, elle en avait conscience. Rien que l’idée d’être à sa place la rendait dingue. Mais elle voulait quand même qu’il pense à vivre un peu pour lui, une fois qu’elle serait partie. Et il espérait même qu’il commence avant, mais là elle savait que c’était tout de même un peu trop lui demander.

En tout cas elle n’allait pas cracher sur ses visites, loin de là. Elle était toujours ravie de la voir, c’était sa petite distraction, sa petite lumière de la journée. Elle en arrivait presque à oublier qu’elle était enfermée entre quatre murs, elle avait presque l’impression d’être de retour à la maison, à la différence que leur mère n’était pas avec eux. Mais ce n’était pas ce qui allait le plus déranger la jolie brune, même si sa maman lui manquait. Il n’en fallait pas beaucoup pour lui faire plaisir en tout cas. Surtout quand il s’agissait de fruits, elle adorait ça. Certainement parce qu’elle n’avait pas l’occasion d’en manger souvent, et encore moins maintenant. Mais même par le passé, elle avait toujours savourée chaque fruit qui lui était passé sous ma main. Elle croquait des petites bouchées, les mâchait doucement, jusqu’à ce que le fruit ne dégorge plus aucun jus et n’ai presque plus de goût. C’était étrange, oui. La plupart des gens l’auraient certainement avalé en une seule bouchée, mais pas elle. De ce côté là, Octavia avait toujours été raisonnable. En même temps, c’était bien la seule chose sur laquelle elle avait l’occasion d’être raisonnable. le reste, c’était une autre histoire. Et surtout les médicaments, pour dormir. Enfin là, elle n’avait pas tellement le choix d’être raisonnable dessus, étant donné qu’elle n’en avait plus accès. Et ça se ressentait sur son sommeil. Elle en manquait, parce qu’elle n’avait plus rien pour bloquer ses cauchemars, même plus les bras rassurants de son frère. Même si ces derniers n’avaient pas toujours été très utiles, c’est vrai. Ça arrangeait son angoisse, mais ça ne la retirait pas complètement. Et maintenant qu’elle était seule, il n’y avait que la voix de son voisin de cellule qui pouvait quelque peu la rassurer. Mais encore une fois, jamais vraiment complètement. « Un régal comme le somptueux repas de Belle dans la livre que tu m’as fais lire l’année dernière? » Et oui, elle s’en souvenait. Elle se souvenait de tous les livres qu’elle avait lut, et surtout de ceux qu’elle avait relut. Elle avait même apprit des passages par coeur, et quand elle s’ennuyait dans sa cellule, elle se les répétait à haute voix. En même temps, elle n’avait pas grand chose d’autre à faire pour occuper son temps, surtout quand elle n’arrivait pas à dormir. Et puis, c’était une chose qui la rassurait, la familiarité de ces livres qu’elle avait tenue en main par le passé. Même si elle ne pouvait plus le faire à présent, elle se souvenait encore de leur odeur, du bruit des pages quand elle les tournait, de la sensation rugueuse du papier de l’Arche sous ses doigts. Bellamy lui avait dit un jour que les livres venant de Terre étaient plus doux, au toucher. Mais Octavia n’avait encore jamais eut l’occasion de la constater par elle même. Et cette occasion, elle ne l’aurait probablement jamais, malheureusement. Déjà qu’avant ça allait être quelque chose de compliqué, mais alors maintenant… C’était un espoir qui allait littéralement lui passer sous le nez. Mais peut être qu’après sa mort, elle aurait l’occasion de découvrir tout ça. Après tout, personne ne savait ce qu’il se passait après. S’ils disparaissaient tout simplement, ou s’ils se retrouvaient tous dans un autre univers, en paix, avec les gens qu’ils avaient perdus, et qu’ils retrouvaient. Elle aurait bientôt la réponse, et avec un peu de chance, elle retrouverait sa mère, et ferait même la connaissance de son père, qu’elle n’avait jamais connue. Elle s’était toujours demandé à quoi il ressemblait, en plus. Et même si Bellamy lui en avait parlé, quelques fois, il n’était jamais véritablement entré dans les détails, certainement parce qu’il n’en avait pas que des bons souvenirs. Et ça la rendait triste, de constater ça. Parce que c’était leur père, après tout. Et même si, comme leur mère, il avait l’habitude de devenir violent de temps en temps, elle en était certaine que Bellamy ne l’aimait pas moins. Enfin, elle le pensait, tout du moins, comme elle ne s’était pas mise à détester sa mère alors qu’elle avait plusieurs fois tentée de la tuer. C’était comme ça, ils étaient leurs parents, c’était grâce à eux qu’ils vivaient, grâce à eux qu’ils étaient présents dans ce monde. Et même si ce cadeau n’était certainement pas le meilleur, surtout au vu de leur situation, c’était quand même une chance, pour Octavia, d’avoir put vivre, grandir, et d’avoir eut un frère à aimer. C’était pour ça qu’elle n’avait jamais put se résoudre à détester ses parents.

La jolie brune appréciait toujours les visites de son frère. Et à chaque fois elle lui demandait combien de temps il restait, même si elle connaissait déjà la réponse. Elle espérait, au fond d’elle, qu’il ait l’occasion de rester un peu plus longtemps. Mais elle savait bien que c’était impossible. Après tout, c’était les règles de l’Arche, et elles n’allaient pas changées tout simplement parce qu’elle en avait envie, même si ce serait plutôt cool. « C’est mieux que rien du tout hein. C’est même mieux qu’une heure! » Oui, c’était mieux, mais ça pouvait être mieux aussi. Octavia croqua une nouvelle bouchée dans le fruit. Et sérieusement, elle avait l’impression que plus elle en mangeait, plus c’était délicieux. Et cette constatation lui avait même arraché un sourire, beaucoup plus franc que les précédents. C’était dingue comme le fait de manger un fruit pouvait la rendre heureuse. Ou du moins, pouvait la rapprocher le plus de ce petit bonheur qu’elle n’avait jamais vraiment connu. Son frère reprit la parole alors qu’elle mâchouillait encore le petit bout qu’elle venait de croquer. Elle le regardait, pour l’instant en totale incapacité de prononcer le moindre mot, mais elle sautillait d’impatience sur son banc. Elle adorait quand il lui racontait ce qu’il avait lut, et vu qu’elle n’avait plus l’occasion de lire… C’était des choses qu’elle attendait toujours avec encore plus d’impatience que par le passé. « Je le savais! Je te l’avais dis qu’elle était pas net et qu’elle cachait un truc! » Pour une fois qu’elle ne s’était pas trompée, elle en était contente. Parce qu’elle avait toujours tendance à imaginer la suite, mais quelques fois, elle avait une imagination un peu trop débordante et partait dans des théories beaucoup trop farfelues alors que la réponse à l’histoire était beaucoup plus simple que ça. Et puis, elle partait rarement dans le cliché du prince charmant parfait et ce genre de conneries. Certainement parce qu’elle ne connaissait aucun prince charmant dans son entourage, mis à part son frère. Qui de toute manière n’était pas le sien, et ne le serait jamais, mais qui était l’image la plus fidèle du prince, de son avis. Après, c’était son frère, son grand frère, son modèle, donc forcément, elle en avait une image un peu plus rose et parfaite que ce qu’il pouvait être réellement. Pourtant elle ne changerait son avis pour rien au monde. « Oui, les cours c’est sympa, même si je crois que je suis la seule à écouter. » En fait, elle en était presque certaine. Mais ce n’était pas vraiment étonnant. Après tout, ils allaient tous bientôt mourir, alors à quoi ça leur servait de suivre des cours, hein? De survie sur Terre en plus, ce n’était pas comme s’ils allaient avoir l’occasion d’y aller. S’ils savaient à quel point ils se trompaient tous… « Et puis, mon voisin de cellule est cool aussi, il me tient compagnie. » Quand elle n’arrive pas à dormir, mais ça, ce n’est pas vraiment quelque chose de très utile à préciser. Bellamy doit bien s’en douter. Octavia espérait que ça le rassurerait de savoir qu’elle n’était pas seule, et que quelqu’un était là pour s’occuper d’elle, même si ce n’était pas de la même façon que pouvait le faire son frère. Au moins, elle n’était pas vraiment seule, et c’était tout le positif qu’elle pouvait en tirer de son emprisonnement. Parce que sérieusement, ça aurait put être bien pire que ça. Beaucoup plus pire.
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Inclement Earth

MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Mer 24 Mai - 0:30

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All around me are familiar faces, worn out places, worn out faces, bright & early for their daily races, going nowhere, going nowhere. Their tears are filling up their glasses. No expression, no expression. Hide my head I want to drown my sorrow. No tomorrow, no tomorrow. And I find it kinda funny, I find it kinda sad the dreams in which I'm dying are the best I've ever had. I find it hard to tell you, I find it hard to take when people run in circles it's a very very mad world, mad world. Children waiting for the day they feel good. Happy birthday, happy birthday, made to feel the way that every child should sit & listen, sit & listen. [Gary Jules - Mad World]

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Ca a beau faire quelques mois qu’O. et moi sommes contraints à vivre loin l’un de l’autre, j’arrive pas pour autant à m’faire à la situation. C’est une véritable torture de n’plus être à ses côtés, pour veiller sur elle. Je déteste ça. Et, sincèrement, j’serai prêt à tout pour lui permettre de revenir à la maison. On l’verra bien dans quelques jours, d’ailleurs. Cela dit, quand j’m’imagine tout risquer pour lui permettre de rentrer, j’me vois plutôt faire le larbin pour des membres du Conseil, ou m’abaisser à Dieu seul sait quelle tâche ingrate et humiliante, pour que la grâce soit accordée à ma cadette. Qu’il est dommage que je n’ai pas fait des études de droit, j’aurai pu faire un long plaidoyer pour défendre ma sœur, qui n’est que le fruit de ce que la société a fait d’elle. Qu’en comparaison de la plupart des captifs de la Sky Box, elle est largement plus innocente ! Que si quelqu’un mérite bien d’être pardonné pour ses crimes, c’bien elle. Et par-dessus tout, j’aimerai à leur dire, à toutes ces têtes pensantes de merde, que sans leurs conneries et leurs tonnes de privilèges, Octavia n’aurait jamais eu à s’cacher d’la sorte, à avoir de telles terreurs nocturnes, ni à s’retrouver avec une mère à moitié cinglée… Mais ça n’servirait à rien, alors je n’dis rien. Et j’rêve à une autre vie, une dans laquelle la loi d’l’enfant unique n’existe pas. Une dans laquelle notre mère n’a pas perdue son esprit d’la sorte. Une dans laquelle O. a toujours été libre. Une dans laquelle elle n’a pas finie emprisonnée… Ou une dans laquelle j’peux simplement la faire sortir de sa cellule. Mais nous n’sommes pas des Arcadians friqués, ni des Phoeniciens. Nous, les privilèges, on n’connaît pas. Non, faut réserver ça à l’Elite, vous comprenez ! Je déteste l’Arche ! Mais j’évite d’y penser : j’peux rien faire J’suis rien, ici. Merci la Colonie, et son mode de vie… Au moins, ma vie m’aura appris une chose, qu’j’ai tenté d’repousser autant qu’possible : le pessimisme. Pour O., j’ai tenté d’toujours voir l’bon côté des choses, d’voir la beauté partout, mais là, depuis quelques mois, ça m’est juste impossible. J’camoufle ça, quand j’suis avec ma sœur, mais en dehors des moments passés avec elle, vous pouvez toujours courir pour m’voir sortir un truc optimiste. Disons qu’on est étrangement vacciné d’l’optimisme, quand, en l’espace d’quelques mois seulement, vous envoyé votre mère à la dérive et votre frangine à l’orphelinat, qu’votre nana meurt, et qu’votre sœur finit en prison…

Clairement, j’ose même pas imaginer c’que ça va donner, par la suite. Une fois la sentence d’O. prononcée… Ca risque d’pas être beau à voir, mais bon… Quand j’suis avec O., j’évite d’y penser. C’est pas facile, mais j’fais d’mon mieux pour n’pas voir mes pensées parasitées par des choses que, d’toute façon, je n’peux contrôler ! Cela dit, parvenir à afficher un tel masque, au point d’atténuer à quel point cette situation m’est difficile, n’est pas atteignable facilement, loin d’là. Faut surtout que j’parvienne à m’changer les idées, la veille, pour engranger l’plus de « joie d’vivre » au préalable. C’est bien dans c’but-là qu’j’ai pris pour habitude d’aller voir Aaron, la veille. Histoire d’tenter d’faire le plein d’bonne humeur. Même si lui a ses propres soucis, d’autant plus présents suite à l’arrestation de Macy. Cela dit, j’sens qu’ce soir, et même demain, ça risque d’être plutôt dur, pour moi. Déjà, parce que ça m’est jamais facile, d’laisser O., et d’revenir à la monotonie d’ma vie, jusqu’à notre prochaine entrevue. Et puis, là, j’pense que mon court tête-à-tête avec Clarke m’a plus travaillé que j’en ai conscience, et aussi que j’veux bien l’admettre. Car, mine de rien, un morceau d’mon cerveau réfléchit pas mal. Au fait qu’on se soit embrassé, c’matin. A c’que ça peut bien vouloir dire, qu’elle m’ait demandé d’l’embrasser, et qu’j’ai pu accepter d’le faire. Car ça n’servirait à rien, de réfléchir à tout ça, pleinement : la blonde va bientôt être exécutée… Donc : autant d’raisons d’me mettre l’moral dans les chaussettes, encore pire qu’d’habitude ! J’en ai partiellement conscience, qu’ça va m’ronger, tout ça, qu’ça me gonfle d’avance ! Bien pour ça qu’j’vais finir par consommer des substances auxquelles j’n’aurais pas touché, en temps normal, demain, quand ma route m’mettre sur celle d’Anakin. Mais nous n’en sommes pas encore à là… Pour le moment, j’tente de conserver une apparence souriante, et j’mens à ma sœur, en prétendant m’être délecté d’une pomme, un peu plus tôt dans la journée. Pieu mensonge, qu’a juste pour but d’éviter qu’elle n’s’inquiète trop pour moi ! Qu’elle n’réalise que depuis quelques mois, je n’vis qu’à moitié, et au ralenti. « Un régal comme le somptueux repas de Belle dans la livre que tu m’as fais lire l’année dernière? », m’demande-t-elle. Elle m’étonnera toujours, d’sa facilité à lier notre vie, pas toujours facile ou agréable, à c’qu’on a bien pu lire, et qui représente des moments nettement plus heureux. Du coup, j’me mets à réfléchir, accentuant bien la phase de « réflexion » intensive. C’est con et inutile, mais j’ai hérité d’cette manie idiote très tôt, quand j’ai commencé à « surjouer » tout et n’importe quoi, pour distraire Octavia. Qu’ce soit au cours de nos jeux d’enfants, quand on jouait à être des autres personnes, ou quand on lisait ensemble, et que j’prenais d’autres voix, pour rendre plus vivante l’histoire. « J’pense qu’il l’était même plus ! », finis-je par répondre. Exagérant sans vraiment exagérer. Dans l’histoire, Belle était un peu plus habituée qu’nous aux repas dignes de c’nom. Au point-même, sans doute, de n’pas être en mesure de savourer l’goût des divers plats qu’elle dégustait. Mais également d’avoir une alimentation bien plus variée que celle que j’peux m’permettre, ici ! Alors, forcément, la notion d’festin d’Belle n’est pas la même que la mienne. Oui, je sais, j’me pose des questions d’folie, sans réelles raisons, en plus de ça ! Mais j’suis comme ça, c’est plus fort que moi ! Aussi étonnant que ça puisse paraître : j’ai un cerveau. Et oui. Et je sais m’en servir ! Stupéfiant, quand on voit qu’à cause d’un choix – assez peu réfléchi dans le fond – j’ai détruit ma famille…

Pour l’instant, ma famille ne se compose plus que d’Octavia, et j’sais même pas pour combien de temps ça sera encore le cas. Quand O. était encore à l’orphelinat, j’avais commencé à m’renseigner, sur les moyens d’la faire sortir de là. Afin d’éviter d’lui donner d’faux espoirs, j’lui avais rien dit à c’sujet. Et au vu de la tournure qu’ont pris les choses, j’ai bien fait… A l’époque, j’avais sérieusement songé à devenir l’tuteur d’Octavia, étant donné qu’c’était bien l’une des seules solutions qui m’permettait d’la faire sortir. Car il était hors de question qu’elle reste à l’orphelinat jusqu’à sa majorité ! Même si celle-ci n’allait pas tarder à survenir, ça représentait quand même quelques mois – bien trop à mes yeux ! – à laisser ma sœur, seule, à l’orphelinat. En sachant pertinemment, même si pas en détails, à quel point la vie des orphelins est galère. Il était hors de question que j’laisse O. dans une telle merde. C’est bien pour ça qu’j’ai accepté d’faire une tonne d’heures sup’, et de faire tout c’que mes collègues pouvaient refuser, comme missions. Sans oublier qu’ça m’a aussi motivé à accepter l’offre de Mme Griffin, pour finalement nettoyer la cellule d’sa fille. J’ai trimé comme un malade, des jours durant, pour tenter d’amasser assez d’argent, afin d’être en mesure d’demander à devenir le tuteur d’Octavia. J’songeais aussi, au pire, à demander son adoption, même si ça m’aurait fait bizarre de devenir le « père » d’Octavia. Bien pour ça qu’j’ai opté pour l’fait d’devenir son tuteur. Les deux options coûtaient à peu près aussi chères l’une que l’autre, donc… J’ai donc mis d’côté, autant qu’possible, durant quelques semaines, m’arrangeant pour avoir toujours plus d’heure de boulot. Pour rien, au final, vu qu’au bout d’environ 2 mois, ma p’tite sœur a finie en prison. Adieu mon plan d’la sortir d’affaire. P’têtre aurais-je mieux fait d’lui parler d’mes projets, ça l’aurait p’têtre aidé à tenir le coup, malgré l’fait que son sommeil était toujours à moitié présent. Connaissant l’Arche, et l’fait qu’tout y est fait pour mettre des bâtons dans les roues des plus démunis, j’ai préféré taire tout ça ! Je n’saurais jamais si lui en parler n’aurait pas évité tout c’merdier…. Mais, inutile de s’apitoyer sur ce triste tour du destin, ça n’servira à rien ! C’est bien pour ça qu’j’vais jamais révéler à ma p’tite sœur cette histoire ! A quoi bon ? Ca n’serait qu’trop cruel, de remuer l’couteau dans la plaie, sur l’fait qu’on aurait pu revivre de nouveau ensemble, au lieu de s’voir que d’temps à autre, pour plus ou moins longtemps. D’autant plus que c’que j’parvenais à gagner était variable, en fonction des heures que j’parvenais à cumuler, donc, j’ignorais totalement quand j’aurai réussi à avoir assez ! Alors, si ça s’trouve, dans l’fond, j’aurai jamais réussi, et on aurait dû attendre qu’elle soit majeure et sorte de là ! Mais même en sachant ça, ça n’est pas moins dur d’la laisser, à chacune de mes visites. D’autant plus qu’avant l’bal, j’n’avais jamais dormi seul. Jamais sans elle. J’aurai pu découcher, à quelques reprises. Mais déjà qu’ça m’gênait d’sortir pour voir Elizabeth, autant dire qu’il m’était impossible de songer véritablement à m’éclipser d’chez nous, quand bien même ça m’aurait permis d’passer la nuit avec ma p’tite amie. Même lorsqu’elle a quitté l’orphelinat et a pu s’prendre un logement. Bien entendu, elle n’a jamais compris ça. Et bien entendu, ça a suscité pas mal de dispute entre nous deux…. « C’est mieux que rien du tout hein. C’est même mieux qu’une heure ! », positive Octavia. Et j’tente de suivre son modèle, en acquiesçant d’un signe de tête, avec un p’tit sourire. C’est même mieux que rien du tout, car certaines personnes ne peuvent même pas voir leurs proches, s’ils ne sont pas de leur famille, ni leur petit(e)-ami(e), ni leur époux/se… Sinon, y’a bien d’autres gens à qui j’viendrais rendre visite, de temps à autre, histoire d’les distraire un peu d’leur monotonie quotidienne, et d’leur faire comprendre qu’y’a encore des gens, sur la Colonie, qui n’voient pas en eux qu’des denrées à jeter sans l’moindre scrupule… Bienvenue sur l’Arche, le fief des survivants à l’Apocalypse survenue des siècles plus tôt sur Terre ! Bien souvent, j’me fais la réflexion qu’ça aurait sans doute été mieux que l’espèce humaine disparaisse pour de bon, au lieu d’chercher à faire chier son monde en survivant. Vu l’merdier d’la société, avant la Guerre Nucléaire (ça sert, d’avoir écouté en classe !), et vu l’état d’notre société, bah, j’me dis qu’on a pas vraiment appris des erreurs passées, mais bon… Au lieu d’emmerder ma sœur avec mes réflexions philoso-merdiques, j’préfère lui raconter la fin du livre qu’on avait commencé à lire ensemble, lors d’mes dernières visites. « Je le savais ! Je te l’avais dis qu’elle était pas net et qu’elle cachait un truc ! » », s’écrit Octavia, se réjouissant d’avoir vu juste. Et par extension, sa joie devient la mienne. C’est aussi simple que ça, pour que j’sois content : il faut qu’ma frangine le soit également. C’est tout bête, et pourtant, bien compliqué à réaliser. « C’est qu’tu deviens douée pour deviner la suite des choses ! », répondis-je, amusé. Bon, ça n’est pas toujours le cas, elle se laisse souvent entraîner par son imagination, mais il arrive qu’elle vise juste à certaines reprises. Et la plupart du temps, bah, elle fait juste preuve d’une vaste imagination, c’qu’est pas plus mal, car certaines personnes, au sein d’la Colonie, en manque cruellement. Surtout du côté des privilégiés, qu’j’ai pu voir, en tant qu’Garde, ou qu’agent d’entretien. C’est triste, d’ailleurs, ça doit être l’accumulation d’richesses, qui appauvrit leur faculté à user d’imagination ! En c’qui m’concerne, de l’imagination, j’en aussi à revendre – après tout, j’ai bien inventé un paquet d’histoires pour O., autrefois ! – et pourtant, j’n’arrive pas à comprendre pourquoi l’Arche « s’amuse » à donner quelques cours aux prisonniers. P’têtre le font-ils à tous, pour tenter d’les occuper, on n’sait jamais ! « Oui, les cours c’est sympa, même si je crois que je suis la seule à écouter. », m’fait savoir Octavia. Ca n’m’étonne même pas ! Les autres ont déjà dû avoir de tels cours, durant leur cursus scolaire, plus ou moins long, suivant les gens. Octavia, quant à elle, n’a jamais eu la chance d’aller à l’école, alors, logiquement, elle écoute ce cours, avec grand intérêt, en plus ! « Et puis, mon voisin de cellule est cool aussi, il me tient compagnie», ajoute-t-elle, avant que j’n’ai l’temps d’ajouter quoi que ce soit ! Mes sourcils se froncent. D’un côté, parce que ça m’intrigue, ce voisin d’cellule : qui est-ce ? Y’a quand même des gens peu fréquentables, même dans c’Niveau d’la prison hein ! D’un autre côté, parce qu’ça m’rappelle juste que j’peux plus être là pour ma sœur. Sauf que j’ai consacré l’plus gros d’ma vie à veiller sur elle, alors que ça m’soit impossible, c’est pas facile à digérer ! « T’apprends des choses intéressantes ? », glissé-je à la suite, m‘doutant qu’ça doit bien être le cas ! Malgré tous mes efforts, j’ai pas réussis à lui apprendre tout c’que j’ai pu apprendre moi-même en cours. Et puis, parce que ma curiosité ressort : « Ton voisin d’cellule, tu l’as déjà vu à vos cours ? », demandé-je, d’un air que j’tentais d’feindre distant. Mais ouais, ça m’rassurerait, si elle pouvait m’dire qui c’est. Car même s’il peut pas lui faire de mal, il peut toujours lui raconter n’importe quoi, et empirer la situation d’Octavia. Car bien qu’j’en parle pas à ma p’tite sœur, j’ai toujours une étincelle d’espoir en moi, d’la voir un jour graciée ! « A part lui, t’as réussis à sympathiser avec d’autres ou pas ? », ajouté-je finalement. Histoire d’rendre ma précédente question moins « grand frère protecteur ». Et d’voir si ici, au moins, elle a pu s’faire quelques potes. Bien qu’ça n’soit pas un lieu prévu pour ! Disons que j’tente surtout d’voir le positif, dans tout ça. Pour éviter d’devenir cinglé pour de bon, tant mon incapacité à remédier à cette situation m’agace.

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Octavia Blake
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Inclement Earth

MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Dim 28 Mai - 16:04

You’re my home
Les Blake
Parfois, la souffrance est simplement de la souffrance, rien de plus.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ce qui lui manquait le plus, au quotidien, après son frère, c’était certainement les livres. Cette petite distraction qu’elle avait connue toute sa vie, qui lui permettait de s’évader un peu de leur appartement, quand elle y vivait encore. Ça lui manquait vraiment, de tourner les pages, de déchiffrer les mots, d’imaginer les paysages décrits par l’auteur, l’apparence des différents personnages. Même se plaindre de ceux qu’elle n’aimait pas, ça lui manquait. Et ce qui lui manquait aussi, c’était ses soirées passée avec son frère, à lire, en lui demandant de faire la voix du méchant parce qu’il était nettement plus doué qu’elle pour ça. Des petites choses qui pouvaient paraître insignifiantes pour les autres, mais qui ne l’était pas du tout pour Octavia. En même temps, elle n’avait jamais rien connu de grandiose, et franchement, elle n’allait pas s’en plaindre. Parce qu’elle était habituer à se contenter seulement de ce qu’elle pouvait avoir. Et vu qu’elle n’avait jamais rien connu d’autre, elle ne pouvait tout simplement pas désirer plus. Mais même si elle n’avait jamais eut un quotidien très palpitant, le fait de ne plus l’avoir à présent l’affectait énormément. La mort de sa mère aussi l’affectait. Elle en faisait d’ailleurs toujours des cauchemars la nuit, associés aux autres qu’elle faisait déjà par le passé. Parfois, ça se mélangeait, sous forme de flash dans sa tête, encore plus effrayant que lorsque son subconscient lui dévoilait des scènes complètes. Mais elle s’arrangeait pour ne rien dire à son frère, parce qu’il s’inquiétait déjà assez. Il savait qu’elle dormait mal, ça c’était une chose qu’elle ne pouvait pas lui cacher au vu de ses cernes bleutés qui ne quittaient pas le dessous de ses yeux. Mais elle ne voulait pas lui faire part de ses cauchemars de plus en plus effrayants. Et puis, on pouvait dire qu’elle avait quand même de la chance. Mine de rien, elle n’était pas si mal tombé, quand on regardait bien. Son voisin de cellule était plutôt cool, et il était là pour la rassurer à la place de son frère malgré le mur qui les séparait. Elle s’était en quelques sortes fait un ami avant de mourir, et ça, c’était un grand exploit, à ses yeux. Elle qui n’avait jamais vraiment eut d’amis, mis à part Zoé qui l’avait prise sous son aile à l’orphelinat. D’ailleurs, elle se demandait bien ce qu’elle était devenue. La brune espérait qu’elle allait bien, et qu’elle n’était pas trop attristée par le fait qu’elle ne pouvait plus se voir. Octavia, elle, l’était, bien sûr. Mais ça c’était parce qu’elle n’avait jamais eut vraiment d’amie, alors forcément, la première qu’elle avait eut, elle s’y était grandement attachée. Logique. D’ailleurs, peut être que Bell savait où elle était, ou tout du moins, si elle allait bien. Il faudrait qu’elle pense à lui poser la question, avant qu’il parte. Dans deux petites heures.


Autant dire que le temps était devenue une chose précieuse pour la plus jeune des Blake. Les heures passées avec son frère, l’approche de son jugement, et aussi de son exécution. Si elle le pouvait, elle en compterait même les minutes. Malheureusement, elle n’avait pas de montre sous la main, et n’en avait même jamais tenue une seule. Ou alors, elle était très petite et ne s’en souvenait même pas. Enfin, au moins, elle avait la chance de croquer dans un fruit, et de se régaler avec, et ça franchement, ça valait toutes les montres du monde, à ses yeux, tout du moins. Puis ça lui changeait nettement de la nourriture qu’elle pouvait avoir en prison qui n’était nettement pas aussi appétissante qu’une pomme. Là, personne ne pouvait la contredire là dessus. Pendant le petit instant de réflexion de son frère, elle l’avait fixé, de ses petits yeux verts et sournois. Oui, elle essayait de le déconcentrer, une habitude qu’elle avait prise il y a quelques années, et qui n’avait encore jamais portée ses fruits. Son frère était vraiment imperturbable, et en fait, ça l’agaçait. Même si elle se doutait bien que ça avait dû être un sacré avantage dans son quotidien pour cacher l’existence de la brune. En tout cas, sa réponse avait pas mal étonnée Octavia. Elle fronça alors les sourcils, croquant à nouveau dans son fruit, et prenant bien le temps de la mâchouiller, et de l’avaler avant de répondre. « C’est possible ça? » Pour elle, ça ne l’était pas. Tout simplement parce que Belle était une privilégiée, à sa manière, dans son histoire. Donc forcément, elle mangeait des choses nettement plus meilleures qu’une pomme qui avait poussée dans l’espace. En théorie. Même si à son époque, une pomme qui avait poussée dans l’espace, ça devait être le must-have suprême. Comme quoi, avec le temps, les choses peuvent bien changer, et radicalement en plus de ça. Ici, le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » n’existait tout simplement pas, et appartenait entièrement aux contes. Si seulement elle avait put vivre à une autre époque, Octavia en aurait profiter à fond, et certainement encore bien plus que tous les autres. Enfin, peut être qu’elle l’avait déjà fait étant donné qu’elle n’excluait pas la possibilité de l’existence de la réincarnation. Oui, elle avait certainement lut beaucoup trop de livres, c’est vrai. Mais elle avait bien le droit d’avoir ses petites croyances rien qu’à elle. Surtout que la mythologie grecque, c’était sans aucun doute ce qu’elle préférait, dans les histoires qu’elle avait put lire. Peut être parce que son prénom venait de là, ou du moins d’une histoire de cette époque, elle ne savait pas trop. Ou parce que son frère lui même adorait ça, et qu’elle adorait l’écouter lui raconter la légende de Prométhée avec son feu qu’il avait donné aux Hommes, sans l’accord des Dieux. Bon, après il s’était retrouvé dans les Champs du Châtiment, accroché à un rocher, et condamné à se faire dévorer le foie éternellement par un aigle. C’était pas très cool, c’est vrai, mais ça montrait son courage d’avoir défié les Dieux. Enfin, c’était certainement l’histoire qu’elle préférait.

Après, tout ça n’était que des histoires, malheureusement. La vie réelle était beaucoup plus compliqué, en fait. Et Octavia s’en était rendue compte malgré elle. Mais elle essayait, malgré tout, de toujours voir le côté positif des choses. Parce qu’il le fallait bien, parce que de toute façon elle n’avait plus que quelques mois à vivre, et que ces quelques mois, elle ne comptait pas les passer en s’apitoyant sur son sort. Elle voulait profiter de ces derniers instants, profiter des heures qui lui restait à passer avec son frère, et partir sans aucun regrets. Du moins, avec le moins de regrets possible. Alors forcément, le moindre petit truc positif contribuait à l’exciter comme une puce. Genre là, quand elle avait raison sur un truc, qu’elle avait réussit à deviner une partie de l’histoire du dernier livre que son frère avait lut. C’était sa petite fierté à elle, de deviner la fin des histoires, même si ça devenait de plus en plus facile pour elle, à force. A présent, elle ne se trompait que très rarement. « C’est un signe, peut être que je devrais écrire un livre. » Et elle aimerait bien, sauf qu’elle ne le pouvait pas, malheureusement. Enfin, à moins qu’elle se mette à écrire sur les murs de sa cellule, mais ce ne serait pas vraiment très utiles étant donné que ses phrases rédigées seraient effacées au prochain ménage. Et la brune n’avait pas vraiment envie d’écrire dans le vide, surtout si son frère ne pouvait pas la lire, ça servait à rien. Si un jour, elle avait l’occasion d’écrire quelque chose, même juste une simple nouvelle, elle le ferait pour Bellamy. Pour le remercier, à sa façon, d’avoir toujours été là pour elle, et d’être encore là, malgré les circonstances. Il ne l’avait jamais laissé tombé, et ça, c’était bien le plus beau cadeau qu’il pouvait lui faire, d’être toujours là, c’était même encore un meilleur cadeau que cette pomme, qu’elle avait presque finie, d’ailleurs. Elle était en train de se dire qu’elle pourrait tenter de voler un cahier et des crayons à leur cours qu’ils avaient depuis quelques temps. Mais ce n’était peut être pas la meilleure des idées, surtout si elle se faisait prendre. Elle risquait juste d’être exécutée un peu plus tôt que prévu, et elle ne voulait pas faire vivre ça à son frère. Alors même si elle en mourrait d’envie, elle allait se retenir un minimum.

Puis elle était bien contente de suivre ces cours là, et elle voulait continuer, pour en apprendre plus, même si ça ne lui servirait pas à grand chose. Enfin du moins, elle pensait que ça ne lui servirait pas à grand chose. Si elle était attentive, c’était surtout pour ne pas mourir complètement débile. Enfin, du moins, moins débile qu’elle ne l’était à l’heure actuelle, parce qu’elle possédait quand même une certaine forme d’intelligence. Elle était pas con quoi, la petite O. « Oui, au dernier cours, on a apprit comment construire un abri, c’était drôle! » Et elle avait vraiment trouvé ça hilarant, parce que ce n’était pas du tout comme elle avait put l’imaginer, en fait. Elle avait toujours pensée que c’était quelque chose d’ultra compliqué, un peu comme la construction de l’Arche, mais en réalité, ce n’était pas du tout le cas. C’était même cent fois plus simple que ça. Bon après, ils avaient appris à construire l’abri de base, le truc vraiment pas du tout élaboré, mais bon, c’était déjà ça, mine de rien! Bien sûr, elle aurait dû se douter que Bellamy l’interrogerait sur son voisin de cellule, mais c’est vrai que sur le coup, en lui parlant de ça, elle n’y avait pas pensée. Elle était tellement habituée à tout dire à son frère que ça ne lui était pas venu à l’idée de cacher ce détail. Du moins pas avant qu’elle ne croise son regard teinté de curiosité, mais aussi d’inquiétude. Ça c’était le grand frère protecteur qui prenait le dessus. « Oui. Enfin, j’ai reconnu sa voix, mais j’ai pas osée lui parler. » Elle était beaucoup trop timide pour ça, et puis, peut être que ça rassurerait un peu son frère, d’un autre côté. Enfin, de toute façon, il connaissait le tempérament d’Octavia, et il devait bien se douter qu’elle n’ouvrait pas le bouche pendant les cours, et que donc par conséquent, Jasper ne pouvait pas la reconnaitre. Elle ne lui en voulait pas d’ailleurs, parce qu’au final, c’était totalement de sa faute, si elle n’ouvrait pas la bouche. « Pas vraiment… Mais j’ai la petite copine d’Aaron dans mon cours je crois… C’est bien Macy qu’elle s’appelle, non? Elle est marrante. » Et extrêmement insolente aussi, c’est vrai. Disons qu’elle ne se gênait pas pour dire ce qu’elle pensait, et qu’en plus de ça, c’était une grande bavarde. Mais Octavia l’aimait bien, et elle était contente de pouvoir voir quelqu’un de l’entourage de son frère, réellement, pour la première fois. Même si elle aurait préférée d’autres circonstances pour ça, c’est clair. Mais elle n’allait pas cracher dessus non plus.
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Inclement Earth

MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Sam 24 Juin - 22:26

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Les Blake
All around me are familiar faces, worn out places, worn out faces, bright & early for their daily races, going nowhere, going nowhere. Their tears are filling up their glasses. No expression, no expression. Hide my head I want to drown my sorrow. No tomorrow, no tomorrow. And I find it kinda funny, I find it kinda sad the dreams in which I'm dying are the best I've ever had. I find it hard to tell you, I find it hard to take when people run in circles it's a very very mad world, mad world. Children waiting for the day they feel good. Happy birthday, happy birthday, made to feel the way that every child should sit & listen, sit & listen. [Gary Jules - Mad World]

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Si des gens s’amusent à nous écouter, O. et moi, ils doivent s’dire qu’on a vraiment des conversations d’merde, et sans grand intérêt. Disons qu’on n’débat pas sur comment on peut sauver l’humanité ou non. On n’refait pas non plus l’histoire de l’humanité. On parle juste, de tout et de rien. Comme on pouvait l’faire avant, chez nous, somme toute. En même temps, ça sert à rien, d’parler, quand, dans l’fond, on n’peut rien faire pour changer les choses, ou on ne veut rien faire ! C’est surtout sur Phoenix, qu’on parle pour n’rien dire. (Notez mon amour pour c’secteur !). Mais disons qu’la moitié des gens d’Phoenix que j’ai été amené à côtoyer sont surtout d’beaux-parleurs. Et quand ils s’bougent, on découvre bien vite qu’c’est surtout pour leur image, pas par conviction ! Certains Arcadians valent pas mieux, faut pas s’voiler la face… Enfin bref, tout ça pour dire que : oui, avec Octavia, nos conversations n’volent pas bien haut, mais au moins, on n’discute pas juste pour préserver de futiles apparences. Et n’croyez pas que j’extrapole : j’ai croisé quelques individus, d’Phoenix ou issus des plus hautes sphères d’Arcadia, qui m’ont bien dégoûté d’la nature humaine. Surtout après qu’la famille Blake ait volée en éclat. Certains individus sont venus m’voir, désirant – soi-disant – m’venir en aide. Mais toujours uniquement qu’en public, sinon, ces mêmes gens qui pleuraient sur mon triste sort, en dehors de ces moments, je n’les voyais jamais. Par contre, ils ne s’privaient pas pour baver sur ma famille, sur mon père qui était cinglé, et sur ma mère qui n’était visiblement pas mieux (selon eux) ! Rare sont ceux qui ont vraiment mis leur proposition d’aide en marche…. (J’avoue : j’refusais qu’on m’aide, ça n’facilitait pas les choses !). Au moins, chez les Blake, on parle de tout et de rien, mais jamais de quelque chose qui n’nous tienne pas à cœur, même si ça paraît futile ! « C’est possible ça ? », m’demande-t-elle. Car oui, notre sujet du moment est lié à un livre. Et aux questions – parfois débiles – qu’il peut susciter en nous. « Bah ouais : si tu manges toujours des choses délicieuses, à la longue, t’as plus conscience, que c’est délicieux, ça devient banal, pour toi. Que si t’es habitué au banal, quand tu as du délicieux, t’en as vraiment conscience ! » Ceci était le quart d’heure Bell fait son philosophe à la noix ! Mais bon, j’suis comme ça, à sortir des choses de c’genre, peu importe les circonstances. C’est un truc qui amusait beaucoup Elizabeth, d’ailleurs. Que j’puisse raisonner, avec plus ou moins d’logique, à n’importe quel moment. Et que j’parvenais à l’étonner, avec mes connaissances en histoire. Même si, pour ça, j’ai jamais eu trop de mérite, car c’est un faible écho de c’que mon père aimait m’faire découvrir, et qu’ma mère a continué sur cette lignée. Et qu’j’ai poursuivis, du coup, parce que j’ai pris l’goût à l’Histoire, ses récits et ses mystères. C’est d’ailleurs c’qui m’a inspiré l’prénom d’ma p’tite sœur !

P’tite sœur qui, d’ailleurs, s’verrait bien écrire des livres, avec son imagination débordante ! « C’est un signe, peut être que je devrais écrire un livre. ». J’hoche d’un signe de tête, approuvant son idée. J’suis sûr qu’elle serait douée, n’empêche ! J’ai pu voir qu’elle n’manquait pas d’imagination, les soirs où elle n’arrivait pas à trouver l’sommeil, et où on inventait une histoire, tous les 2, et parfois même aidés d’notre mère. A tour de rôle, on « peignait » un monde, à l’oral, et quelqu’un d’autre prenait notre suite, quand il le voulait. Bien entendu, on avait pour obligation d’garder les bases posées par l’autre/les autres précédemment. Ca donnait des choses plutôt surprenantes, bien que sympas, par moment ! J’adorais ces histoires inventées, à 3, presque bien plus que les moments où j’inventais des histoires, seul, pour ma sœur et ma mère. « Ou tu deviens juste conteuse ! ». Au moins, elle aura pas besoin de papier pour écrire ses histoires, elle aura juste besoin d’une bonne mémoire, d’une capacité à garder la foule sous la coupe de son histoire et d’un talent indéniable pour s’exprimer devant les gens. Tout ça, c’est des trucs qu’elle possède, j’en doute pas le moins du monde. Dommage qu’elle ne puisse pas exploiter ses divers talents. Fichue Colonie va…. Là, durant son emprisonnement, elle va juste – possiblement – pouvoir prendre conscience de ce qu’elle est capable de faire, en étant confrontée aux autres. Mais ça n’ira sans doute pas plus loin, si le Conseil estime qu’il est préférable qu’elle meurt… Remarquez, cette « démarche », elle l’a déjà entamée, durant son séjour à l’orphelinat. Quand on voit à quoi ça a abouti…. Oui, j’suis blasé, mais disons qu’j’ai de quoi, aussi, nan ? Cela dit, bien entendu, rien ne transparait, sur mon visage, alors que je fais face à ma frangine. Comme je l’ai déjà dit, ça n’sert à rien d’l’inquiéter avec tout cela ! Au lieu d’ça, j’parle des cours qu’elle suit, avec d’autres prisonniers. D’aussi loin que j’me souvienne, il n’y a jamais eu d’telles choses dans la Sky Box, ou alors, ça n’s’est jamais ébruité. Faudrait qu’j’demande à Aaron, s’il sait quelque chose à c’sujet. P’têtre qu’il pourra s’renseigner. « Oui, au dernier cours, on a apprit comment construire un abri, c’était drôle ! », m’fait savoir Octavia, appréciant visiblement ces p’tits moment où elle est en dehors de sa misérable cellule. J’esquisse un sourire, m’souvenant du moment où j’ai assisté à un tel cours, donné également par Pike. Y’a pas à dire, il sait rendre ces enseignements intéressants, si tant est qu’on s’donne la peine d’vouloir l’écouter, du moins. Toutefois, j’comprends qu’les autres prisonniers n’écoutent guère c’qu’il peut bien dire : ils ont déjà assisté à ces cours, ça n’les intéresse donc pas forcément, moins qu’la 1ère fois ! « Vous avez appris à faire des nœuds ? », que j’l’interroge, ayant également apprécié ce cours, à l’époque. A tel point qu’j’avais fait des démos, à la maison, tentant d’montrer les nœuds les plus basiques à Octavia. C’qui fut loin d’être facile, à enseigner, vu qu’on avait qu’des chutes de tissus pour s’exercer, et qu’ces chutes tenaient pas forcément l’coup, et n’étaient pas forcément assez longues pour cela… Puis, l’sujet s’concentre sur l’voisin de cellule d’ma p’tite sœur. J’tente de voir c’qu’elle peut bien savoir de lui, histoire d’découvrir qui c’est, mais c’est pas facile, car O. m’avoue : « Oui. Enfin, j’ai reconnu sa voix, mais j’ai pas osée lui parler. ». Donc, soit elle ne l’a pas vraiment vu, soit elle n’a pas osé lui parler, soit elle ignore totalement qui il est ! « Tu connais son prénom ? », finis-je par demander, devant admettre être intrigué par le jeune homme. Et oui, je ne l’cache pas : j’aimerais savoir c’qu’il a fait pour finir ici, en plus du reste ! Bon, déjà, il a pas dû faire un truc que l’Conseil a estimé trop grave, car il n’est pas au Niveau 2, mais il n’en reste pas moins qu’c’est un criminel. Donc, savoir c’qu’on lui reproche m’rassurerait, j’le cache pas. Va vraiment falloir que j’songe à aller voir Aaron, afin d’voir s’il n’peut pas découvrir, via ses relations, et sa place au sein d’la Garde, qui est l’voisin d’ma p’tite sœur. Ne m’jetez pas la pierre si j’veux protéger O, à ma place, vous n’seriez pas mieux ! « Pas vraiment… Mais j’ai la petite copine d’Aaron dans mon cours je crois… C’est bien Macy qu’elle s’appelle, non? Elle est marrante. », m’indique O., lorsque j’l’interroge pour savoir si, en plus de son voisin, elle a sympathisé avec d’autres personnes. J’hoche la tête, pour lui confirmer qu’c’est bien l’bon prénom, alors que j’pousse un soupir, attristé par la situation qu’vit mon meilleur pote. Comme si sa vie n’était pas déjà compliquée sans ça, y’a fallu qu’sa nana finisse en taule. Alors qu’avec elle, c’était déjà pas facile, de par leurs secteurs d’origines ! La merde, hein ! « Marrante ? Mouais… », dis-je, en réfléchissant au meilleur mot pour qualifier Macy. Mais, bien entendu, en m’attelant à cela, j’replonge dans quelques souvenirs, d’repas partagés avec elle, Aaron, Clarke, et parfois quelques autres personnes, de leur entourage, ou du nôtre, à Aaron et à moi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces souvenirs m’attristent. Parce que cette époque est révolue. Parce que Macy sera sans doute envoyée à la dérive, tandis qu’son amie le sera incontestablement. Et, bien entendu, cette dernière conséquence me travaille, bien plus, toutefois, que j’n’en ai conscience. « Aaron te passe le bonjour, au fait ! », dis-je, sortant de mes pensées. Bien entendu, l’duo n’s’est jamais vraiment vu, et encore moins parlé. Toutefois, Octavia l’connaît plutôt bien, via l’portrait qu’j’n’ai eu de cesse de dépeindre de lui, au cours des années écoulées. Aaron, de son côté, a pu découvrir ma sœur, un peu plus récemment, lors d’nos conversations, après qu’elle ait été découverte et envoyée à l’orphelinat. J’pense que c’est une manière comme une autre, pour mon meilleur pote, d’contribuer à donner du courage à Octavia, pour supporter tout ça, en lui faisant comprendre qu’y’avait pas qu’moi, qui l’attendait, mais lui, aussi, qui voulait faire sa connaissance. J’en sais rien, dans l’fond, là, j’dis juste les choses comme j’les vois ! J’étire mes jambes, qui commencent à s’ankyloser à force d’rester dans la même position, alors qu’j’interroge d’nouveau ma sœur : « T’en penses quoi, d’Pike ? ». Après tout, j’lui en ai parlé pendant des mois et des mois, quand j’l’avais comme prof. Si moi, j’ai toujours admiré l’enseignant, j’aimerais savoir comment ma frangine le considère, maintenant qu’elle le connaît.

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Octavia Blake
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MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Dim 2 Juil - 15:25

You’re my home
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Parfois, la souffrance est simplement de la souffrance, rien de plus.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Octavia se posait beaucoup de questions, sur tout, tout le temps, et même encore maintenant alors qu’elle se retrouvait en prison. Elle avait toujours été très curieuse de tout, certainement parce qu’elle ne connaissait pas grand-chose. Après tout, elle avait passé la plupart de sa vie enfermée dans une pièce, voir sous un plancher alors… Ouais, elle ne connaissait pratiquement rien avant de sortir de cette pièce. Oui, elle avait énormément lu à l’époque, et elle avait essayée de se représenter mentalement l’apparence des diverses choses qui ne se trouvaient pas dans l’appartement des Blake. Mais en sortant, elle s’était rendue compte que les choses étaient bien différentes de ce qu’elle avait pu imaginer dans sa tête. Parfois, elle ne s’était pas trouvée très loin de la réalité, juste une petite nuance dans la couleur peut-être, mais rien de plus, en fait. Mais la plupart du temps, elle s’était retrouvée complètement à côté de la plaque, autant dans la couleur de l’objet que dans sa forme. Elle avait dû s’adapter à la vision qu’elle s’était fait du monde, et autant le dire, ça n’avait pas été simple tous les jours. Et puis, en plus de cette adaptation s’était ajoutée celle de vivre en compagnie des autres. En compagnie de personnes qui ne faisaient pas parties de sa famille, et qu’elle ne connaissait pas. Ça non plus, ça n’avait pas été quelque chose de simple. Elle qui n’avait jamais parlé à personne d’autre qu’à sa mère et son frère, Octavia s’était montrée très timide face aux autres. Même face aux plus jeunes. Et bien sûr, au lieu de l’aider à s’intégrer, la plupart des autres en avaient profités pour lui marcher dessus. Heureusement, mine de rien, que Zoé avait été là pour l’aider. Parce que sans elle, Octavia serait certainement dans un pire état qu’elle ne l’était aujourd’hui. Peut-être même qu’elle serait déjà morte en fait, allez savoir. Mais bon, ce n’était pas vraiment la peine de penser à ça. Parce qu’elle avait eu de la chance, et qu’il fallait qu’elle se dise ça, au lieu de penser aux choses qui auraient pu arriver si certaines personnes n’avaient pas été là pour l’aider.

En tout cas oui, elle se posait toujours beaucoup de questions. Et même si elle allait mourir et que ça n’allait pas lui servir à grand-chose, elle essayait d’en apprendre un maximum sur le monde. Enfin, sur l’Arche tout du moins, étant donné que leur monde ne se cantonnait qu’à ça. Et par l’Arche elle entend aussi tout ce qui y vit. Donc elle s’intéresse aussi à l’organisme humain et à son fonctionnement, en fonction des différentes personnes. Elle aimait réfléchir, c’était pas vraiment de sa faute. Et ce n’était pas parce qu’elle venait de Walden et qu’elle avait grandie sous un plancher qu’elle était conne, bien au contraire d’ailleurs. Elle était certainement plus intelligente que certains gamins de son âge, mais pas sur les mêmes choses, c’était tout. En tout cas, elle était certainement la plus humaine de tous ici. « Mais du coup… Si tu manges du délicieux tout le temps, et que tu reviens au banal, tu vas trouver le banal délicieux, non ? Ou tu vas plutôt le trouver immonde ? Enfin, le banal c’est pas forcément mauvais, tu vois ce que je veux dire ? » Ouais, elle était complètement en train de s’embrouiller dans ses idées, et elle même, elle ne savait pas trop où elle voulait en venir en disant ça. En même temps, elle n’avait pas beaucoup d’heures de sommeil dans le collimateur, alors pour réfléchir, ce n’était pas tellement l’idéal, bien au contraire. Elle aurait bien aimée que Bellamy puisse passer au moins une nuit avec elle. Lui qui arrivait toujours à la rassurer, il lui aurait peut-être permis de dormir un peu plus. Malheureusement ça, c’était impossible. Parce qu’au Conseil, c’était des cons. Au point qu’ils leur donnaient des cours alors qu’au final ils allaient être envoyés à la dérive. Super le plan, bravo. Sinon, pour permettre aux gens de Walden de manger à leur faim, ça non ? Ben non, attendez, c’était bien trop demandé ça.

Enfin, la jolie brune ne préférait pas penser à ce genre de choses, parce qu’elle savait que ça allait l’énerver. Et pourtant, il n’y avait pas grand-chose qui l’énervait, mais le Conseil… Ils avaient interdit sa propre existence, ils avaient envoyé sa mère à la dérive, ils avaient tué son père, ils l’avaient envoyé en prison, ils allaient la tuer… Quand on regardait bien, elle avait pas mal de choses à leur reprocher. La liste était bien longue, et encore là, ce n’était que les choses qui la concernait directement. Parce que si on additionnait aussi ce que les autres leur reprochaient, la liste était encore plus longue que ça, en fait. Ils allaient finir en enfer ces abrutis, c’était certain. « Et parler devant tout le monde ? Non je peux pas ! » Elle était beaucoup trop timide pour ça. Autant elle avait une facilité déconcertante à parler avec son frère, et elle lui disait tout, mais les autres… La seule amie qu’elle avait bien eut dans sa vie, c’était Zoé, et maintenant elle ne l’avait plus. Maintenant, le seul ami qu’elle avait, elle lui parlait à travers un mur. Et elle savait que si elle se retrouvait en face de lui, elle serait bien incapable de faire sortir le moindre mot de sa bouche. Elle ne pouvait tout simplement pas. Elle avait trop peur de parler aux gens. Et il allait lui falloir du temps pour que ça change. Sauf que du temps, elle n’en avait plus. En tout cas, il était clair qu’elle ne pouvait pas parler en publique. Et elle l’avait bien vue lors des cours donnés par Pike. Les autres participaient, blaguaient entre eux, en disant des choses qu’elle ne comprenait pas. Mais elle… Et bien elle se contentait d’écouter, et de rager en silence quand les autres partaient trop en vrille dans leur délire. « Oui mais il nous a appris ceux que tu m’avais déjà montrés à la maison alors… Ça m’a pas servi à grand-chose. » Comme si les cours qu’elle avait lui servaient à grand-chose en général… Mis à part distraire ses journées, bien entendu. Elle était quand même contente de les avoir ces cours hein, vraiment. Et elle serait encore plus contente de les avoir eus une fois qu’elle serait sur Terre. Mais pour l’instant, elle ne se rendait pas vraiment compte de leur importance, c’est bien vrai. « Jasper. Par contre je connais pas son nom de famille. J’ai pas voulu lui donner le mien… » Et là elle se rendait à peu près compte de la bêtises qu’elle venait de dire. « J’en ai pas honte hein ! C’est juste que… Au moins je sais qu’il discute avec moi parce qu’il m’aime bien, pas parce qu’il est curieux. » Enfin, il était quand même peut être un peu curieux, c’est vrai. Mais au moins il ne prenait pas le temps de lui parler parce qu’elle était la fille qui avait grandie sous un plancher. Et il lui parlait comme il parlait à tout le monde, comme si elle était normale. Et ça, c’était une chose qu’elle ne voulait pas laisser partir.

Octavia s’était ensuite surprise à parler de Macy, la copine du meilleur ami de son frère. Elle ne la connaissait pas vraiment, mais elle en avait entendue parler. Puis elle avait reconnu son prénom quand l’un des garçons de sa classe l’avait appelé pendant un cours. Elle l’avait trouvé sympathique, peut-être un peu folle et excentrique, en plus de n’avoir visiblement aucune pudeur morale mais… Au moins, elle ne se cachait pas derrière des manières, c’était déjà ça. Et octavia avait bien aimé ça. « Tu l’aimes pas ? » Après tout, c’était possible. Tout le monde ne pouvait pas aimer tout le monde, et Octavia savait que Macy venait de Phoenix. Et que son frère n’aimait pas les gens qui venaient de là-bas. Et puis, en plus de ça, la brune ne la connaissait pas vraiment, elle ne lui avait jamais parlé, elle était juste dans la même classe qu’elle, c’était tout. Un sourire effleura tout de même les lèvres de la jeune Blake quand son frère se mit à parler de son ami. Lui non plus, elle ne le connaissait pas, mais elle avait déjà tellement entendu parlé de lui que c’était presque tout comme. « Comment il va ? » Elle se doutait qu’il ne devait pas aller bien fort, avec sa copine en prison, qui risquait, elle aussi, d’être envoyée à la dérive. Même si elle avait nettement plus de chance qu’elle de s’en sortir. Ça ne devait quand même pas être facile à vivre pour lui le pauvre. Et c’était une chose qui faisait beaucoup de peine à Octavia, parce que déjà que son frère ne devait pas se trouver au plus haut de sa forme, si son pote était dans un sale état aussi… Ils faisaient bien la paire tous les deux. « Pike ? Il est plutôt cool ! Enfin, il a l’air d’être à fond dans son truc, quand il explique, tu vois ? » Oui, Octavia avait plutôt une bonne image de ce professeur, c’est bien vrai. En même temps, il n’y avait pas beaucoup de monde qu’elle n’appréciait pas. En fait, elle ne détestait personne. Du moins pas pour l’instant. Ou pas directement. Elle n’aimait pas les membres du Conseil en général, mais elle ne les détestait pas pour autant. C’était bizarre, dit comme ça mais bon, elle n’avait jamais été véritablement confronté à la haine alors… Elle ne savait pas vraiment ce que c’était. Et elle ne savait pas si c’était quelque chose de bien ou de mal.
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MessageSujet: Re: ❝ You're my home ❞ Ven 28 Juil - 17:02

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All around me are familiar faces, worn out places, worn out faces, bright & early for their daily races, going nowhere, going nowhere. Their tears are filling up their glasses. No expression, no expression. Hide my head I want to drown my sorrow. No tomorrow, no tomorrow. And I find it kinda funny, I find it kinda sad the dreams in which I'm dying are the best I've ever had. I find it hard to tell you, I find it hard to take when people run in circles it's a very very mad world, mad world. Children waiting for the day they feel good. Happy birthday, happy birthday, made to feel the way that every child should sit & listen, sit & listen. [Gary Jules - Mad World]

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Ces banalités, échangées avec ma sœur, sont les meilleurs moments que j’m’accorde à vivre. Ca n’a l’air de rien, nos conversations. Mais ça a un p’tit goût d’notre passé. Comme une madeleine de Proust. Douloureusement teintée d’une saveur vouée à disparaître dans peu d’temps, par contre... Ca n’en reste pas moins plaisant pour autant. Car là, et seulement là, j’peux être moi-même. Enfin, dans une certaine mesure, bien entendu. Il n’existe pas vraiment un endroit où j’peux m’montrer honnête, quant au merdier qui s’agite dans mon esprit ! J’suis habitué à ça, à devoir toujours cacher une partie d’mes émotions. J’ai commencé à l’faire dès mon plus jeune âge, et j’pense que j’le ferai jusqu’à ma mort. C’est pas une habitude facile à perdre. J’vis pas dans un univers où c’est facile d’changer sur c’point-là.  Un univers qui va bientôt m’priver d’mon rôle préféré : celui d’frère. Même si c’est juste pour parler d’sujets plus ou moins sérieux avec ma frangine. Même si c’est juste bon à m’demander comment auraient été nos vies, si notre mère avait fait d’autres choix. Elle aurait pu tenter d’faire accepter Octavia, légalement, en prétextant avoir fait un déni d’grossesse. Ou n’avoir pas vu les signes d’sa grossesse, c’qui arrive aussi, sans aller jusqu’au déni. Elle venait d’perdre son mari depuis peu d’temps, elle aurait pu mettre sur cela sa prise d’poids (comme elle l’a fait, d’toute façon, mais ça aurait pu la servir, donc !) Ouaip, j’ai lu un peu d’tout, dans ma vie, donc, j’comprends pas pourquoi elle n’y a pas pensé. Ou elle aurait pu demander à certains d’ses amis célibataires d’assumer cette grossesse avec elle, faisant croire qu’Octavia était l’enfant d’un autre. L’Arche s’serait pas emmerdé à faire un test d’paternité, du moment qu’un type déclarait O. comme étant sa fille… Mais elle n’a pas tenté ça non plus. Elle n’y a certainement pas pensé. Pas facile de s’poser pour réfléchir, quand votre vie vient d’voler en éclats avec la mort d’votre époux, et qu’vous êtes enceinte d’votre 2nd gosse, alors qu’c’est interdit d’avoir un autre enfant… C’est pas que j’regrette qu’ma mère n’ait pas réfléchi aux autres possibilités qui s’offraient à elle avant d’prendre la décision d’cacher O., j’regrette surtout d’avoir été trop jeune à c’moment-là, pour lui faire voir la situation autrement. Cela dit, j’me suis fait à la situation. Les regrets, ça n’sert à rien, hormis à vous pourrir l’esprit. Et là, putain, j’en accumule, des regrets ! Ils paraissent s’atténuer, quand j’suis avec ma p’tite sœur, à parler, d’tout et d’rien, comme autrefois. « Mais du coup… Si tu manges du délicieux tout le temps, et que tu reviens au banal, tu vas trouver le banal délicieux, non ? Ou tu vas plutôt le trouver immonde ? Enfin, le banal c’est pas forcément mauvais, tu vois ce que je veux dire ? ». Et ouais, chez les Blake, c’est pas parce qu’on parle de tout et de rien, qu’ça n’a pas d’sens pour autant ! Loin d’là même ! Et c’est pas parce qu’O. a été enfermée chez nous toute sa vie qu’elle est con comme ses pieds, incapable de s’poser des questions quasi philosophiques. « Si t’es habituée au délicieux, c’est en effet ce qui te paraîtra banal, tandis que ce qui est réellement banal te paraîtra sans doute immonde. Tout est question de goût et d’habitude ! C’qui fait qu’cette pomme…. », dis-je en désignant l’fruit qu’j’lui ai amené « t’parait sans doute délicieuse, alors qu’pour des gens d’Phoenix, par exemple, elle semblera juste banale ! ». Du moins, c’est ainsi que j’vois les choses. Tout est une question d’point d’vue et d’perspective, c’est bien c’qu’on dit, après tout ! Cela dit, j’sais bien qu’tout l’monde n’partagera pas mon avis, et qu’j’suis loin d’être apte à être considéré comme la parole sacrée ! D’toute façon, j’ai jamais demandé – et j’le demanderai jamais ! – à l’être ! C’était ça qu’j’aimais dans nos conversations avec ma sœur : on parle d’tout et d’rien, et on en vient à s’poser des questions, pour aboutir à des conclusions auxquelles on n’s’attendait pas forcément.

Aussi étonnant qu’ça puisse paraître, passer du temps avec Octavia m’fait aussi grandir, car elle m’permet d’me remettre en question d’temps à autre, et ça, c’est réciproque. Là, j’tente de convaincre O. d’oublier un peu sa timidité, pour tenter d’se mettre en avant. Utilisant, pour cela, son talent pour inventer des histoires, afin de se sentir plus en confiance, pour passer ce cap de la prise en parole face à des inconnus, nombreux ou non. « Et parler devant tout le monde ? Non je peux pas ! », m’répond O., sans qu’cela ne m’surprenne. Esquissant un léger sourire, j’lui fais alors savoir que : « C’est plus facile d’parler, devant une foule plus ou moins nombreuse, si c’est pour un sujet qu’t’apprécies. ». Bon, après, j’sais pas trop c’que ça donne en pratique, étant donné qu’j’suis pas timide. Mais c’est ce qu’j’ai toujours entendu dire, du moins ! Au fond, j’sais pas pourquoi j’dis ça à Octavia, pourquoi j’essaie d’la pousser à s’mêler aux autres. J’essaie juste d’faire en sorte qu’elle profite un minimum d’sa vie. Refusant d’croire qu’elle puisse être exécutée. M’accrochant à un espoir bien futile. Aidé en cela par l’fait qu’notre conversation devienne fortement banale, lorsqu’nous évoquons les cours qu’elle reçoit, de Pike. « Oui mais il nous a appris ceux que tu m’avais déjà montrés à la maison alors… Ça m’a pas servi à grand-chose. ». Un p’tit sourire d’excuses fleuri sur mon visage. Enfin, sans qu’ça n’soit vraiment d’l’excuse, car j’regrette pas d’lui avoir appris tout ça. Bon, j’regrette juste qu’Pike n’ait pas encore abordé les autres nœuds, car y’en a d’autres qu’j’ai pas pu enseigné à ma frangine. Cela dit, ça m’fait plaisir d’voir qu’elle s’souvient de ce qu’j’lui ai appris, ou, du moins, qu’j’ai réussis à lui transmettre suffisamment correctement tout ça, pour qu’elle s’en souvienne par la suite. Bon, là, c’est moi qui veux qu’elle m’apprenne un truc : l’prénom d’son voisin d’cellule ! « Jasper. Par contre je connais pas son nom de famille. J’ai pas voulu lui donner le mien… ». Et là, j’me fige, réfléchissant. Disons qu’un Jasper, j’en connais un. Et j’ai entendu dire qu’il avait été enfermé, au Niveau 1 également. Après, j’dis pas forcément qu’c’est l’même, il n’doit pas y avoir qu’un seul Jasper, au sein d’la Colonie, n’est-ce pas ? « J’en ai pas honte hein ! C’est juste que… Au moins je sais qu’il discute avec moi parce qu’il m’aime bien, pas parce qu’il est curieux.», ajoute-t-elle, alors qu’j’suis encore en train d’réfléchir pour savoir si ça peut être l’même ou non. Bon, allez, on s’lance, autant en avoir le cœur net, nan ? « Est-ce qu’il est brun ? Taille moyenne ? Pas super gros ? Toujours avec des lunettes sur la tête ? », m’risquais-je à lui demander, assez peu sûr d’moi, surtout pour la dernière évocation : il est fort probable qu’ses lunettes lui ait été confisqué quand il a été envoyé dans la Sky Box, étant donné qu’ça n’est pas des lunettes de vue. Après, j’avoue que j’sais pas trop comment j’prendrais l’fait d’découvrir que c’est bien du même Jasper, dont on parle. Non pas qu’Jasper n’soit pas un type bien, hein, j’ai jamais dit ça. M’enfin, disons qu’ça pourrait être un type bien pire, avec lequel elle aurait sympathisé d’la sorte. Secouant la tête, j’ajoute bien vite : « T’as pas à légitimer l’fait d’lui donner ou non ton nom d’famille. Tu l’feras, ou non, suivant comment tu l’sens ! ». Puis, faut dire que l’patronyme Blake évoque bien des choses… Un père qu’a assassiné un Chancelier, une mère qu’a mis un autre gosse au monde et l’a élevée dans l’plus grand des secrets, un fils qui fout tout en l’air, et une fille qui s’drogue pour dormir. Parfois, c’nom d’famille pèse rudement lourd sur mes épaules, alors j’comprends qu’O. puisse rechigner à l’dire aux autres, risquant d’les voir prendre la fuite….

OO nontinue à parler des quelques autres délinquants qui suivent également les cours d’Pike, en compagnie d’Octavia. « Tu l’aimes pas ? », m’demande-t-elle, au sujet d’Macy. J’hausse les épaules, d’un air indécis. « J’la connais pas vraiment, t’sais. ». Et c’est vrai, on n’a pas tellement parlé, Macy et moi. Je n’la connais qu’au travers des quelques instants passés en sa compagnie, sachant qu’nous étions avec Aaron, Clarke, et parfois d’autres personnes en plus. Donc, j’sais pas grand-chose d’elle, hormis qu’elle n’est pas vraiment une Phoenicienne en mode pétasse comme tant d’autres, mais au-delà d’ça, bah… « Comment il va ? », telle est la question qu’O. m’pose, concernant Aaron. D’nouveau, j’hausse les épaules. « Il dit qu’ça va, mais bon… », soupiré-je, m’sentant impuissant à l’faire vraiment aller mieux. Mais est-il seulement possible d’parvenir à un tel miracle, alors qu’sa copine est enfermée ? J’en doute…. Puis bon, ça fait quand même un p’tit moment qu’Aaron et Macy sont ensemble, mine de rien, donc, c’est pas rien. Mais c’qu’Aaron ressent là, ça n’est rien en comparaison de c’qu’il ressentira, si, et quand, Macy vient à être envoyée à la dérive. Cette douleur, j’la connais, j’ai perdu Elizabeth, certes, pas d’la même façon, mais la mort reste la mort, peu importe comment elle survient. « M’enfin, il fait pas d’conneries, alors c’est pas si mal que ça… », ajouté-je, en m’frottant l’arête du nez, un peu fatigué. C’est vrai que ça pourrait être pire, Aaron pourrait tenter d’se révolter contre l’Arche, ou s’en prendre à ses supérieurs hiérarchiques, ou autres…. Il bousille pas sa vie, bien qu’celle-ci n’ressemble plus du tout à c’qu’il souhaitait.

Bon, allez, faut tenter d’parler d’autre chose, que d’ceux qui sont séparés. C’est trop triste, ça, et ça n’nous change pas vraiment les idées ! « Pike ? Il est plutôt cool ! Enfin, il a l’air d’être à fond dans son truc, quand il explique, tu vois ? », m’fait savoir ma cadette, au sujet d’son enseignant. « J’vois parfaitement ! C’est l’un des meilleurs profs qu’j’ai pu avoir ! ». Et ce, même s’il n’enseigne pas forcément ma matière fétiche. Mais il s’est érigé en véritable modèle dans ma vie, au moment où j’en avais l’plus besoin, et j’lui en serai toujours reconnaissant, d’ça ! « C’est lui qui m’a donné l’envie d’être prof ! ». Souhait qu’j’ai mis d’côté quelques années plus tard, réalisant qu’la carrière d’Garde serait bien plus profitable pour les miens… Enfin, quand on voit c’que ça a donné… « Tu devrais apprécier les cours sur les animaux et leurs empreintes. », ajouté-je rapidement par la suite, souhaitant changer d’sujets d’conversation, étant toujours mal à l’aise quand il est question d’mes rêves passés d’carrière pro.

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