AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Pour les nouveaux personnages :15Tcs bonus seront offerts à la validation pour ceux venant des groupes :Moskiums, Hémérians et Arkers ! Essayez de les privilégier pour les premiers évents à venir Wink
Les habitants du Mont Weather seront jouables dès début juin en ce qui concerne les demandes de MC, puis seront ouverts pour tous début juillet (ou peut-être avant, à voir Razz ) !
Ouverture de la ChatBox tous les samedis, dès 18h (heure française Smile ) ! Ouverture, samedi 24 dès 14h !
Les premiers évents font leur entrée sur IE ! Very Happy

Partagez|

[02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

avatar

Clarke Griffin
Admin


Messages : 628
Date d'inscription : 07/03/2017
Ft : Eliza TC
Crédits : Vava : Gat' / Gifs (crackship : Zack/Clarke : Gat') et (sign + profil) : Tumblr

Inclement Earth

MessageSujet: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Jeu 25 Mai - 0:12

Fourchette temporelle:
 



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Living is too hard right now. Dying is easy. Let me die.

No matter how strong we try to stay, we all have those days when we don’t wanna be strong anymore. Giving up doesn’t always mean you are weak, sometimes it means you are strong enough and smart enough to let go. The girl who seemed unbreakable, broke. The girl who seemed strong, crumbled. The girl who always laughed, cried. The girl who never stopped trying, finally gave up. She dropped a fake smile as a tear rolled down her cheek & whispered to herself "I can’t do this anymore". Just give me something I’ll miss. Give me one last kiss just before I go, cause when I leave this time, I won’t be back no more.

2 avril 2482. Me voilà à l’aube de mon dix-huitième anniversaire. A la veille de ma majorité. Si, il y a encore un peu plus d’un an, j’attendais ce jour avec impatience et bien, ce n’est plus réellement le cas. Il me faut l’admettre pour ne pas me mentir. Disons que je le redoute étrangement. Ce n’est plus qu’une affaire de quelques jours maintenant. Encore une petite poignée et j’irai rejoindre mon père. Le doute n’est pas permis quant à ce qu’il m’attend. La justice selon le Conseil n’est clairement pas juste. J’ai cru le comprendre dès lors où on a réclamé mon arrestation le jour même de l’exécution de mon père. Pour haute trahison ? Pardon ? De quoi m’accuse-t-on réellement ? De vouloir suivre les traces de mon père en faisant éclater cette foutue réalité au grand jour ? L’ensemble des Archéens n’ont pas le droit de savoir que leurs jours sont, pour eux aussi, comptés ? Le prix de la vérité est dangereusement payé sur l’Arche -et encore, heureusement que je ne sais pas tout- .. En plus, je me sens plus seule que jamais. Bien entendu, je ne peux pas en vouloir à Zack de se préserver en ne venant même plus me voir depuis un petit moment. Enfin, sans même compter sa propre arrestation, bien entendu. Là, c’est un peu compliqué pour lui de venir me voir, j’en ai conscience. Et pourtant, il n’est pas loin de moi. Chose assez frustrante au passage, de savoir qu’il ne doit croupir dans sa cellule qu’à quelques pas de moi. Pire encore s’il est tel un voisin de l’étage inférieur et que je ne le sais même pas. Une idée assez cruelle tant la solitude me ronge petit à petit. Je ne peux donc pas lui en vouloir de prendre des distances avec moi, même s’il pouvait venir me voir dans un élan de sympathie orchestré par ma mère, ne sait-on jamais. Peut-être même lui accorde-t-elle cette faveur, mais qu’il ne préfère ne pas venir me voir ? Si mon avenir à la dérive semble tout tracé, peut-être que Wells et lui bénéficieront de la Grâce du Conseil ? Puis, il a ses propres pensées à gérer maintenant. Il est fort, oui. Mais, il doit penser à se préserver un minimum. Bientôt, je ne vais plus qu’être un souvenir pour lui. Connaissant sa force de caractère, je sais qu’il finira par aller de l’avant. Puis même. Il a le profil type du petit ami idéal si sa vie va se poursuivre au-delà de ses 18 ans. Une autre que moi pourra trouver refuge dans ses bras et voir à quel point on y est bien. C’est tout ce que j’espère pour lui, sincèrement, même si je sais que cette libération risque de ne jamais se faire et qu’au final, il me rejoindra plus rapidement que prévu. Mais, son absence depuis ces nombreuses semaines me pèse, forcément. Ce que je ne donnerai pas pour le voir, juste une fois de plus. Comme il ne me reste rien -même ma dignité s’est barrée ces derniers jours, laissant une flopée de larmes m’envahir pour un rien-, il est difficile de négocier une telle chose. Puis que dire de Macy.. Bellamy me donne quelques nouvelles de sa part. C’est même d’ailleurs grâce à lui que j’ai eu connaissance de son enfermement. A croire que tout notre petit noyau d’amis de longue date a décidé de passer par la case prison, à quelques mois près. D’abord moi. Puis Macy. Enfin, Zack et Wells. Qu’est-ce qu’il se passe donc pour qu’on soit ainsi exterminés de l’Arche ? Nos neurones se sont entrechoqués ? Puis ma chère Macy.. Elle ne mérite pas un tel sort. Pourquoi est-elle à son tour enfermée ? Qu’est-ce qui lui est donc passé par la tête ? Je n’ai pas été là pour elle. Pas là pour tenter de les raisonner, elle et son foutu caractère de feu -pire lorsqu’il s’agit de son gars !-, pas là non plus pour lui rendre visite et tenter de lui rendre le sourire une fois dans sa cellule. Pas là non plus pour tenter de la rassurer et lui faire entendre qu’il lui reste encore cet infime espoir. Il faut qu’elle s’en sorte. Comme Zack. Si déjà moi, au vu de cette cellule au niveau 2, je n’ai même pas une once d’être graciée.. Et je ne le saurai même pas, ça. S’ils vont pouvoir reprendre leurs vies où elles se sont arrêtées vu que la mienne prendra fin bien avant leurs procès respectifs. Et oui. Mon moral ainsi que mon mental ont pris très cher depuis une bonne semaine. Pire encore en tentant de trouver une combine pour prendre leurs “crimes” pour moi et qu’ils soient tout simplement libérés. Mon cerveau est en surchauffe pour tenter de trouver un plan B à toute cette pagaille et ainsi, me laisser partir pour eux. Comme dit, pour moi : c’est cuit. C’est plié d’avance. Jamais le moindre détenu n’a quitté le Niveau 2 de cette foutue prison en vie. Aucun. Jamais. Cruelle réalité qui me colle à nouveau les larmes aux yeux. Pour être plus précise sur mes craintes, disons que je n’ai pas peur de la mort, mais que j’ai peur de mourir. Subtile nuance que je me suis découverte assez récemment. Le fait d’avoir passé autant de temps enfermée de la sorte m’a amené à penser, repenser et à réfléchir sur certaines choses qu’une nana comme moi n’a jamais entrepris avant ça tout simplement parce qu’elle avait d’autres choses et d’autres plans en tête. Un autre futur, qui aurait dû être nettement plus chaleureux que ne l’est cette pièce.

Inutile de dire que je dors très mal en ce moment. Et ce, malgré les visites de ma mère qui me fait passer quelques petites aides pour trouver le sommeil. Je suis tellement angoissée à l’idée d’abandonner mes proches plus que ma propre vie, que je n’en ferme pas l’oeil de la nuit. Bien entendu, je suis loin de penser que ma présence leur est vitale. Ils pourront très bien apprendre à vivre sans moi, tourner cette page peu enviable pour se tourner vers un avenir qui, je l’espère du fond du coeur, sera plus appréciable pour eux. Je ne veux pas que mon souvenir les hante aussi longtemps que ça. J’ai même pas envie qu’ils soient là lorsque ce sera le bon moment. Ce n’est peut-être pas si mal que ça, finalement, si Zack et Macy sont en prison. Au moins, ils ne devraient -normalement- pas être là, tout comme ce fameux Blake. Celui-là même qui parasite mon esprit sans même que j’en sois consciente. D’ailleurs, il est censé bientôt venir pour nettoyer tous ces dessins recouvrant murs et sol sans distinction. M’étirant en douceur, je quitte cette position allongée qui n’est de loin plus aussi reposante qu’elle ne l’a été par le passé. Mon regard se perd autour de moi, à la recherche du moindre centimètre carré encore vierge. Le seul ‘luxe’ qui me soit offert, à défaut d’avoir un contact avec les autres prisonniers, c’est que ma mère se débrouille toujours pour me ramener ou me faire parvenir -grâce à Bellamy-, de quoi combler l’espace de la moindre courbe dessinée. La seule chose qui me reste pour que ma tête s’évade, s’égare et quitte ces quelques mètres carrés qui, avec le temps, me donnent mal à la tête. J’étouffe tellement. Ma chambre me manque, mon lit me manque. Les cours me manquent aussi. Du coin de l’oeil, j’aperçois ces quelques ouvrages pour me permettre d’assouvir ma soif de savoirs malgré ma condition de prisonnière. Mon autre passe-temps. Ou tue-temps, plutôt. Cela sonne nettement plus juste. Il ne faut pas que je traine de trop. Même si entre Bellamy et moi, un petit code a été instauré pour éviter de reproduire une scène datant des débuts de mon emprisonnement -à savoir qu’il est arrivé à un moment quelque peu délicat puisque je terminais de m’habiller : il a eu une magnifique vue sur mon dos presque de haut en bas. Juste le temps d’enfiler un sous-vêtement à l’arrache ainsi qu’un haut qui traînait à portée de main-. Du coup, avant d’entrer, il s’amuse à donner trois petits coups, dans un rythme que j’ai grandement appris à apprécier avec le temps. Simplement parce qu’il annonce sa venue imminente. Ce qui ne tarde d’ailleurs pas. Alors installée par terre, un crayon à la main, j’avoue que je n’ai pas vraiment la force de relever la tête ce matin. Le manque de sommeil, l’angoisse de la mort et la peur d’être trop faible forment un cocktail plus que déstabilisant. Il est clair que mon état ne cesse de se dégrader, mais qu’importe puisque c’est bientôt la fin. Alors qu’il s’avance dans cette cellule comme de nombreuses fois auparavant, je finis tout de même par poser cette mine au sol, posant mes mains sur mes cuisses et croisant son regard. Un petit « Salut. » s’échappe de mes lèvres. Sans comment ça va ou autre question du genre. Juste parce que je souhaiterai éviter qu'il me la retourne. Sans trop comprendre pourquoi, j’ai du mal à me dire que cela risque d’être l’une des dernières fois -si ce n’est pas la dernière fois- que mon regard se pose sur cet homme. Et ça me tue doucement, mais surement.
© Mister Hyde
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Bellamy Blake
Admin


Messages : 829
Date d'inscription : 07/03/2017
Ft : Bob Morley
Crédits : Avatar de ultraviolences et signature de Wild Heart

Inclement Earth

MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Mar 30 Mai - 22:16

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Bellarke
We find each other in the stars. In the far off galaxies where the stars shine brightest. In the ones shining above our heads, lighting the way through the darkness. I find the stars in your smile, in the gleam in your eyes when you look to me. I find a supernova burning through my veins when you touch me. I find a black hole drowning me when you leave. I find myself a north star, the point that always guides us home, in your voice calling out my name. [Texte de Abby S.]

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Aujourd’hui est bien un des rares jours où ma routine varie un peu, et revêt un minimum d’intérêt. La raison est simple : je vais rendre visite à Octavia, dans l’après-midi. C’est bien un des rares moments où j’ai l’sentiment d’aller à peu près bien, d’pas juste être une marionnette, qui continue à s’agiter, sans trop savoir pourquoi. D’nouveau, j’ai l’impression d’retrouver presque ma vie d’avant, à tel point qu’j’retrouve presque un semblant d’réels sourires. Semblant, pour la simple et bonne raison qu’dans un coin d’mon esprit, il reste toujours la connaissance d’la réalité. Et ça n’cesse de tout détruire. D’grignoter morceaux par morceaux les rares moments où l’oubli bienheureux m’entoure, c’qui arrive surtout les 1ères secondes suivant mon réveil. Aussi est-il logique que mon esprit soit ailleurs, quand j’suis sur l’point d’voir Octavia. Et aujourd’hui n’fait pas défaut à la règle. Ma capacité à rester concentré sur c’que j’ai à faire est assez compliqué à maintenir. Mon esprit s’égare régulièrement sur mon entrevue à venir, avec ma frangine. C’est d’ailleurs comme ça qu’m’est venu l’idée d’lui acheter une pomme – chose que j’ferai avant d’aller la voir – car j’sais que ça lui fera plaisir. Et qu’j’savais pas quoi lui amener pour la faire sourire. Un d’mes collègues, croisés au boulot c’matin, m’a fait savoir qu’les pommes étaient à un tarif à peu près abordables, aujourd’hui, plus qu’la plupart des fruits, du moins. O. adore les pommes, et comme j’peux pas lui amener un livre à chaque fois, bah, faut bien que j’varie un peu. Surtout qu’à la base, j’voulais lui amener une nouvelle brosse à cheveux, vu que j’sais qu’la sienne commence à être trop vieille pour être efficace. Manque de chance, celle que j’voulais acheter a été prise, avant que j’n’ai pu mettre assez d’argent d’côté pour l’acheter ! Oui, j’sais, c’était pas une idée « cadeau » d’génie, mais j’ai pas des masses d’possibilités non plus : entre mon p’tit salaire et l’fait qu’O. soit emprisonnée, bah… C’est la galère !

Aujourd’hui est un des jours où j’vais me retrouver dans la cellule d’Clarke. Et y’a bien que pour cette occasion qu’j’arrive à rester à peu près concentré. C’est pourtant pas la seule personne détenue qu’j’croise, alors qu’j’nettoie sa cellule, aujourd’hui, ni la seule que j’connaissais, plus ou moins, avant son emprisonnement ! Non pas que j’m’occupe d’beaucoup d’autres cellules, mais j’en ai quand même d’autres à ma charge ! Quelques prisonniers qu’j’appréciais, plus ou moins, les connaissant – quelque peu – d’avant. Etrangement, Clarke est la seule pour qui j’éprouve autant d’empathie, et d’compassion face à sa situation. Non pas qu’j’m’en foute, des autres : loin d’là, même ! Mais j’sais pas trop pourquoi, à l’encontre d’la blonde, c’est différent. J’mets ça sur l’fait qu’c’est bien la seule personne à laquelle j’ai à refaire face dans une cellule, que j’ai contribué à arrêter, dans des conditions aussi particulières. Elle venait à peine d’voir son père être envoyé à la dérive, qu’on m’a ordonnée d’l’arrêter. Une seconde auparavant, j’tentais d’la réconforter face à l’exécution à laquelle elle venait d’assister, et la seconde suivant m’voyait obligé d’la conduire en Prison. Au Niveau 2, en plus de ça ! Sachant qu’elle ne ressortirait donc jamais libre d’ici. Ma 1ère arrestation effectuée dans des conditions aussi particulières, et ma 1ère arrestation menant au N2… Autant dire qu’elle a d’quoi marquer, et contribuer à ma difficulté à comprendre pourquoi ma compassion à son encontre diffère de celle envers les autres. C’est jamais facile d’comprendre les raisons qui font qu’on apprécie plus une personne à telle autre, quand, comme moi, on en est encore à faire de lourds deuils : de son 1er amour, de sa mère et de sa vie d’avant. Sans oublier que moi, contrairement à d’autres, j’suis pas du genre à arrêter d’aimer quelqu’un, pour une autre personne, rien qu’en quelques jours, encore moins après avoir eu à affronter la mort brutale de l’être aimé. Et même quand l’deuil sera fait, et qu’j’pourrais tourner la page « Elizabeth », j’doute fortement que j’l’oublie totalement. Nul ne pourra jamais prendre sa place, ça sera juste différent, mais elle restera à jamais mon 1er grand amour. Enfin, pour l’instant, ça m’parait juste improbable, que j’puisse tomber d’nouveau amoureux. A tel point que j’refuse même d’accepter la signification du fait qu’la blonde soit la seule fille qu’j’ai embrassé, en dehors d’Elizabeth, et sans qu’ça n’soit pour m’détruire et oublier Beth. Car, étrangement, une partie d’moi a conscience qu’si j’avais passé cette fameuse soirée avec une autre, l’issue n’aurait pas été identique, loin d’là, même ! Mais ne m’en demandez pas plus ! C’est déjà pas mal que j’sente bien qu’c’est étrange, d’me sentir aussi « touché » par l’avenir (ou plutôt, l’absence d’l’existence de celui-ci !) d’la jeune Griffin. S’attendre à plus, en c’moment, c’est inutile, car trop tôt, sur plein d’niveaux. J’ai pas la tête à ça. Et puis, ça sert à rien : les jours d’la Phoenicienne sont comptés. Et rien n’pourra la sauver. D’tous les résidents d’la Sky Box qu’j’ai à côtoyer pour l’boulot, elle est également la seule dont l’exécution soit si proche… Bref, tout ça juste pour dire qu’il y a plein d’choses qui font qu’il m’est difficile d’considérer Clarke comme les autres détenues.

Aujourd’hui est un jour qui n’va clairement pas m’aider à y voir plus clair, concernant l’pourquoi du comment j’n’arrive pas à mettre une étiquette sur c’qui m’lie véritablement à l’apprentie doc’… Et ce, même s’il s’agit – en théorie – d’l’une des dernières fois où on sera amenés à s’voir. D’ailleurs, honnêtement, et sans même le chercher, j’évite de penser à ça, au moins autant qu’j’évite de penser à O., en train d’dériver. Oui, je sais, même ça, j’refuse de l’voir comme un signe révélateur, concernant la façon avec laquelle j’peux bien voir Clarke. Trop compliqué, ma vie, en c’moment, d’toute façon, et la sienne n’est guère mieux : pas l’moment. Et par la suite, ça sera au moins tout autant complexe ! Mais nous n’en sommes pas à là, pour l’instant. Nan, là, j’m’apprête à aller la voir. Enfin, à aller nettoyer sa cellule, ça serait plus correct, en fait. Et c’est pas mon 1er ménage d’la journée, Mme Griffin s’est assurée d’ça. J’suppose qu’c’est un des rares moyens qu’il lui reste, pour prendre soin d’sa fille : lui permettre d’avoir quelques heures de sommeil dans la matinée, sans être décanillée pour une raison aussi triviale que l’ménage. Privilège partagé par de très rares captifs : à croire qu’ça doit contribuer à leur servir de punitions, d’voir quelqu’un débarquer à l’aube pour nettoyer leur cellule. Afin d’éviter le désagrément survenu y’a quelques mois d’ça, alors qu’c’était mes 1ers pas en tant qu’agent d’entretien, j’toque à la porte, d’une façon qu’on a défini au préalable, Clarke et moi. Faut dire aussi qu’c’est la seule Phoenicienne qu’j’croise, dans la Prison, et qu’ça doit jouer, niveau heure du réveil d’la jeune femme, et donc, du moment où elle est « présentable ». Car je n’bosse qu’en matinée (même si pas toutes !), en Prison, l’reste de mon temps s’compose d’ménage, dans quelques logements. Bon, dans l’fond, on s’en fout, de c’qui a mené à une telle situation, toujours est-il qu’à présent, j’veille soigneusement à frapper avant d’rentrer. Non qu’ça m’dérangerait tant qu’ça, d’la surprendre, une fois encore, comme la dernière fois. J’suis un mec, après tout, j’vais pas dire non à voir une nana à moitié dénudée, quand même ! Cela dit, j’préfère largement quand j’suis celui qui contribue à cet effeuillage, ou que ce dernier m’est destiné, plus que de débarquer à l’improviste… C’est bien parce que j’voulais pas qu’la jeune femme s’mette en tête qu’j’avais fait exprès d’rentrer sans frapper, qu’j’ai proposé d’mettre en place un tel système. J’vous raconte pas comme j’étais gêné, sur le coup ! Car, au risque de vous décevoir, j’ai pas prémédité cette entrée en scène, c’jour-là !

Aujourd’hui, c’est bien la 1ère fois que j’frappe à cette porte, en ayant comme un pincement au cœur, assez « puissant » pour l’ressentir, sans qu’il ne s’noie sous la chappe du voilage de face que j’ai inconsciemment mis en place. Sans doute parce que l’échéance tragique ne m’a jamais paru aussi « palpable » qu’aujourd’hui. Car aujourd’hui, j’ai aussi à gérer la difficulté inhérente à une visite auprès d’Octavia. Passons… Je n’peux retenir un léger soupir, après avoir terminé d’exécuter l’code indiquant qu’c’est moi qui m’apprête à rentrer. Je n’réfléchis cependant pas plus, et finis par ouvrir la porte. La force de l’habitude me guide. Il n’y a bien que lorsque j’rentre dans la cellule, refermant la porte derrière moi, que j’me fige brièvement. Rien qu’parce que mon regard s’pose, presque automatiquement, dans un réflexe morbide, sur le décompte que tient la blonde, pour voir le temps qu’il lui reste à vivre. Décompte qui s’trouve au-dessus du lit d’la prisonnière, et qu’elle tient soigneusement à jour. Visiblement, au saut du lit, car à chaque fois qu’j’arrive dans sa cellule, le trait d’la nouvelle journée qui vient d’démarrer, est déjà mis. J’secoue la tête tandis qu’ma mâchoire se crispe, tout en détournant l’regard de c’pan d’mur, funestement attirant, et inconsciemment méprisé. Juste à temps, visiblement, car c’est à c’moment qu’Clarke regarde dans ma direction. Pour n’pas changer, elle est assise au sol, occupée à dessiner. « Salut. », me lance-t-elle, d’une voix monotone, délaissant son dessin. Elle semble à bout, c’matin. Ou peut-être est-ce juste une impression, un reflet d’l’état dans lequel je suis. Retour du voilage de face, et d’mon désir d’croire qu’c’est purement platonique, c’qui m’lie à Clarke, et qui contribue à ma « facilité » à la comprendre. Bien décidé à tenir la résolution qu’j’ai pris, en m’préparant pour la journée, j’m’efforce d’afficher un semblant d’sourire sur mon visage. Cela fait des mois qu’j’ai opté pour n’plus jamais laisser voir à quiconque – du moins, pas autant qu’avant ! – que j’peux être affecté, par leurs mots, ou par ce qu’il peut leur arriver. Et en c’qui concerne donc ma résolution prise dans la matinée – en fait, une résolution prise bien avant, dès qu’j’ai senti qu’j’étais, étrangement, trop attaché à Clarke – j’ai choisis d’faire comme avec O. : tenter d’avoir l’sourire, dès que j’suis avec. Parce que les deux ont pas franchement l’moral, Clarke nettement moins qu’ma frangine, par ailleurs. Pas l’même délai avant leur mise à mort, aussi, faut dire… C’est donc dans c’but que, avec un p’tit sourire en coin, j’lui demande : « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! ». Connerie lancée dans l’vaine espoir d’lui arracher un semblant d’sourire. Surnom qu’j’emploie depuis des années à son encontre, pour tenter d’lui faire oublier – l’espace de quelques secondes au moins – sa situation, et la ramener à l’insouciance d’antan. Mais j’aurai p’têtre dû éviter, car ça m’rappelle qu’j’lui ai déjà balancé une telle phrase, lors d’son dernier anniversaire passé en liberté. Ignorant qu’il s’agirait d’son dernier anniversaire, d’ailleurs, en tant qu’future Conseillère. J’l’avais croisé, c’jour-là, dans les couloirs d’Phoenix, devant y effectuer une mission – sans grand intérêt, du moins, j’m’en souviens plus réellement ! – en compagnie d’Aaron, pour n’pas changer. Si j’fais pas d’erreur, à cette époque-là, elle était plongée dans des révisions intensives pour ses études, à tel point qu’elle dormait peu. Elle en parlait durant les quelques repas qu’on partageait ensemble, assez pour que j’la vanne à c’propos, par ailleurs. « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! », lui avais-je fais savoir, lorsqu’elle avait manqué d’me rentrer dedans, l’nez plongé dans ses cours, l’air visiblement fatigué d’une nuit passée à potasser. Bien entendu, ça m’avait valu une belle répartie d’la part d’la Phoenicienne, mais ça m’avait bien amusé. Nous avions échangés, avec mon meilleur ami, quelques mots rapides : les deux gardes que nous étions avions quand même du pain sur la planche, et l’étudiante devait aller j’sais pas trop où. « Oh, au fait… », avais-je déclaré, alors que nous nous apprêtions à vaquer à nos tâches respectives, et qu’la blonde avait même commencé à s’éloigner. J’avais attendu qu’elle s’retourne, intriguée, pour ajouter un p’tit : « Bon anniversaire, Princesse. », amusé. Macy et elle avaient parlé d’l’anniversaire à venir de la blonde, au préalable, assez pour que j’finisse par entendre la date d’cet anniveraire. J’l’avais appris l’année d’avant encore, mais à c’moment-là, l’anniversaire d’la blonde était déjà passé. Donc, cette année-là fut la 1ère fois où j’eu l’occasion d’le lui souhaiter, même si ça avait été fait d’la sorte. Alors que celui d’Macy, j’avais pu le lui souhaiter bon nombre de fois : disons qu’ça aide d’avoir filé un coup d’main à Aaron, à maintes reprises, afin d’trouver une idée cadeau pour la brune !

Aujourd’hui est l’jour où j’prends conscience qu’décidemment, et étrangement, j’ai bien trop réussi à m’attacher à Clarke. Au point d’me sentir désolé de n’pouvoir lui souhaiter d’autres anniversaires : quel mauvais goût ça serait, d’lui souhaiter l’prochain, étant donné qu’elle ne devrait pas tarder à mourir. Et cela m’fait réaliser qu’ça m’manque presque, nos prises de tête, pour tout et n’importe quoi. Nos conversations, bien souvent enflammées, qui rendaient quasi-fous notre entourage. Non pas qu’nous n’en partageons plus, à présent. Il arrive qu’on en ait d’nouveau, à l’occasion. Mais c’est pas pareil. Sans doute moins « vif » qu’autrefois. Sans doute parce qu’on n’a plus d’témoins, aussi, notamment plus Aaron ou Macy, pour échanger des regards en coin, qu’avaient le don d’m’énerver. Aujourd'hui, j'réalise, sans vraiment l'réaliser, qu'il n'y a bien que depuis que j'suis dans cette cellule, que ma concentration est à peu près de retour, alors qu'elle se fait en générale la malle, lorsque j'suis à quelques heures de retrouver ma sœur.  Bref, évitons de s'prendre la tête pour comprendre cela… Alors qu’mes mots en sont encore à résonner dans la minuscule pièce, j’dépose les quelques produits d’entretien qu’on a mis à ma disposition par terre. Ce faisant, j’avise alors un dessin, qui m’fait esquisser un nouveau sourire. Une représentation du Colisée d’Rome. Un des lieus, sur Terre, qu’j’ai avoué regretter d’jamais pouvoir voir un jour, durant une d’nos dernières conversations. Quand j’vous dis qu’on parle d’tout et de rien, quand j’viens ici… « T’aurais au moins pu m’dessiner en train d’l’observer ! », fais-je mine de râler, préparant mon matos : j’suis là pour bosser, quand même ! Et Clarke est une artiste plutôt prolifique ! Bien entendu, j’regrette pas vraiment qu’elle ne m’ait pas représenté : ça m’aurait fait trop bizarre d’me voir, dessiné d’sa main. « C’est quand même glauque, quand on y pense : nos ancêtres visitaient c’monument, alors qu’ça servait pas qu’à des choses joyeuses… ». Perso, c’est pas pour ça que j’aimerais avoir la chance d’le voir un jour, mais juste pour le plaisir de contempler un vieux bâtiment, et d’m’étonner d’la créativité de l’Homme. Et c’est bien l’côté ancien, et surtout, en vieilles pierres, qui fait qu’j’préfère un tel endroit, à un truc comme la Tour Eiffel, par exemple ! Jolie Tour, d’après les photos qu’j’ai pu voir, mais trop métallique à mon goût. Et un matériau aussi « impersonnel », trop « humain », j’en ai bien trop vu, avec l’Arche ! « Il doit plus rester grand-chose, maintenant, d’toute façon ! », que j’finis par ajouter, quand j’prends conscience qu’la note « morbide » du passé du Colisée est trop palpable. Et qu’c’est pas ainsi, du coup, qu’j’vais parvenir à faire naître un semblant d’sourire sur l’visage d’la détenue. Bon, j’avoue qu’pour le coup, c’est pas forcément mieux que d’parler des dégâts qu’ont pu faire, sur la Terre, la Guerre Nucléaire, survenue des siècles plus tôt. Mais j’ai rien trouvé d’mieux. Et mieux vaut ça que l’silence auquel elle est habituée, la plupart du temps. Mieux vaut ça que l’silence, qui n’accentuera que trop l’fait que les dessins qu’j’efface soient parmi les derniers que j’fasse disparaître, avant qu’l’Espace n’engloutisse la blonde.


Aujourd’hui est un jour où j'réalise que j'arriverais sans doute pas à faire sourire celle qui aurait dû siéger un jour au Conseil. Car j'sais pas quoi dire d'à peu près amusant, pour l'moment. Pire même, j'ai une nouvelle à lui annoncer qui, je l'sais bien, risque de l'inquiéter : « J'ai appris que Macy a été mise en quarantaine, au fait... », dis-je en soupirant. « Elle est malade, visiblement. Mais j'suis sûr que c'est 3 fois rien ! Juste une précaution pour éviter qu'elle ne contamine d'autres gens ! », ajouté-je, espérant la rassure. Pas facile, alors qu'j'ai juste l'impression d'en remettre une couche, en mettant involontairement en avant l'fait que la brune soit normalement libre de voir des gens, dont les autres détenus, ce qui est interdit à Clarke... Aujourd'hui, j'raconte que d'la merde, en fait... J'vais p'têtre me taire, ça vaut mieux ! Allez, on s’concentrer sur ma tâche : rendre cette cellule propre. Et surtout, faire en sorte que Clarke ait d’nouveau de la surface libre, sur laquelle dessiner… Car c’est bien l’seul moyen qui lui reste, pour s’évader et s’distraire. Et, dans l’fond, c’est bien là tout c’que j’puisse véritablement lui « offrir ».

code by Silver Lungs
Revenir en haut Aller en bas

[02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inclement Earth :: Place au jeu ... :: L'Arche :: Arcadia-