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flightless birds. (varian)

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Harley Weise
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MessageSujet: flightless birds. (varian) Mar 11 Juil - 23:16

Lieu du rp : À l'extérieur de Missi.
Date du rp : 22 juin 2 482, en après-midi.
Participants : Harley Weise & Varian Standall.
Météo : Journée pluvieuse et plutôt froide.
But du rp : Retrouvailles entre Varian et Harley.
Résumé du rp : Harley et Varian se recroisent par hasard après trois ans grâce à l'arrivée de Nei (la maîtresse de Harley) à Missi. Son amitié avec la maîtresse de Varian force les retrouvailles entre les deux garçons. Les deux amies envoient leurs esclaves leur chercher des oiseaux dans les bois mais ça se solde finalement par un cuisant échec, aussi bien pour la capture de volatiles que pour les retrouvailles, franchement mauvaises.


Harley se redressa brutalement en sentant un liquide brûlant imprégner son t-shirt.
« Debout, y a du taf. » Nei se tenait une main sur la hanche, l'autre tenant une tasse au-dessus de lui. Quand elle n'arrivait pas à terminer l'infusion qu'elle se faisait au petit déjeuner, elle s'en servait comme réveil pour le jeune esclave, estimant sans doute qu'un réveil plus classique n'aurait pas fonctionné avec lui. Nei était sans doute la pire dans la famille. Le père, son véritable propriétaire, se contentait de lui couler quelques regards plein de dédain mais la plupart du temps, il donnait les ordres sans même le regarder. Ce n'était pas dur : Harley n'existait physiquement pour lui que dans deux situations : quand il était en colère et qu'il avait besoin d'une tête de turc, et quand Harley avait mal fait quelque chose. Mais généralement, le garçon s'arrangeait pour faire ses tâches sans attirer l'attention. L'épouse ne lui parlait presque jamais, sauf quand elle requérait sa présence pour des cueillettes ou pour faire des trucs dans son potager. Le plus jeune fils passait ses colères sur lui et Harley avait pour unique mission de ne rien dire et d'attendre. Mais Nei… Nei était vicieuse. « Ton repas. » Une tranche de pain de la veille fut jetée sur la couche en herbe recouverte d'un tissus qui lui servait de lit. Je lui jetai à peine un regard une fois la confusion du réveil passé. En revanche, je me jetai sur la tranche de pain. Du pain, c'était juste ce que j'avais cette semaine, et je commençai sérieusement à avoir la dalle. J'étais trop vif, que disait Nei à son père. Il fallait qu'il me calme. Je hochai docilement la tête quand elle me confia que je ressemblai à un épouvantail. C'était ses piques, c'était habituel, et je préférai les jours où elle était d'humeur taquine que ceux où elle était de mauvais poil.

L'accompagner à Missi. Nei, malgré son âge, n'avait pas l'autorisation de son père d'aller seule au milieu des autres. Son garde du corps, c'était Harley. Il avait pour unique raison de vivre dans ces moments-là que de pouvoir se sacrifier pour sa maîtresse. S'interposer entre elle et le danger, quoi qu'il en coûte. Sans doute qu'il le ferait. De toute façon, il n'agissait plus que par automatisme : ses oreilles guettaient un ordre des maîtres pour y obéir au plus vite. Il était conditionné pour ça : obéir pour avoir la paix. Alors il obéissait sans même réfléchir aux conséquences. « J'ai pas envie que tu sois là, tu gâches le paysage sérieux. Mais t'inquiète, avec une amie, on a trouvé une idée. Elle a un esclave elle aussi et on a bien envie de se trouver un animal de compagnie pour passer le temps. » Nei continua de babiller sur la mignonnitude d'un petit oiseau durant le reste du trajet jusqu'au centre de Missi. Harley ne connaissait pas cette nouvelle ville où ils s'étaient quelques temps auparavant mais Nei s'y sentait comme chez-elle : une partie de sa famille vivait ici et elle s'y était régulièrement rendue par le passé. Elle y avait même quelques ami.e.s. « Tiens, attends là. L'autre te rejoindra. Trouve-moi cet oiseau. » Je m'assis sur le sol et m'appuyai contre un mur, le ventre gargouillant de protestation devant le trop petit déjeuner qu'il avait reçu. La semaine était dure : elle venait de commencer et j'étais déjà épuisé. Quand à cette histoire d'oiseau, je soupçonnais Nei d'avoir inventé un motif débile pour aller faire quelques conneries avec sa copine d'enfance. Je fermai les yeux et serrai mes genoux contre moi, levant le nez vers le faible soleil.

dans le temps...
Le cœur battant, Harley rouvrit les yeux et observa le visage de Varian. C'était… leur premier baiser. Il ne savait pas trop ce qui lui avait pris mais l'instant avait semblé être le bon alors il l'avait embrassé. Maintenant il attendait : une gifle ? Un autre baiser ? Un sourire ? Ou une remarque dégoûtée… C'était en fréquentant Kimi, la petite sœur de Varian, qu'il avait réussi à mettre au clair ses sentiments pour son voisin. Longtemps, il n'avait pas compris la fascination qu'il avait pour lui, son désir constant de l'énerver… juste pour attirer son attention en fait. Car un sale type comme Harley n'avait aucune chance d'intriguer un gars comme Varian. Enfin c'était ce qu'il s'était dit. Il croisa enfin le regard de Varian mais, gêné, le jeune Weise préféra se tourner vers la fenêtre qui donnait dans l'espace infini. Au loin, le petit cercle bleu et vert entrecoupé du blanc des nuages de la Terre.


Dernière édition par Harley Weise le Mer 2 Aoû - 22:30, édité 1 fois
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Mer 12 Juil - 12:27

« Varian ! Debout, debout debout debout debout ! »

La voix d'Aya lui paraissait si lointaine. Et pourtant. Elle était là, juste devant lui déjà habillé, prête pour une expédition à l'autre bout du monde. Du haut de son mètre soixante elle le jaugeait, les bras croisés sur son torse une petite moue agacée sur le visage. Il enfonça son visage dans ce qui lui servait d’oreiller et Aya reprit la parole. Agacé il agita sa main et se leva en grommelant quelques mots dans sa langue natale. Aya s'était assise en face de lui, l'avait pris par les épaules avant de planter son regard froid dans le siens, particulièrement inexpressif à l'heure du réveil.

« J'ai besoin de toi aujourd'hui. »

Pour changer. N'y avait-il pas eu un seul jour depuis qu'il avait mis les pieds sur terre où cette gamine insupportable n'avait-elle pas eu besoin de lui ? Elle ou son père, sa mère ou un de ces... trucs qui lui servaient de frères. Oui, trucs parce que Varian ne les aimait pas, c'était sans doute les pires rejetons du monde. Aya avait au moins pour elle d'être agréable à regarder ce qui n'était pas le cas du reste de sa fratrie. M'enfin bon. Elle lui donna un tape sur le front, sans doute n'avait-il pas réagis assez vite.

« Pour ? Pardon, pour faire quoi ? »
« J'ai une amie qui vient avec son esclave. Faut que tu lui tiennes compagnie. »
« Heu... » Mince, pas de heu qui tenait. Elle allait piquer une crise sinon. « D'accord. »

Tenir compagnie à un autre esclave. C'était... Nouveau ça comme tâche. Et depuis quand il servait à ça ? Normalement il était de corvée cueillette, enseignement des langues ou... Enfin, tout mais pas ça. Il nota que la mère avait déjà du partir chasser, que le père avait emmené le reste de ces mômes quelques part, gambader dans la forêt ou il ne savait quelle connerie.

« Faut que tu manges, parce que si tu tombes comme une mouche, papa va s'énerver. »

Ah, le père. Le gros points positif de cette famille. Si Varian servait toujours de chien-chien il avait au moins plus de respect pour lui qu'au départ. Ou du moins, il le tolérait un peu mieux, assez pour comprendre qu'il ne serait bon à rien s'il ne mangeait pas assez. Bête, mais pas trop, c'était un bon point pour ses sauvages. Et puis avec le temps, il s'y était fait, il pouvait donner sa vie pour Aya ou ses parents. Les autres, c'était à voir. Elle lui avait agrippé la manche (elle n'aimait pas lui toucher les mains, ses brûlures la rebutait) avant de le traîner dehors et de lancer un « en avant ! » en anglais. C'est fou comme elle apprenait vite. À vrai dire, Aya était douée en langue, et ses parents avaient tenus dès le départ à ce qu'elle sache parler la langue de Varian, de manière à ce qu'aucune de ses remarques ne leur échappe. En contrepartie, il avait appris la leur et en trois ans, il avait bien fait du chemin. Ils arrivèrent dans le centre de Missi bien assez rapidement et en moins de deux secondes Aya retrouva son amie. Bon, il était l'autre esclave ? En voyant son amie il était presque déçu qu'il ne s'agisse pas de la maîtresse de Maisie. L'autre Camelotienne et lui s'étaient liés d'amitié et Varian appréciait sa compagnie. La dénommé Nei se tourna vers lui, lui baragouina quelque chose du genre « il t'attend vers là bas » suivit d'un geste un peu vague et tira Aya vers un autre chemin. Bon. Suivant donc le geste de la jeune Nei Varian fit quelques pas à gauche à droite, zyeutant les passants. Les esclaves étaient faciles à reconnaître. Ils étaient tatoués pour commencé et puis ils avaient une attitude tout à fait différente des gens qui vivaient ici depuis des lustres. C'est alors qu'il le vit, assis par terre, les yeux fermés. Ça devait être lui. Il ne voyait que ça. Au et puis au pire, il se trompait. Alors il s'avança, confiant et se planta devant lui, ses mains dans les poches.  

« Je suppose que tu es l'esclave de Nei ? »

Très bonne entrée en matière Varian. Continu ainsi et tu vas te faire un tas d'amis parmi tes semblables. Et ces yeux s'ouvrirent. Et son cœur loupa plusieurs battements. Comment c'était possible ça ? Non c'était... Il devait être en train de rêvait. À travers la poche de son pantalon il se surpris à se pincer plusieurs fois. Non non et non. Pas lui. Pas ici. C'était un cauchemar. Ce visage il le reconnaissait, il pouvait être noyé dans une foule qu'il serait capable de le repérer à des kilomètres à la ronde.

« Voisin ? »

long time ago.
Il venait de l'embrasser. Bon sang, c'était quoi son soucis à lui ? Pourquoi... Pourquoi ? Pourquoi il avait fait ça ? Et pourquoi était-il incapable de dire quoi que se soit maintenant ? Ce n'était pas logique tout ça. Il le détestait. Alors certes, il faisait du commerce avec lui. Mais... Harley... C'était quoi son problème, il voulait le tester ? Un truc du genre ? La vérité était que Varian ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Les idées se bousculaient pourtant au portillons. Lui en coller une bonne dans la figure d'abord, parce que merde, il ne lui avait pas demandé. T'en connais beaucoup qui demande avant d'embrasser les gens toi ? Ou lui hurler dessus qu'il n'était qu'un petit con arrogant qui n'avait pas à faire ce genre de chose. Ou un truc du genre « depuis quand t'aime les mecs toi ? ». Harley avait fuis son regard et lui était toujours là, planté comme un gland sans rien dire, sans rien faire. « Heu... D'accord. » Heu d'accord. HEU D'ACCORD. C'était peut-être la pire répartie de tout l'univers. En fait les mots lui avaient échappé, il ne voyait plus quoi dire ne quoi faire et... c'était ça qui était sortis. Pitoyable. Alors il l'avait pris dans ses bras, tout simplement. « Désolé... » souffla t-il. Il ne savait même pas pourquoi il était désolé. Pour la connerie qu'il venait de sortir peut-être, sa réaction franchement pas terrible ? Sans doute. Il ne s'était jamais excusé auprès de lui, en même temps, en règle générale, c'était plutôt à Harley de le faire. Il resserra un peu leur étreinte et maintenant c'était une multitudes d'autres pensées qui se bousculaient là-haut. Il embrasse bien en fait Harley. Peut-être qu'il va recommencer. J'aimerai bien. Enfin non. Quoi que. si. Pourquoi pas.
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Mer 12 Juil - 23:59

dans le passé.
La porte se referma pour toujours sur Varian. « Aller va-t-en maintenant. » L'idée de foutre son poing dans la gueule du garde traversa l'esprit d'Harley et il serrait déjà les doigts quand son père posa une main apaisante sur son épaule. « Aller fils, on rentre. » Jan Weise connaissait son garçon sur le bout des doigts. Il connaissait son tempérament sanguin, tout feu tout flamme, ses pulsions et son mauvais caractère. Mais il connaissait aussi la loi qui régnait sur l'Arche : celle de la survie d'un peuple aujourd'hui décimé sur sa propre planète. Cela nécessitait des sacrifices humains réguliers et la justice ne faisait pas de cadeau : on pouvait se débarrasser de tous les fauteurs de trouble si ça permettait de gagner un peu de temps et un peu d'ordre dans un endroit si confiné. « Lâche-moi. » Harley se dégagea de la force tranquille de son père pour s'éloigner à grands pas rageurs dans un couloir de la station. Varian… On lui avait pris Varian. Sa vie toute entière depuis la disparition de sa mère avait tourné autour de lui, que ce soit en bien ou en mal, et aujourd'hui qu'il tenait l'épilogue de leur histoire… On le lui arrachait. Juste pour un traître. « Putain ! » Il asséna un grand coup de poing dans le mur le plus proche avant de l'arroser de tous les mots qui lui passaient par la tête. « Sale connard de Varian de... » C'était bête de s'en prendre à Varian mais dans l'absolu, c'était le seul coupable qu'il avait. « Pourquoi tu t'es fait prendre, putain ! » Il sentit une larme lui couler sur la joue. Il allait tuer le responsable.

dans le présent.
Harley était sale, et Harley était habillé d'un vieux t-shirt et d'un pantalon plein de terre troué aux genoux. Faute de croiser un ciseau et un peigne régulièrement, ses cheveux trop longs rebiquaient bizarrement. Il n'avait jamais été très gros mais son régime réduit au strict minimum de ces derniers temps le faisait plus ressembler à un zombi qu'à autre chose. Et puis Harley Weise était à moitié lobotomisé par ses trois ans passés sur Terre à obéir à la moindre requête. Il avait juste rangé sa personnalité, quelque part, pour céder à la servitude. C'était moins fatiguant, de ne plus réfléchir et d'agir tel un robot bien formaté. Sentant une ombre surgir entre lui et le soleil, il ouvrit machinalement les yeux et fixa la silhouette sans mot dire, sans vraiment la voir. Il allait falloir que je travaille en collectivité aujourd'hui. C'était quelque chose que je me répétais mollement chaque fois que Nei ou un autre m'envoyait sur une quelconque mission en compagnie d'un autre esclave. Je n'avais jamais été quelqu'un de très collectif : je travaillais seul et bien, les autres ne me comprenaient pas. Je poussai un soupir et entrepris de trouver l'énergie de me relever – si vite hélas après ma sieste de quelques minutes – pour suivre ce type. Nei voulait que je lui trouve un stupide piaf... « Je suppose que tu es l'esclave de Nei ? » Le garçon leva un pouce sans entrain – un vague réflexe de son ancienne vie sur l'Arche où il se serait exclamé « Yep c'est avec moi que tu vas devoir te traîner toute cette après-midi ! » - et posa un regard blasé sur son camarade dont il ne discernait toujours que les contours. « Voisin ? » Son cœur rata un battement et il sursauta, comme piqué par un décharge électrique. « T'as dis quoi ? » Son ton incisif était revenu au quart de tour et il se sentait bien réveillé. Je devais rêver. J'avais déjà eu des hallucinations avec la fatigue, des vagues réminiscences. Une fois, j'avais échappé à mes maîtres nomades pour courir avec une fille que je croyais être Kimi, noyée dans la foule. Ça n'était pas elle et elle m'avait giflé pour l'avoir ainsi familièrement attrapée par le coude. Une autre fois, j'avais suivi une conversation dans les bois en croyant entendre Varian hurler… mais c'était juste le bruit du ruisseau. Mon imagination me jouait des tours quand je tombais de fatigue, j'avais l'habitude. Harley se leva brusquement, trop brusquement, et sentit la tête lui tourner. Mais il trouva assez de son ancienne brutalité pour pousser l'autre sans ménagement et l'attraper fermement par les poignets. « T'as dis quoi, je t'ai demandé ? » Mais non… Il était là, juste sous mes yeux, mais… Je ne sais pas, je refusais d'y croire, je refusais d'accepter ce que tout mon corps me hurlait. Il était là, devant moi et vivant, et… Il ne savait pas très bien pourquoi il restait autant sur la défensive, prêt à courir ou à s'aplatir sur le sol. En vérité, Harley se sentait juste terriblement mal, là, devant le garçon dont il était amoureux trois ans plus tôt. « Non, je dois… halluciner. Oui, c'est juste ça, je dois halluciner... » Et il se tenait à Varian, lui serrant les poignets à lui faire mal.

dans le passé...
Pourquoi ne disait-il rien ? Préparait-il une bonne gifle des familles ? Ou était-il ému ? Ou vexé ? Ou Varian n'aimait pas les hommes, et encore moins lui, Harley Weise. C'était sans doute l'alternative la plus probable, que Varian ne soit attiré que par la gente féminine. Harley avait lui-même essayé de se convaincre, durant toute son adolescence, qu'il appréciait la vertu et les courbes des corps féminins… sans réel succès. Il avait bien couché avec quelques unes d'entre elle mais il n'éprouvait aucun sentiment, aucun amour. Juste un besoin animal et physique de se reproduire… et encore. Il préférait oublier les mauvaises fois où son corps n'avait pas répondu comme il l'escomptait. « Euh… D'accord. » La colère remplaça la peur instantanément dans le regard du jeune Weise qui inspira profondément. D'accord ? D'accord, je n'étais pas assez bien pour lui, c'était ça ? Moi, Harley Weise, je ne méritais certes pas quelqu'un comme Varian Standall. Même lui devait bien s'en rendre compte… Mais je me sentais vexé, avec l'impression de m'être pris un sacré râteau. Et puis il y avait l'autre émotion. Une forme de grande tristesse je crois. De cœur brisé, mais je ne l'aurai pas admis. Et puis Varian le serra contre lui et il se laissa faire, trop surpris pour même penser à lui rendre le geste ou à se dégager ou… Je peux maintenant, ou on peut oublier cette soirée. C'était mes deux possibilités et j'ai choisi la première en 'embrassant à nouveau, d'un geste tellement tendre que j'avais l'impression d'être quelqu'un d'autre. Harley Weise était capable de tendresse et de gentillesse envers quelqu'un, oui. « C'est un oui ? » Un oui pour sortir avec lui, pour avoir une relation, pour accepter cette soirée.
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Jeu 13 Juil - 12:20

Année 2479.
Varian regarda la porte se refermer. Plus de Kimi, mais aussi, plus d'Harley. Étrangement ce n'était pas à ces parents qu'il pensait à ce moment précis. Mais à eux deux. Dans quelques minutes, ou dans quelques heures ou dans quelques jours, il n'en savait trop rien, il allait rejoindre les étoiles, et pas au termes poétique de la chose. Non non, il allait littéralement flotter dans le vide, s’étouffer dans le vide sans pouvoir y hurler et basta. Fin de Varian Standall. Ah, elle était belle sa mort. Mais ça, il aurait tout le temps d'y repensé au moment d'y être éjecte. Non, là il pensait à sa sœur, seule. Et à Harley. Il l'avait laissé. Il serait l'un de ces plus grands regrets, sans aucun doute. Il ne lui avait jamais dis je t'aime. Jamais. Et en y repensant il avait juste envie de pleurer comme un môme. Et pourtant il avait eu le temps, de le lui dire. Depuis leur dix-huit ans. Mais non. Il s'était toujours dis qu'il le dirais au bon moment, il avait attendu et puis... Voilà. Faute d'attendre, il n'aurait plus jamais le temps de le prendre dans ses bras à nouveau. il avait envie de le lui hurler à travers la porte, encore et encore. « Faut pas pleurer mon gars, il paraît que c'est rapide. » Il jeta un regard plein de venin au garde et essuya la larme qui avait roulé sur sa joue. Il se foutait d'aller dans l'espace. Non il pleurait juste parce que c'était le dernier des cons. « Je t'aime Harley, je t'aime tellement... » murmura t-il.

Aujourd'hui.
Cette voix. Oui, aucun doute c'était bien lui il n'était pas en train de rêver. On disait souvent que la voix était l'une des premières chose que l'on oubliait chez quelqu'un et Varian avait toujours été plutôt de cet avis. La voix d'Harley, il l'avait oublié contre son grès lors de ces premiers mois sur terre. Mais le fait de l'entendre de nouveau avait comme redonné vie à une multitudes de souvenirs jusqu'alors bien enfouis. Il le regarda se lever et ne pu s'empêcher de reculer d'un pas. Quelque chose n'allait pas. Il ne devait pas être ici. Harley devait être là-haut, sur l'Arche, avec sa demi-sœur. Pas sur terre, pas dans cet enfer. Et bon sang qu'était-il arrivé à son voisin toujours pimpant et... Certes la terre avait changé beaucoup d'entre eux mais Varian avait toujours lui-même fermé les yeux sur tout ce qui était arrivé à son corps. Mais le voir comme ça, maigre et blême c'était insupportable. De l'ancien Harley il ne restait plus grand chose au premier regard. Il le repoussa, lui attrapant ses poignets qu'il serra avec force.

« Putain mais lâche moi tu m'fais mal ! Oh ! »

Il le rejeta, se massant les poignets avec prudence. Ses mains avaient toujours été sensibles elle l'avait été encore plus quand elle avait partiellement brûlées et aujourd'hui encore il tentait de les garder plus ou moins en état. Bien que le fait de ne ressentir que partiellement les sensations du toucher le bloquait toujours un peu.

« Non, c'est moi qui rêve. Bordel Harley, tu devais pas être ici tu... Qu'est-ce que tu fou sur terre ? Hein ?! »

Il avait légèrement haussé la vois, mais toujours sonné elle restait tremblotante. Il avait conscience que certains habitants de Missi les regardaient avec curiosité, sans doute parce que deux esclaves qui racontait n'importe quoi dans leur langue natale devait les intriguer. Il ne devait pas rester ici au risque d'attirer un peu trop l'attention sur eux. Et une punition collective était tout sauf ce dont il avait envie en ce moment même. Il avait tout imaginé comme réunion avec lui sauf ça. À vrai dire, Varian c'était imaginer le retrouver après la mort. C'était la chose la plus logique qui aurait du arriver. Mais il fallait croire que le destin était une sacré vache et qu'il se foutait allègrement de leur gueule. Trois ans. Il ne comprenait pas comment une telle chose était possible. Avaient-ils envoyé d'autres gens après eux sur terre ? Et pourquoi diable Harley en faisait-il partis ? Il avait du déconner. Comme toujours.

Long time ago.
Il n'avait aucune idée du jeu auquel il jouait. Varian Standall qui se laissait prendre au piège par son voisin qu'il avait toujours méprisé du regard, qu'il avait haïs une bonne partie de sa vie quand ce dernier avait choisis sa seule et unique petite sœur comme tête de turc. Alors pourquoi ce soir, tout semblait être différent ? Pourquoi l'autre connard lui paraissait être une autre personne ? Si c'était l'effet que procurait un baiser, c'était étrange. Pourtant il en avait déjà embrassé des gens. Et jamais il n'avait ressentit ce genre de chose. Jamais. Et pourtant il décida de lui donner une chance en le prenant dans ses bras. Après tout peut-être qu'il était différent. Peut-être avait-il changé. Peut être que ça pouvait fonctionner. Attend, quoi « ça » ? lui rappela sa conscience. Ça une relation, ça un baiser. Voilà tout. Il était perdu, Harley l'embrassa à nouveau et il le laissa faire encore une fois. Alors il posa LA question. Qu'on lui avait déjà posé de nombreuse fois et qu'il avait évité comme la peste parce que Varian était un gros égoïste qui n'avait d'yeux que pour lui et sa sœur. Les autres c'était du surplus, des gens qui faisaient rouler ses affaires, des nanas jolies mais sans plus, point barre. Et pourtant à ce moment là, il acquiesça en silence. C'était peut-être son cœur où il ne savait trop quelle autre connerie qui avait pris le pas en cet instant, mais il hocha de la tête. « … et t'as pas intérêt à déconner Harley. » C'était une mise en garde. Gentille, mais une mise en garde. Quand il s'attachait à quelqu'un le perdre ou le voir souffrir pouvait le conduire à faire des choses terribles.
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Jeu 13 Juil - 23:00

Il lui faisait mal… Ça faisait longtemps qu'Harley n'avait pas entendu ces mots. Il lui faisait mal. Il ne pouvait pas blesser une hallucination, sauf si elle devenait si complexe que… Mais non. Il n'avait jamais halluciné de façon aussi construite, en touchant à autant de sens à la fois. Et puis il y avait le reste. Le garçon dévisagea littéralement le nouveau venu et tendit une main hésitante pour lui effleurer la joue, juste pour être sûr. Et puis il lui prit une main pour regarder les brûlures qui avaient décimé sa peau, sa si jolie peau. Harley pensait au ralenti, nageant dans le brouillard de l'incompréhension. « Mais tu es mort… Tu es mort il y a longtemps et... » Il tressaillit quand Varian prononça son prénom. L'imagination ne pouvait pas reproduire cette façon particulière, avec l'accent purement archéen qu'il avait oublié après trois années à entendre exclusivement la langue de la Terre. « Sur Terre… Je travaille pour mes maîtres. » J'avais tellement l'habitude de répondre aux questions au premier degré, avec la réponse la plus basique et la plus élémentaire possible. Mais à vrai dire, m'entendre parler Anglais me parut presque bizarre après trois ans à baragouiner dans une langue terrestre déficiente. Même à mes propres oreilles, ma réponse me parut bête et plate, à l'image de ce que j'étais depuis des mois. J'étais resté ardent avec ma première famille, quoi que craintif, puis j'avais retrouvé du poil de la bête avec les nomades. Cette troisième famille m'avait achevé. J'en avais eu marre de résister, d'être puni, d'être maté… Ils avaient eu ce qu'il voulaient en enterrant l'ancien Harley au sang chaud et à la révolte facile. Il avait l'air totalement à l'ouest devant Varian, juste parce qu'il n'arrivait pas à réaliser… Il avait enterré Varian comme il s'était enterré lui-même. Harley avait mis son ancienne vie dans une boîte qu'il avait balancé quelque part au milieu de ses souvenirs. Varian Standall était mort, tout comme Harley Weise. C'était du passé et découvrir son ancien petit-ami comme ça… Son cerveau faisait un blocage. « Je… Mais toi, tu es mort, tu es... »

Harley touchait toujours les mains de Varian avec des gestes doux, occupé à répéter qu'il était mort, qu'il était forcément mort, quand Nei et sa copine surgirent au coin d'une rue. « Hé Harley ! Qu'est-ce que tu fais enfin ! » Elle prononçait son nom comme elle aurait appelé son chien, et Harley tressaillit en lâchant Varian avec un air coupable sur le visage. Il baissa les yeux sans répondre, attendant la punition qui ne tarda pas à venir. Nei se défoula brièvement, laissant le jeune esclave prendre sur lui pour ne pas se protéger, puis croisa les bras. « L'ordre est clair, non ? Trouve-moi un oiseau, et vas-y avec lui. Je ne veux pas te voir en ville, je sais que tu rapporteras tout à papa s'il demande. » C'était vrai, il aurait tout rapporté au maître s'il le lui avait demandé. Et si Nei lui avait demandé de ne rien dire, il aurait fait face à un dilemme et aurait été puni quoi qu'il arrive. « Tu le connais ? » Nei montra Varian du doigt et elle serait sans doute rejoint par sa copine dans la question.

dans le passé.
Il acquiesça et Harley se sentit heureux. Juste et simplement heureux, comme il ne l'était jamais. Il resta un instant silencieux puis leva les yeux au ciel devant la mise en garde de Varian. « Enfin Standall, je ne déconne jamais. Tu me connais, ce genre de chose n'arrive pas avec moi. » C'était de l'ironie mais son habituel ton narquois teinté d'insolence était de retour. L'instant intime était passé mais il resterait gravé comme début de leur relation, sans savoir qu'elle connaissait déjà sa date de fin. Quand à savoir si Harley était sérieux… Je n'étais jamais sérieux à cette époque, tous mes propos étaient à l'image du con que j'étais : à prendre avec des pincettes. Et puis je n'imaginais pas perdre Varian. Nous étions jeunes, nous étions vivants et nous étions sur l'Arche. Plus important, je me pensais intouchable. Qu'aurait-il pu nous arriver, à nous ou à notre relation ?
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Sam 15 Juil - 12:03

Il n'était pas totalement mort. Alors oui, il y avait bien une partie de Varian Standall qui avait fini aux oubliettes il y a de cela deux ans. Une partie de lui qu'il chérissait et qu'il ne retrouverait sans doute plus jamais mais il avait dû s'y faire. La vie sur terre était cruelle, il en subissait les conséquences chaque jour et celui qui ne s'adaptait pas crevait. Point barre. Alors c'était ou rester sois-même, mais ne vivre que très peu de temps, ou se laisser se faire briser, et se donner une seconde chance. Et Varian était trop lâche pour la première option, vivre était bien mieux que mourir en restant sois-même. Il travaillait pour ses maître. Oh, Harley, qu'on t-il fait de toi... Il était clair que le Harley qu'il avait connu sur l'Arche était absent. Ou du moins, profondément endormis. Ce qu'il avait sous les yeux le perturbait grandement. Au fond, s'il était pareil, Varian refusait de le voir. Pour lui il était toujours lui même, juste un peu docile. Mais toujours lui même. Il était incapable de voir qu'il avait réellement changer.

C'est alors qu'Aya et la demoiselle d'Harley refirent surface. Harley sursauta, lui lâcha (enfin) les mains et se tourna vers elle d'un air coupable. Varian resta stoïque dans son coin, tandis qu'Aya, les sourcils froncés et les bras croisés sur le torse, le regardait d'un air... surprise et méchant à la fois. Et alors... Se produisit l’impensable. Harley qui encaissait les coups ce n'était pas... Normal. ce. N'était. Pas. Normal. D'aussi loin qu'il se souvienne il avait toujours été bagarreur, et ce n'était jamais lui qui finissait mal lors d'une baston ; ou du moins, sans que l'autre n'ai pris cher en face. Pourtant Varian ne broncha pas, il le regarda se faire punir d'un air parfaitement absent, totalement perdu dans son flot de pensée. Elle voulait un oiseau. Bon sang. Il avait trouvé plus agaçant que Aya ? Elle lui demanda alors s'il le connaissait et Aya l'imita presque aussitôt, sur le même ton. Il était perdu. Vite, répondre. La vérité.

« Oui, nous habitions dans la même station. Sur l'Arche. »

Elle n'aurait pas plus, pas moins. Le reste restait entre lui et Harley. Il avait répondu sans mentir mais sans tout dévoiler. Chose que Varian avait toujours su faire avec excellence. Au moins ça, il l'avait gardé, même une fois sur terre. Aya n'eut pas l'air totalement satisfaite mais soupira d'un air approbateur avant de lui donner une petite tape sur l'épaule.

« Bon ben va l'aider à chercher cet oiseau. Et trouve en un pour moi t'en que tu y es. Le même que celui que j'aime bien, dans les livres avec les jolies images. »

Le livre avec les images... Si elle parlait de l'encyclopédie que sa mère avait un jour trouvé lors d'un de ces raids, elle pouvait rêver. Parce qu'Aya avait eu un coup de cœur pour les colibris et que les colobris... Il avait beau ne pas être un expert en oiseau, il se doutait très fortement qu'un tel spécimens serait impossible à trouver ici. Pourtant il hocha de la tête, poliment. Aya attrapa Neil par les épaules en souriant.

« Vient Neil, on y va ! » Elle regarda Harley d'un air presque méprisant. « Et toi touche pas à mon esclave, ok ? S'il reviens blessé tu seras punis. »

Allons bon. Aya savait mieux que personne que Varian était sans doute le garçon le plus maladroit du monde. Non, il ne pouvait pas faire ça. Aller se balader dans la forêt, chercher des oiseaux avec Harley c'était... complètement étrange. Chercher des petits oiseaux mignons avec Harley Weise. Quelque chose n'allait pas dans cette phrase.  Jamais il n'aurait cru en arriver là. Et pourtant. Ils étaient tous les deux face au mur, Harley ne semblait plus être lui même, lui était complètement perdu, ses pensées étaient une fois de plus partis ailleurs. Vers le passé.

Long time ago.
« Parce que si quelque chose devait arriver, j'te promets que je ne te le pardonnerai pas. » Oh, s'il savait. Mais Varian ne pouvait se douter de rien à l'époque. Il avait une estime assez haute de lui. Il pensait être plus fort que tout le monde, plus intelligent, plus malin. Comme beaucoup. Comme beaucoup qui finirent dans la même navette que lui en 2479. Mais pour l'heure il était loin, très loin de se douter de tout ce qui allait arriver par la suite. « Bon ben... J'y vais. Mes parents vont s'inquiéter si je rentre pas à l'heure. » Il marqua une petite pause avant de reprendre, baissant d'un ton. « Tu connais mes horaires et ceux de Kimi, si tu veux qu'on se voit, vient quand tu veux. » Il le savait qu'il serait incapable d'assumer quoi que se soit avec lui. Et pourtant. Pourtant il avait dit oui. Il avait rejoins sa sœur quelques minutes après cet échange qui resterait gravé à jamais dans sa mémoire. Sa sœur qui l'attendait comme toujours en souriant, cette fois-ci un épais livres sur les oiseaux dans les bras pour qu'il lui fasse un peu de lecture.
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Dim 16 Juil - 0:01

dans le passé.
Le regard clair du garçon croisa celui plus foncé d'une petite femme aux cheveux bruns. Harley refusa de céder en baissant les yeux et attendit, le droit bien droit, avec une profonde attitude de défi. Il n'était pas de ceux qui se soumettaient, il n'était pas de ceux qui cédaient devant l'adversaire. Non, il était l'adversaire. Il restait droit et il répondait à chaque coup porté, quand ce n'était pas lui qui lançait l'offensive en premier. La femme travaillait avec ceux qui les avaient attrapé, lui et son groupe, dans les bois. Elle lui lança quelques mots inconnus d'une voix posée, l'observant pensivement. Elle n'était pas menaçante et Harley se détendit imperceptiblement pour la première fois depuis des jours. J'étais un sacré con avant mais on pouvait me reconnaître mon courage et ma ténacité. J'étais fort, plein de bravoure et de stupidité. Malgré la navette, malgré la Terre et malgré la perte de Varian, je continuais de me croire intouchable. Je pensais que je n'avais plus rien à perdre alors je jetais ma fierté au visage du premier venu… Mais j'avais encore quelque chose : ma fierté, moi-même, tout mon être.

dans le présent.
Harley garda résolument les yeux au sol, réellement honteux d'avoir été surpris en train de bavarder avec un autre esclave. Il savait que ce serait rapporté : ce soir au dîner, quand il apporterait un quelconque plat à la table de ses maîtres, Nei balancerait un mot à propos de l'incident. Il l'aurait bien supplié de ne rien dire mais ce serait pire… Alors il attendait que passe l'orage. C'était sa meilleure défense, attendre que passe l'orage. Pourtant, pendant qu'elle parlait de son stupide oiseau, les pensées du jeune Weise dérivèrent vers Varian. Ses émotions là tout de suite étaient brouillées par la surprise et par sa peur de Nei. Il avait tellement cru qu'il était mort… « Il est mort, pourtant... » bredouilla-t-il vaguement après que Varian eut donné une explication sur l'origine de leur lien. « Je sais qu'il est mort. » Nei répéta sa question, les yeux brillant d'agacement. Elle détestait quand il radotait. « Je… Du ciel… C'était mon... » Aya le coupa pour s'adresser à Varian et Nei se désintéressa instantanément d'Harley pour reporter toute son attention sur sa copine. « Oui mademoiselle. » fit-il à Aya autant qu'à Nei. « Magne-toi Harley, on doit être à la maison à dix-huit heures, tu dois me ramener. » Les deux filles s'en allèrent, oubliant déjà les esclaves pour se concentrer sur leur journée à venir. Je regardai Nei s'éloigner avec son amie en me rongeant un ongle sale, complètement stressé par tout se qui me tombait dessus d'un seul coup.

dans le passé.
Frissonnant, Harley ramena ses genoux contre lui dans une position qu'il adopterait plus tard à de nombreuses reprises. Voilà un mois qu'il avait posé les pieds sur Terre, et trois semaines qu'il était avec la femme. Azgeda… Il supposait que c'était son nom. C'était juste en réalité les seules syllabes qu'il avait réussi à entendre distinctement. Azgeda donc se consacrait à lui deux fois par jour : tôt le matin, puis tard le soir. Le reste du temps, il avait tout le loisir d'être livré à ses pensées les plus intimes, entravés entre deux autres pauvres types qui ne parlaient pas sa langue. Sa joue le brûlait mais il était bien en peine de savoir pourquoi. Azgeda n'avait pas pris de gants pour l'assommer un peu de temps auparavant et… Voilà. Azgeda a pris le temps de démolir beaucoup de choses : ma fierté dans un premier temps, puis ma confiance en moi… Elle n'a pas réussi à entamer mon esprit de rébellion qui représentait toute ma personne. Malgré ses gros efforts, je continuais à planter mon regard dans le sien et à garder la tête haute, même à plat ventre sur le sol. Et puis j'étais été vendu pour la première fois.

dans le présent.
« On doit être revenus pour dix-sept heures ici. » lança machinalement Harley à Varian dans une utilisation vacillante de la langue de la Terre. Il cachait son trouble derrière des habitudes, des phrases qu'il disait facilement. En vérité, il détaillait Varian du regard discrètement, observant l'ignoble tatouage de leur condition sur sa joue qu'il aimait tant embrasser, contemplant les dégât sur ces mains dont il avait tant aimé les caresses, voyant tout ce qui avait enterré leurs vies depuis si longtemps. « On doit y aller. » Harley s'éloigna d'un pas étonnamment vif pour sortir de Missi. Ils ne trouveraient pas d'oiseau mignon au milieu d'un rassemblement d'Azgeda. « Quels oiseaux aime ta maîtresse ? » C'était stupide de se cacher derrière des automatismes et des phrases froides et plates mais il était tellement perdu… Harley Weise ne trouvait pas ses mots.

dans le passé, sur l'arche.
Harley pinça les lèvres en regardant le sang sur ses doigts puis il appuya sur la sonnette de chez son voisin. À cette heure-là de la journée, Varian était seul chez lui et ils pouvaient en profiter pour se retourner. Mais aujourd'hui… La porte s'ouvrit. « Salut voisin, ne me frappe pas, je me suis encore battu mais c'était en ton nom. Plus ou moins. On insultait ta sœur et j'ai encore pêté un câble, mais promis, personne n'en saura rien et puis j'ai gagné de toute façon. » Il débita son petit speech à toute allure, un grand sourire aux lèvres en priant pour que ça passe. Il promettait chaque semaine de faire un effort, mais son caractère bagarreur reprenait invariablement le dessus et il finissait par cogner – ou être cogné, s'il avait cherché à jouer avec les mots avec son habituelle attitude arrogant et ses mots vifs et acerbes. « Du coup Standall, tu me fais un bisou magique ? » Standall. Étrange façon d'appeler son petit-ami secret mais c'était resté de l'époque où Harley cherchait invariablement à le faire sortir de ses gongs. « Pousse-toi, que je rentre. Faut que j'me lave les mains. T'es tout seul ? » Sa relation secrète avec Varian lui offrait autant de bonheur qu'elle ne lui pesait. Il avait dépassé le stade où il avait honte d'iamer un autre homme. Maintenant, il voulait juste pouvoir se libérer des secrets et être lui-même. Son coming-out… Ce ne serait perçu que comme une énième frasque d'Harley Weise. De toute façon, quitte à se taper une sale réputation… « J'imagine que tu n'as pas causé de tout ça avec tes parents ? » Harley pouvait bien parler, il n'en avait pas touché un mot à son père non plus. En vérité, j'étais vexé non plus qu'il ne veuille pas annoncer qu'il aimait un gars – j'aurais compris sa réserve, même si je l'aurais fait bisquer avec ça – mais qu'il ne veuille pas dire qu'il sortait avec moi. J'imagine que c'était ma personne le problème… Mais sérieusement, sortir avec Varian Standall aussi était craignos. On avait tellement rien à voir l'un avec l'autre tous les deux que c'en devenait franchement bizarre. Je me calai dans un coin de la petite cuisine des Standall en croisant les bras.


Dernière édition par Harley Weise le Dim 16 Juil - 22:51, édité 3 fois
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Dim 16 Juil - 20:00

« Mais putain, ferme la, je suis pas mort... » siffla Varian à voix basse.

Pouvait-il arrêter d'être... comme ça ? D'être qu'une coquille vide ? D'être... Cette personne que Varian ne connaissait pas et qu'il n'avait pas envie de connaître ?

« Tu fais exprès ou... Elles sont partis j'te signal, bordel Harley ! »

Il sentait qu'il n'allait pas tarder à imploser. C'était trop d'un coup. Comment pouvait-il être là, aussi... creux et intitule ? Où était passé Harley ? Le vrai, pas cette chose meurtris et sale qui se tenait devant lui. Varian pose toi. Calme toi, regarde le. Pense à tous les moments que vous... Non, non il n'y arrivait pas. C'était trop dur. C'était facile pour lui, il se mettait des œillères et refusaient de voir à quel point la terre l'avait changé. Avant c'était lui le mec sanguin... Et maintenant ? Varian en avait pris du poil de la bête. Aya l'avait suffisamment frappé pour qu'il se mette à répondre pour son plus grand plaisir. Il savait cogner, elle le lui avait appris et elle avait fait en sorte qu'il deviennent aussi imprévisible qu'elle à ce niveau là. Elle avait facilement compris qu'elle pouvait l'avoir. Et lui c'était laissé avoir. Jamais il ne le verrait, jamais il n'avouerait. Elle l'avait brisé dès les premiers mois profitant de son état de coquille vide shooté à tous les médocs qu'il avait pu avaler avant de partir et basta. Il l'avait pris par les épaules, il l'avait secoué, le visage renfrogné.

« Elle aime les colibris, tu m'expliques comment je vais trouver un colibri ? Je lui ramènerait le premier que je chope, pigé ? »

Ça ne lui ressemblait pas. De parler comme ça. En temps normal il parlait froidement, tout au plus. Mais hausser le ton , il ne le faisait que du temps où il protégeait sa sœur adorée.

Peu de temps après l’atterrissage.
Ils étaient sur terre. Avec une fille qui lui avait tenu la main pendant tout le voyage, Varian peinait à comprendre ce qui leur arrivait. « On... On est pas mort. On est pas mort. Varian ! » Il ne la connaissait pas. Ou du moins, pas depuis plus de vingt quatre heures mais il était heureux de la voir en vie. Lui, le mec qui se fichait bien des autres. Sa main se porte instinctivement à sa poche arrière. Évidement. Plus de médocs. Ils le lui avaient pris avant son décollage. Il était fichu. Il entendait la voix de sa sœur, qui lui disait que cela ne pourrait lui faire que du bien. Mais quand on commençait, on avait du mal à s'en passer. Et il avait commencé. Il avait testé un peu de tout avant de les vendre à ses clients. Discrètement d'abord, puis il ne se cachait plus devant sa sœur ou Harley. Qu'importe. Les pilules qu'il prenaient l'apaisaient et lui faisait un bien fou. Maintenant il n'en avait plus. Et déjà il sentait le stress le prendre d'assaut.

Aujourd'hui.
« Bon. Dis moi tout. Stop, aller tu t'arrêtes voisin et tu me dis ce que tu fou ici. Tu es censé être là-haut bordel... Là-haut ! »

Il pointa le ciel du doigt, tremblant. Il était en colère. En colère de le trouver ici, dans cet état. Harley tout comme sa sœur était censé avoir une vie génial. Pas comme lui. Ils étaient censés vivre en sécurité dans l'espace. Et à le voir comme ça... Il n'osait pas imaginer ce qu'on lui avait fait subir pour qu'il devienne ainsi. Il ne ressemblait plus à son voisin. Le connard de base qu'il avait haïs une bonne partie de sa vie. Si Aya avait pris son pied pour l'éduquer, il n'osait pas imaginer Neil. Il avait du répondre plus d'une fois. Il n'avait jamais été du genre à courber l'échine.

Long time ago.
On frappa à la porte de leur cabine et Varian leva les yeux du magasine qu'il était en train de lire. Nul doute qu'il s'agissait de son voisin à cette heure-ci. Ses parents bossaient et quant à Kimi, il avait réussis à lui faire prendre l'air. Enfin, prendre l'air était un grand mot quand on vivait dans un station spatiale. Il ouvrit la porte pour voir Harley, les mains tâchés de sang et un air qu'il connaissait sur le bout des doigts. Il lui débita son excuse à la va vite et il leva les yeux en l'air. Mais oui. Cause toujours. Voilà quelque chose qu'il ne changerait jamais, même pour tout l'or du monde. Mais qu'il le fasse pour Kimi c'était différent, disons qu'il savait apprécier le geste. « Tu rêves, tu te nettoie et après on voit pour ton bisou... » marmonna t-il. « Et oui je suis seul et je – Harley rentra sans ménagement - je t'en prie, fais comme chez toi... » Il referma la porte et lui suivis jusque dans la cuisine où il se lava les mains. Il ne lui fallu pas longtemps pour mettre les pieds dans le plat et Varian détourna le regard une fraction de seconde. En parler. De lui. À ses parents. Drôle d'idée. Totalement saugrenue et qui ne lui passait même pas à l'esprit. « Et toi, à ton père ? » Et toc. Répond y mon gars et on causera après, pensa t-il. Un sourire malicieux s'étira sur son visage. Il se foutait de sortir avec un mec, le soucis, c'était lui. Hors de question de s'en prendre plein la figure parce qu'il sortait avec un fauteur de trouble. Et que dirait sa sœur... Même si elle s'évertuait à lui dire qu'elle lui avait pardonné... Il avait posé  les mains sur ses hanches et l'avait attiré à lui sans prévenir. « Du coup tu le veux ton bisou magique ou on perd notre temps à parler d'un truc que ni toi et moi n'assumons ? » Il était cash Varian, toujours. Ça plaisait peut-être à Harley, ça déplaisait peut-être à d'autre, mais on n'avait pas l'un sans l'autre.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Dim 16 Juil - 22:05

Harley tressaillit imperceptiblement devant le ton venimeux de Varian et regarda ailleurs en accélérant le pas, mal à l'aise. Il s'était habitué à la mauvaise humeur permanente de Nei à son égard – mauvaise humeur factice, quoi que réellement accompagnée de violence – mais celle des autres le touchait toujours en plein cœur. La Terre l'avait rendu craintif et soumis, sans cesse à guetter le prochain coup, la prochaine brimade. Il avait été le rebelle, à l'image du garçon qu'il était avant. Il avait essayé d'user de sa répartie et de son ton cinglant, de sa ténacité et de sa violence intérieure. Il avait essayé de rester lui-même devant les maîtres successifs… Ça n'avait pas été la bonne technique et si Harley tenait avant à son honneur et sa fierté, il tenait encore plus à la vie. Se mettre sur off était plus simple pour être sûr de voir un autre lendemain. On ne gardait pas un esclave trop rétif et dangereux pour la maisonnée, du moins pas sans s'assurer de pouvoir le mater un autre jour. Par habitude, il porta une main à sa nuque.

dans le passé.
« Nettoie ici, c'est dégueulasse. » Azgeda poursuivit sur sa lancée d'instructions pour en débiter plus d'une dizaine, sans même lui jeter un coup d'oeil. « Aller, bouge tes fesses. » « Non. » Quoi qu'à genoux dans un coin de la pièce, Harley releva le menton, une lueur de défi dans le regard. Ce n'était pas la première fois qu'il répondait, mais c'était la première où il pouvait le faire en étant compris. « Harley ? » Il n'avait jamais rencontré quiconque capable de mettre autant de mises en garde et de menace dans un seul mot. « J'ai dit va te faire foutre, je ne laverai pas ta putain de grotte. » Il ponctua sa phrase d'un geste grossier universel. Azgeda sortit… et revint presque aussitôt, le tisonnier du salon à la main.

dans le présent.
Plus de deux ans après, il gardait une peur vive de tout ce qui pouvait brûler. Ses doigts effleurèrent les traces laissées par le tisonnier chauffé à blanc sur sa nuque et son dos… mais Varian interrompit sa petite réflexion en l'attrapant par les épaules pour le secouer. « Lâche-moi… Lâche-moi, lâche-moi ! » Le jeune Weise repoussa brusquement son camarade et s'éloigna de quelques mètres, le cœur battant. « Me touche pas... » Sa voix se cassa sur le dernier mot mais il avait au moins quitté l'espèce de carapace d'insensibilité qu'il s'était hâté de bâtir après le passage de Nei et Aya. Il serra les bras contre lui, comme s'il avait froid. Il ne voulait pas que Varian le touche, et encore moins se souvenir de leur Avant, quand tout allait bien, quand ils n'étaient pas encore tombés en Enfer. Il ne voulait pas avoir à s'inquiéter pour quelqu'un ou à se poser des questions. C'était beaucoup plus facile de fermer les yeux et d'arrêter de penser pour juste attendre les lendemains, dormir dans le froid et espérer avoir un petit déjuner correct s'il travaillait dur et bien. Il s'en fichait d'être traiter comme un animal… il était seul et ignoré de tous. C'était bien comme ça, il pouvait le supporter. Mais avec Varian devant lui, ça l'obligeait à se questionner, à ressentir, à imaginer… il ne voulait pas. « Si elle veut un colibri, tu dois lui en rapporter un. » La phrase toute entière était stupide – et il le savait, car Harley était à l'origine loin d'être stupide – mais il voulait sortir de ce guêpier. « Tu n'as qu'à en voler un dans ces espèces de marchés qui s'organisent dans les villes. Il y a parfois des animaux rares. » Tant qu'il causait de colibri, il pouvait continuer de faire semblant. Quitte à proposer des ides suicidaires. Quand à Nei, elle voulait juste que son stupide piaf soit mignon… Tous les oiseaux étaient mignons. Je me perdis une fois de plus dans des rêveries sur les oiseaux, quittant brièvement le monde réel pour songr à quel piaf je pouvais aisément trouver dans le coin et comment je ferai pour l'attraper. Imaginer, c'était devenu mon passe-temps, mon unique chez-moi, tant et si bien que mon cerveau ne me demandait plus la permission avant de m'emmener voyager. Avant, j'imaginais mon ancienne vie, maintenant j'imaginais n'importe quoi pourvu que ça me permette de m'échapper.

dans le passé.
Harley venait de passer une année entière en compagnie d'une troupe de saltimbanques. Il avait d'abord fait ce qu'il savait faire le mieux – se taire, baisser les yeux, servir – puis petit à petit, il s'était libéré. Les saltimbanques étaient sévères mais justes et il s'était trouvé une nouvelle place. Tant qu'il faisait correctement ce qu'on lui demandait, il était bien traité et il lui arrivait de pouvoir parler librement. De parler d'avant. Costia était curieuse et c'était bien de pouvoir échanger avec elle. Elle était la seule à s'être posée des questions sur sa vie d'avant. « Harley ! » Planté au milieu de la cuisine, Harley regarda sa nouvelle maîtresse débarquer et il sut instantanément qu'elle ne serait pas une autre Costia, ni même comme les saltimbanques. « Alors c'est toi, notre nouvel esclave ? » Nei le dévisagea avec une moue pensive en croisant les bras. « Ouais, t'as meilleure tronche que l'ancienne, elle était moche et nulle mais Papa l'a vendu à des voisins. Bon, brosse-moi les cheveux. » Harley plissa les yeux et pinça les lèvres. J'étais à nouveau vivant en arrivant dans cette nouvelle famille. Le vendeur n'avait pas menti en disant que j'étais d'une nature peu commode et prompt à la rébellion. Mais Nei était douée pour obtenir ce qu'elle voulait.

dans le présent.
Mais Varian ne comptait visiblement pas le laisser d'échapper. Il tressaillit à nouveau quand son ancien petit-ami pointa le ciel du doigt, en colère. Harley plaqua les mains sur ses oreilles. « A-arrête de crier ! J'arrive pas à... » À quoi ? À être assez tranquille pour se permettre une réponse ? Assez concentré pour trouver cette réponse ? Sa phrase n'avait juste pas le moindre sens. « Arrête d'être en colère... » Voir Varian en colère n'avait rien de nouveau mais il ne voulait pas y penser, il n'arrivait pas à être celui que son ancien voisin voulait. Il ne voulait pas l'être, d'ailleurs. « Allons juste chercher les oiseaux et... » Même pour moi, ce volte-face maladroit était débile. Harley esquissa quelques pas avant de se retourner brusquement vers Varian. « À cause de toi, c'est à cause de toi… Je me suis énervé et... » Je ne pensais pas ce « à cause de toi » mais je voulais tellement que tu me laisses tranquille, que tu arrêtes d'être là, devant moi, alors qu'il m'avait fallu tant de temps pour t'accepter mort… Te voir vivant, c'était me dire que j'avais fait mon deuil pour rien, que j'avais laissé tomber tout ce que j'aimais juste parce que dans ma tête, tu n'étais plus là. Je n'avais plus ma mère, je n'avais plus Varian, je n'avais plus Kimi, je n'avais plus mon père… J'avais juste ma petite personne insupportable et Dieu seul sait combien ce n'était pas réjouissant.

dans le passé.
Harley pinça de nouveau les lèvres devant la répartie de Varian et prit son temps pour trouver un torchon avec lequel s'essuyer les mains. Il contempla ses phalanges abîmées en se disant que ça lui vaudrait de nouvelles remarques désobligeantes mais tant pis. Il avait l'habitude et les gens aussi donc ce n'était plus que des paroles en l'air, parce que chacun se croyait obligeait de devoir y aller de son petit commentaire. « Pour que je puisse en causer au paternel, encore faudrait-il qu'il soit parfois à la maison. » Harley était un peu injuste avec son père mais ils n'étaient pas spécialement proches. Ils s'aimaient bien sûr, mais sans proximité et sans grande intimité. « Tu n'as pas la même relation avec tes parents, mais j'imagine que je reste ici le petit con d'à côté, hein ? » Il se frotta les mains et accepta la pirouette de Varian pour changer de sujet. « Mais ouais Standall, j'attends toujours mon bisou alors magne-toi. Et puis d'abord, j'assume. » Bon d'accord, je n'assumais pas complètement… Mais j'étais heureux d'avoir fait le premier pas et qu'il ait répondu oui, qu'on soit ensemble. La relation n'était pas exactement comme je l'avais rêvé… mais il y avait un certain équilibre dans le couple. Je quittai mon rebord d'évier pour répondre à la pression de Varian sur ses hanches. Il l'embrassa en fermant les yeux, profitant simplement de la sensation de le savoir à lui.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Dim 16 Juil - 23:18

Il y a deux ans.
« Regarde, juste là... » Varian plissa les yeux. Ce qu'il voyait, c'était une carrière vide. Il avait du mal à voir ce qu'Aya voulait lui montrer mais il faisait mine de s'y intéresser quand même. « C'est là que je me suis blessée. Depuis j'ai plus jamais participé à une seule partie de chasse. » Tout ça... Pour ça ? Il lui lança un regard compatissant tout en sachant que c'était ce qu'elle recherchait, au fond. Et maintenant ? Ils allaient rester tapis encore longtemps derrières les feuillages ? « Mes parents veulent te former pour la chasse. Mais je veux pas. » Oui... Et ? Qu'attendait-elle de lui ? Qu'il leur tienne tête ? Si c'était pour finir brûlé ou quelque chose d'autre... Non merci. « Je ferais en sorte qu'ils ne le fassent pas. Ils cèdent à beaucoup de mes caprices. » Il était mal barré. Il était pour elle, il l'avait bien compris. Son chien-chien. Elle lui tapota son tatouage sur la joue en souriant. « Et si tu restes toujours de mon côté, je serais toujours du tiens. Je le jure. » Elle mentait. Enfin, c'était sa vision des choses. Aya disait qu'elle avait un honneur, mais il n'y croyait pas. Quelle genre de personne avec un honneur se plaisait à en rendre d'autre esclave ?

Aujourd'hui.
Il le regarda avec des yeux ronds. Avait-il bien entendu ce qu'il venait de lui dire ? Voler des espèces au marché ? Mais avait-il perdu la tête ? Bon, ça oui, il avait perdu la boule. Mais était-il stupide à ce point ? Il serait puni s'il se faisait prendre. Et bien pire une fois rentré chez lui. Il murmura un « t'es complètement con mon pauvre... » et n'ajouta rien de plus sur le sujet. Il lui sortait par les yeux. Et il s'emporta, lui demanda d'arrêter de hurler, d'être en colère et cela ne fit qu’envenimer les choses.

« A cause moi ? Bordel. C'est à cause de moi si tu n'as pas su pour une fois dans ta putain de vie retenir tes coups ? Ça te suffisait pas de me voir me faire exécuter ? Il fallait que tu... Que tu veuille me venger ? Bordel Harley. Et ma sœur, ma sœur comptait sur toi. À cause de toi, elle doit souffrir. Plus que jamais. T'étais comme un frère pour elle, tu piges ? Comme un putain de frère. »

Il avait haussé le ton cette fois-ci, fini les paroles à voix basse. Il ne se souvenait pas un jour de s'être emporté violemment contre lui. Il y avait eu des disputes, mais sans plus. Jamais la colère n'avait ainsi déformé son visage mais plus que tout, le regret.

« Mais ça c'est... D'accord. Admettons... »

Il repartait dans ses divagations. Varian réfléchissait. À toute allure. Au fond, peut être que Harley l'avait cherché. Mais ce n'était pas sa faute à lui. Non. S'il avait été envoyé dans l'espace, c'était à cause de cette femme, cette traître. Celle dont il voulait voir la tête au bout d’une pique. Et il était prêt à le la lui couper lui même.

« C'est Eliza. C'est elle qui m'a envoyé ici. S'il y en a une que tu dois blâmer, c'est elle. Pas moi. »

Rejeter la faute sur les autres était tellement facile. Et cette technique n'était pas propre à une sorte d'homme. Tout le monde l'avait déjà fais, pour sauver sa peau ou celle d'un être cher. Varian pouvait le faire sans remord, sans craindre ce qui allait arriver. C'était ça que d'être égoïste. Il lui tourna le dos, feintant de chercher des oiseaux. Le premiers qui lui passait sous le nez finirait dans un panier pour Aya.

Long time ago.
La relation avec ses parents avait toujours été étrange. Il les aimait, certes. Mais pas autant que sa sœur. Kimi était la prunelle de ses yeux. Il le savait, dans le pire des scénario, elle passerait avant le reste de sa famille. Et pourtant, ils n'avaient aucun lien de sang. Il respectait sa mère, et il respectait son beau père. Il y avait toujours eu une entente cordiale au sein du foyer. Mais Varian était secret et distant de nature. Pas le genre de garçon à venir raconter ses peines de cœur, ses histoire sentimentales à ses parents. Kimi se contentait de les deviner (quoi que, elle n'en savait encore trop rien pour lui et Harley), ses parents les ignoraient tout bêtement. « T'assumes pas du tout. Mais j'm'en fou. » Il lui passa une main dans les cheveux, en bataille et esquissa un sourire. « Tu voudrais pas couper tout ça... Genre un peu plus court ? » Et avant d'entendre ses protestations il déposa ses ses lèvres sur les siennes. C'est vrai qu'un poil plus court il serait nettement plus mignon. Bon, ta gueule Varian, les cheveux on s'en fou. Il adorait ses moments. Ceux où il se perdait complètement en le prenant dans ses bras, en le serrant contre lui. Ceux où il sentait son souffle tout près de son visage, où son regard se perdait dans le sien. Ceux où son corps entier semblait se consumer alors qu'il n'était qu' deux petits centimètres de son visage. Jamais il n'aurait cru la chose possible au départ. Il s'y était habitué, jusqu' en redemander de plus en plus souvent. Il adorait tout ça. Et il se fichait pas mal de vivre tout ça complètement planqué.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Mar 18 Juil - 21:39

dans le passé.
Harley se roula en boule et ferma les yeux en serrant les dents, essayant de retenir le gémissement qu'il sentait grandir en lui. La sangle en cuir lui cingla la joue avec violence et il se cacha encore un peu plus pour ne plus offrir que son dos et ses bras à la morsure de la ceinture. « Tu as encore envie de répondre, garçon du ciel ? Tu trouves encore l'envie de dire non ? » Il lui fallut tout son courage pour jeter un regard assassin à Azgeda, sans toute fois réussir à trouver l'audace de lui répondre. Rien que le regard lui valut la suite de la correction. J'étais un habitué des bagarres et de la violence. Ma mère elle-même avait été un bon maître dans ce domaine avant que je ne mesure par moi-même au genre humain. Mais j'étais le vainqueur, celui qui dominait, celui qui gagnait. J'avais connu des défaites bien sûr mais sans grande envergure… De l'inconscience, deux doigts cassés, une cicatrice dans le cou… Juste des symboles de quelques batailles perdues parmi des dizaines et des dizaines de victoires. On n'aimait pas Harley Weise mais on ne le cherchait pas parmi les gens de sa génération. Mais sur Terre, je n'étais plus personne. Le gamin insolent et violent de la section médicale, fils d'infirmiers, n'était rien ici bas. Pourtant je continuais à lever inlassablement les yeux juste parce que j'étais fait comme ça et que j'avais un putain d'ego qui finirait par me faire tuer un jour ou l'autre.

dans le présent.
Est-ce qu'Harley était stupide ? À l'origine non, ce n'était qu'un gamin qui employait bien mal son intelligence. Il s'était déjà pris des réflexions de la sorte sur l'Arche. On lui avait déjà dit qu'il était con, qu'il avait deux de QI et ce genre d'amabilités. Mai non, il était dans la moyenne, la moyenne haute sans doute, mais il n'avait pas la capacité de réfléchir avant d'agir. Il se laissait porter par ses émotions et ses pulsions pour ensuite s’efforcer de ne pas trop penser à ce qu'il avait fait. Maintenant qu'il s'était petit à petit détaché de la réalité, il ne restait que le froid raisonnement : un maître voulait quelque chose d'introuvable à l'état sauvage dans la région mais trouvable au marché à condition de le voler… Il fallait l'obtenir quoi qu'il arrive donc le voler. La punition en soit… Harley passa outre l'insulte de Varian par un léger battement de cils mais répondit d'une voix qui aurait pu se rapprocher grandement du véritable Harley, si ce n'était le contenu de ses paroles. « Elle veut cet oiseau. Si tu ne le lui rapportes pas, tu seras puni. Si tu le voles, tu seras punis. Quoi qu'il arrive, tu seras puni. Autant prendre l'option où la maîtresse ne t'en tiendra pas rigueur. » C'était la plus longue phrase qu'il ait eu fait depuis longtemps et même lui s'en sentit tout étrange. Personnellement je calculai tout : les nombres de coups, la probabilité de Nei reste vexée, l'idée d'un petit déjeuner envolé le lendemain, la punition en cas de vol… Ce n'était que des additions et je savais ensuite quelle option prendre. J'étais peut-être un con aux yeux de Varian mais j'étais le roi du calcul sur l'échelle de la violence et de la privation. La faim donnait de drôles de réflexions.

dans le passé.
Il voulait hurler, crier sa peine, se maudire ou maudire quelque chose. Il voulait tout détruire, se laisser emporter par ce cocon de violence qu'il connaissait si bien. Il voulait sentir la rage lui enflammer les veines pour ne plus laisser de place à la réflexion, juste les poings, les coudes, les morsures… La démence à l'état pur. Il voulait tuer cette femme après l'avoir laissée longuement souffrir. Il voulait embrasser Varian et lui faire l'amour, lui dire « je t'aime » pour la première et la dernière fois. Il voulait enlacer Kimi et lui dire de ne pas s'inquiéter, que tout irait bien et qu'il veillerait sur elle. Il voulait remercier son père pour avoir pris tant bien que mal soin de lui durant toutes ces années. Il voulait câliner sa mère et lui dire une dernière fois combien elle comptait pour lui. Pourtant, il resta les yeux fermés, le front sur le sol et le dos en sueur et en sang. Azgeda déposa une assiette devant lui sur le sol et lui effleura la joue d'un geste tendre. « C'est bien mon petit Harley, tu commences à comprendre où est ta place. Bon appétit. » Elle ferma la porte et il se jeta sur la nourriture malgré la honte qu'il ressentait partout en lui. Les jours se sont succédés et j'étais obsédé par l'idée de manger et de ne plus avoir mal. J'ai tout laissé tomber, j'ai tout enterré juste pour cette assiette providentielle et les caresses d'Azgeda. J'ai dit au revoir à Harley parce que j'avais faim et froid.

dans le présent.
Harley regarda à droite et à gauche avec l'idée dérisoire et futile de s'enfuir. Mais ils étaient en bordure de Missi, au milieu d'arbres qu'il ne connaissait pas et les ordres étaient clairs : trouver les oiseaux en compagnie de Varian. Tourmenté par ce besoin viscéral d'obéir, il ne pouvait décemment pas partir en courant, pas pour ensuite devoir affronter le regard de Nei. Alors il resta planté sur place à fuir le regard de son ancien petit ami, assailli par de violences vagues d'angoisse, acculé dans une conversation qu'il avait souvent imaginé des années auparavant mais qui n'avait aujourd'hui plus le moindre sens pour lui. Harley était cassé, son cerveau rendu étrange par les années ici bas. Il se tritura les doigts dans un signe évident de détresse, le même qu'il avait lors que Nei l'accablait de reproches ou de questions – et c'était bien triste qu'il réagisse de la même faon devant sa maîtresse et devant Varian. Il voulait courir, sauver sa vie une fois de plus. Les allusions à Kimi le touchèrent brutalement et il regarda ses pieds. « E-et toi tu… T'étais... » Il chercha le bon mot en Anglais. « Je… J'étais amoureux de toi. » L'emploi du passé n'était pas volontaire, juste symbolique de sa condition : il était dévoué corps et âme à Nei, et seule elle et ses parents se trouvaient au centre de sa vie. Il n'avait pas droit aux sentiments personnels, juste aux émotions fortes et négatives qu'ils pouvaient provoquer. Je ne rêvais plus que de capturer ces stupides piafs, bouger, agir mécaniquement, avec uniquement des actions méthodiques : traquer, capturer, ramener. Mais Varian semblait tout entier dans cette conversation d'un autre temps.

dans le passé.
Deux jours qu'ils étaient sur Terre, arrivés ici sans qu'Harley se souvienne bien de son entrée dans la navette. Il se rappelait avoir cogné comme jamais auparavant il avait cogné. Il avait déjà frappé des adversaires avec une violence incroyable mais jamais sans perdre à ce point le contrôle de lui-même. Harley n'avait plus vraiment été là devant ce type qu'il imaginait coupable. Après, tout était tellement flou… « Comment t'es arrivé là ? » Le garçon posa son regard clair sur la fille qui lui avait sauvé la vie. Rachel était une chouette et belle personne, même s'il peinait à se souvenir de son prénom. Le garde sur l'Arche l'avait mal frappé ou quelque chose comme ça car ses réflexions étaient embrumées depuis. « J'ai essayé de tuer quelqu'un. Et j'ai dealer. Et je vendais d'autres trucs sur le marché noir de l'Arche aussi. Sans parler de tous ceux que j'ai cogné. » « Oh waouh, sacré bad boy. » Il haussa les épaules et ses pensées dérivèrent vers Varian. Encore. À qui il n'avait jamais dit « je t'aime »… Mais c'était trop tard aujourd'hui. Bad boy… Le terme était bien faible. J'étais surtout un bel idiot doublé d'un connard. Je démolissais sans me poser de question pour ensuite courir derrière les relations improbables. Je savais être gentil, mon amitié très forte avec Kimi l'avait prouvé, mais… J'avais honte d'être moi, une fois de plus. J'effleurai le gros bleu sur ma joue laissé par la confrontation avec le garde et grimaçait. Il avait viré à un jaune peu sympathique depuis le temps, comme tous les autres laissés par la bataille. En y réfléchissant, je n'étais plus si certain que ce type soit le bon coupable.

dans le présent.
Il fallut un long moment de silence pour qu'Harley replace tous les mots de la phrase de Varian dans son esprit et qu'il leur donne un sens. Il chassa toutes les significations absurdes, qu'il retrouve l'identité de la Eliza en question… « Eliza. » Pour la première fois dans la conversation, il n'avait plus l'air ni absent ni terrorisé. Juste pensif. « Ah oui, Eliza. J'ai couché avec elle. » Plusieurs secondes s'écoulaient entre chaque phrase mais au moins, il avait enfin les pieds sur terre. « Quand j'essayais de savoir si j'étais vraiment PD ou pas. » Il disait comme ça, avec toujours autant de détachement, mais les mots étaient plus sûrs et il ne bégaya pas cette fois-ci. Dans son cœur et son regard venait de s'allumer la flamme froide de la colère, plus calme que celle ardente de la rage, mais infiniment plus dangereuse. Harley était un violent dans l'âme, un sanguin, le type qui cognait puis qui passait à autre chose. Parfois, c'était autre chose, de la colère pure doublée d'un rêve de vengeance. Dans ces rares cas, il se servait enfin de son cerveau et c'était cent fois plus pervers. J'avais en moi ce qu'il fallait pour faire un bon assassin, mais uniquement quand les émotions ne prenaient pas le dessus sur le reste. J'avais fait taire tout ce qui m'aurait autrefois embrasé, laissant naître un nouveau type de Harley. Un Harley à moitié débile peut-être, mais un Harley bien plus pervers et vicieux, un Harley calculateur et patient, un Harley mort-vivant qui avait tout son temps devant lui.

dans le passé.
Harley repoussa la main de Varian dans un geste faussement agacé. « Un peu plus court ? Ça va pas oui, tu veux détruire tout mon charisme ou quoi ? » Mais il s'en foutait de ses cheveux soigneusement coiffés, au poil prés, surtout ce soir. « Mais ne perdons pas de temps à causer coiffure Standall, tu veux ? » Non, il voulait profiter de ce moment bien réel avant de retomber dans la foule de faux-semblants et de mensonges qui rythmaient ses journées. Il voulait son heure intense qui faisait battre son cœur et qui le faisait se sentir vivant. Si j'avais su à cette époque de quoi le futur serait fait… Si j'avais su qu'il me serait pris assez longtemps pour que je l'enterre pour ensuite le jeter sous mes yeux complètement ahuris… Si j'avais su à quel point je… Non, à quel point nous pouvions devenir quelqu'un d'autre… Combien je regrette ce temps si imparfait, moi, petit Harley enfoui bien loin quelque part dans un esprit effrayé et prisonnier. Varian, je te veux, je te voudrais toujours.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Mar 18 Juil - 22:47

Il y a un an.
« Varian, qu'est-ce que tu fais là ? » Très bonne question. Il fallait qu'il arrête de la regarder avec des yeux de merlans fris. Aya le regardait avec consternation et il se sentit soudain très con. Oui, c'était quoi son soucis au juste ? Il lui tandis sa machette et elle donna un coup dans le bout de viande sous ses yeux. Gloups. Il n'aurait pas aimé être ce pauvre lapin. Et à voir comment elle s'acharnait dessus il se doutait qu'il l'avait mise en pétard. « Je m'excuse pour le regard. » « Pas que le regard Varian. Plus jamais Varian. Plus jamais ou je t'arrache moi même les yeux et la langue. » Il baissa la tête sans se rendre compte qu'il piquait un fard. Tu ne peux pas apprécier cette fille abrutit… Elle t'a martyrisé, tu as oublié ce qu'elle t'a fait ? Tu as oublié ? « Donne moi les herbes. » Il le lui tendit prenant garde à ne pas la frôler au passage. Oui, il ne pouvait pas l'aimer. Que faisait-il de celui qu'il avait laissé là haut ? Je ne le verrais plus jamais… plus jamais. « Et les baies aussi. » Bordel Varian ! C'est juste que t'es un mec. Un putain de mec avec des putains d'envies de mecs. Ne la regarde plus comme ça. Ne la désire plus. C'est une sauvage complètement folle. « Oh, tu m'écoutes ? donne moi ces baies ! » « Oui, pardon. »

Aujourd'hui.
La réponse d'Harley l'agaça encore plus. Il était si soumis que ça à ses nouveaux maîtres ? Tu peux parles, tu te jetterais dans les flammes pour ta nouvelle famille… Il chassa la petite voix qu'il haïssait tant de sa tête et le fusilla du regard. Comment une telle chose était possible ? Être aussi différent ? Et toi Varian, tu n'es pas différent ? Tu frappais les gens sur l'arche ? Tu étais aussi impulsif sur l'Arche ? Non. Il lui fit un geste obscène de la main avant de reprendre sa route. Il était exaspérant. Et d'un autre côté il ne savait pas comment réagir.  Des scènes de retrouvailles avec lui il en avait imaginé lors de ces premiers mois sur terre. Des centaines de milliers. Dans un élan de rêverie, il avait espéré le toucher une fois encore.  Il se souvenait des films que Kimi regardait pour tuer le temps dans sa cabine. Des films cul-cul la praloche il en avait bouffé. Et à chaque fois avec de splendides scènes de retrouvailles. Dans le genre émouvantes, qui donnaient envie de verser une petite larme. Mais leur retrouvailles n'avaient rien d'émouvants. Elles faisaient de la peine. Varian avait juste envie d'oublier tout ça. Le fait de ne pas savoir comment réagir, que dire, quoi faire était pire que tout. Enfin il lâcha quelques mots dans leur langue.

« Tu m'aimais ? »

Putain mais t'es con ? Rappelle moi la durée de votre relation déjà ? Tu crois que c'était pour le fun pauvre débile ? Il avait envie de se foutre des claques. Il se pinça les lèvres, réprima un rire nerveux. Pourquoi ne lui avait-il jamais dis alors ? Une fois de plus, il était mal placé pour critiquer ces choix. Mais merde Harley, je me souviens, tu avais fais les premiers pas. Tu aurais pu me le dire. Et peut-être que cela aurait… Non. Cela n'aurait empêché rien du tout. On ne refaisait pas le monde avec des « si ». Étais. Il a dis « étais ». Là non plus il ne savait pas : devait-il être vexé, se sentir mal, blessé ou soulagé ? Quelque part dans un autre univers, une autre réalité un autre Varian lui hurlait de se bouger sérieusement. D'arrêter d'être l'être trop plat qu'il était. De réagir. Rapidement. Avant que… Eliza. Pardon ? Attend, il a fait quoi ?! La Eliza ? Sa Eliza ? Enfin, sa Eliza dans le sens où il avait placé une cible sur sa putain de tête ?

« Tu as quoi ? »

Varian, t'as pas le droit de juger. C'est injuste. Tu t'es tapé des filles aussi. C'était pas sensas mais tu l'as fais. Mais pas elle. Et il lui sortait ça comme ça. Il l'avait attrapé par le col, et répéta sa phrase encore et encore. Oh, mais il semblait être de retour le Harley. Tout de suite quand ça parlait de sauterie...

« Eliza ? Hein, cette Eliza ? Cette… cette… Non. Mais dite moi que je rêve. Pas cette pétasse. Pas cette pétasse qui se prend pour dieu sait quoi. Pas elle. N'importe quel paire de loche mais pas les siens ! »

Calme toi. Calme toi. Il avait beau se répéter ces mots en boucle il avait envie de lui coller son poing dans la figure. Ce visage qu'il aimait tant embrasser autrefois.

« Bah je vois qu'elle a bien fais le taff ta pute. T'étais rassuré de savoir que tu préférais les poitrines plates et tout ce qui va avec ? … Putain. Tu... »

Il avait arrêté de le secouer et le relâcha avant de commettre l'erreur de trop. Il s'était déjà beaucoup trop énervé pour aujourd'hui. Dire qu'il était remonté n'était qu'un euphémisme. Ses joues le brûlaient littéralement, il avait envie de tout fracasser. Oh, s'il lui remettait la main dessus. Elle allait bouffer cher.

« Je vais la buter. On va la tuer, Varian, on va la...»

Il parlait tout seul maintenant. Oh oui il allait la tuer. Pour ce qu'elle lui avait fait, pour avoir envoyé Harley ici et puisqu'il venait de lui fournir un nouveau motif… Quelle chance avait-il qu'une telle chose se soit produite par le passé ? Très peu. Et pourtant.

Long time ago.
« T'as zéro charisme voisin. Mais t'en fais pas, moi ça me va. » Le taquiner faisait partis de son passe temps numéro un. Enfin, deux si on comptait ses activités illégales sur l'Arche. En même temps, c'était tellement drôle. Pour le voir afficher une petite moue il était prêt à tout. Il était mignon quand il avait cette mine renfrognée. « Mais t'as raison, ne perdons pas de temps. Tu veux jouer aux cartes ? » Bon Varian, arrête de te foutre de lui… En même temps c'était tentant. Il enfouis le visage dans son coup en pouffant. « On va dans ma piaule voisin, on s'ra plus à l'aise que dans cette cuisine de merde. » Il se jura d'arrêter un jour de le nommer voisin. Harley c'était bien aussi. Mais deux fois sur trois, c'était voisin qui sortait de sa bouche. Il avait du mal à s'en débarrasser. Tout comme Harley avait du mal à se débarrasser de son Standall. Mais il aimait bien. Et en public cela lui donna l'impression de toujours garder une certaine distance entre eux. Une putain de distance que tu veux briser rapidement quand t'es avec lui, hein Varian ? Parfois il s'en mordait les doigts, de ne rien assumer avec lui, mais vite il reprenait ses esprits. Ses parents ne comprendraient pas, ni les autres. Et pourtant, il y avait des jours où il avait envie de s'afficher heureux à ses côtés. De pouvoir l'embrasser au détour d'un couloir sans craindre de se faire prendre. « T'as une heure pour m'épater voisin. »
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Mer 19 Juil - 23:44

dans le passé.
Assis sur un rocher, un peu à l'égard du campement, Harley leva les yeux vers les étoiles. Quelque part là-haut, Varian dormait pour toujours et Kimi grandissait. Son coeur se serra brièvement et il se surprit à sentir des larmes lui monter aux yeux. Kimi était devenue petit à petit comme la petite sœur qu'il n'avait jamais eu, une gamine dont il voulait prendre soin alors qu'il avait été son propre tortionnaire. Il voulait se gifler pour tout ça, se meurtrir encore et encore et regarder le sang couler en guise de pénitence. Mais la Terre était déjà son propre purgatoire pour tous ses péchés. Chaque jour il le savait, il rejoignait un peu plus les dizaines de personnes qu'il avait humiliées. Lui, le petit caïd, n'était rien par ici, juste un garçon soumis à la servitude, un garçon qui avait appris à se trémousser aux pieds de ses maîtres en priant très fort à chaque fois. Et Varian dormait seul au milieu du néant, abandonné pour toujours à l'espace et au vide. Et Harley était abandonné pour toujours dans un endroit qui ne serait jamais son pays. « On était tellement con, Varian, tellement con… Tellement sûrs de nous et de nos lendemains... » Il cueillit une petite fleur et arracha les pétales une par une. Tu m'aimais un peu, beaucoup, à la folie, passionnément, pas du tout. Tu m'aimais un peu, beaucoup, à la folie, passionnément, pas du tout. Tu m'aimais un peu, beaucoup, à la folie, passionnément… Pas du tout. Mais moi, moi je t'aimais Varian. Je t'aimais tellement mais nous n'existons plus. Ni toi, ni moi.

dans le présent.
« S-si… je t'aimais ? » Avec cette même expression perdue qui pouvait aisément le faire passer pour un débile profond, Harley prit le temps de la réflexion et se retourna brusquement, manquant de se prendre Varian. Il lui attrapa une main pour l'observer en détail. Il ne savait pas ce qu'il cherchait mais cet examen minutieux qui aurait mis n'importe qui mal à l'aise lui fit du bien. Son angoisse diminua vaguement tandis qu'il effleurait les doigts de son ancien petit ami et qu'il suivait les lignes des brûlures du bout des doigts, avec une légèreté qui n'aurait pas dû appartenir à Harley. « Si je t'aimais... » L'Archéen leva son regard clair sur Varian, sans lui lâcher la main. Une main sale, abîmée et pleine de cicatrices qui en tenait une autre traumatisée par les flammes. Deux mains qui s'étaient déjà tenues il y a longtemps, quand ils avaient encore la tête dans les nuages. « O-oui. Oui, je t'aimais. » L'effet était un peu gâché par ce nouvel air à moitié absent qu'il conservait et ce regard qui n'était plus vraiment le sien mais ses vieilles intonations étaient là. Il y a longtemps, je t'avais tellement aimé que j'avais été prêt à franchir mon unique barrière pour toi. Tu le savais, j'obéissais à mes pulsions mais j'avais toujours su m'arrêter à temps. Sauf cette fois-là, sauf pour toi. Je voulais tout détruire pour toi, tout démolir, brique par brique, pierre par pierre. J'aurais démoli l'espace tout entier pour te garder près de moi. Mais tu es parti quand même. Peut-être que ce n'était pas l'esclavage le début de ma chute. Peut-être que c'est toi qui a écrit le prologue de ce nouveau drame sur Terre. Tu sais, j'y ai déjà pensé. Peut-être que nous sommes bien en Enfer toi et moi. Peut-être que tu es réellement mort, et moi de même, et nous voilà à nous retrouver au milieu du chaos, contraints de nous faire pardonner pour nos misérables erreurs. Mai oui, je t'aimais et tu es parti.

dans le passé.
Il avait failli à son code d'honneur et il en avait pris. Harley ne prit même pas la peine de frapper en entrant chez son voisin. Après trois ans de relation, il savait que personne d'autre que Varian ne serait là à cette heure-là. Il avisa son copain marcher vers lui dans le couloir et se jeta littéralement sur lui. « Embrasse-moi Standall, aller du nerf. » La sensation était assez étrange. Il sentait une multitude d'émotion voleter en lui : angoisse, grande joie, paranoïa, désir… Seul Varian pouvait éteindre le feu qui était né en lui quand il y avait goûter. Jusque là, il s'était toujours dit non, parce qu'il avait peur de ce qui pouvait arriver s'il y touchait… « Touche-moi, fais un truc... » Il vira sa chemise avec difficulté sans trop laisser le choix à Varian, le poussant sur la petite table de la cuisine. « Embrasse-moi, occupe-moi ou je vais lui démonter la gueule à ce petit enfoiré de... » Il passait toujours d'une émotion intense à une autre sans transition mais Varian était devenu son repère, son centre de gravité. Il incarnait la stabilité et la douceur pour lui qui avait tant besoin d'un cadre. « Aller Varian... » Rares étaient les fois où Harley l'appelait Varian, et encore moins avec cette note de douceur dans la voix. Son voisin était le seul à voir cette facette d'Harley, plus gentille, plus tranquille, plus fragile. J'avais envie d'être aimé par Varian. Je le voulais, j'en étais amoureux et j'en avais besoin. Parfois on pouvait me prendre pour quelqu'un d'exigeant et distant mais j'étais complètement dépendant de Varian.

dans le présent.
« J'ai quoi ? » Il répéta stupidement la question, surpris par la réaction de Varian. Il avait juste répondu à sa question, comme il le faisait chaque jour, comme l'ancien Harley l'aurait fait de manière bien plus vive et narquoise. Varian l'attrapa par le col pour le secouer encore et encore en répétant sa question en boucle, laissant monter une forte angoisse en Harley. Qu'on le touche le mettait toujours profondément mal à l'aise mais en plus avec un tel énervement… Il retint sa respiration pendant que l'alarme « danger » sonnait et vriller dans sa tête. « Arrête-arrête-arrête… » Varian le lâcha si brusquement et il recula avec tant de peur et de précipitation qu'il en tomba à la renverse où il resta figé. Mais les mots de Varian avaient fait leur chemin et il avait bien retenu le détail important là-dedans. Eliza = à mort. Assis dans l'herbe mouillé, à fixer du regard une petite fleur jaune, il posa la question réellement importante à ses yeux. « E-et toi, tu m'aimais ? » Non, la question réellement importante, c'était si tu m'aimais aujourd'hui. Je brûlais de te la poser sans le savoir, sans m'en rendre compte. Harley voulait savoir mais le pauvre machin que j'étais n'y pensait même pas. Je sentais mes joues me brûler pendant que je restais assis par terre, sans savoir quelle direction donner à mes pensées. Eliza était une affaire réglée pour moi : je pourrais la tuer si je la voyais un jour et d'ailleurs….  « Je vais la tuer pour toi. » Mais j'étais le seul responsable de nos vies d'aujourd'hui.

dans le passé.
La main frappa la table en fer dans un grand bruit mais Harley ne bougea pas d'un cil, jetant tout au plus un regard qu'il teintait volontairement d'ennui sur le type qui cherchait à l'intimider. « Ouais, j'ai baisé Varian des dizaines et des dizaines de fois et je peux dire qu'il aimait ça. Vous posez la question, vous plaignez pas de la réponse ensuite. » Il faisait le fier et la forte tête mais il avait mal partout et du mal à enchaîner dans ses idées et dans ses phrases. Le pic d'adrénaline qui était monté en lui quand il s'était rendu compte qu'il était en plein interrogatoire lui donnait les idées plus claires que ces deux derniers jours mais il demeurait complètement largué. Et malheureux. « T'as l'air vachement malheureux du sort de ton copain oui. Mais je m'en balance de ton Varian, je te  parle de ton petit marché. » « Je vends ce que les gens veulent bien m'acheter. » « C'est à dire ? » Harley se fendit du grand sourire coquin mais se garda bien de donner une quelconque réponse. Il remua et un quelconque bleu le ramena à son bon souvenir. « C'est ça ne dis rien. On verra si ton avenir sera aussi rose que ton présent, petit con. » Mon présent me donnait envie de chialer toutes les larmes de mon corps mais c'était déjà fait et mes yeux ne pleuraient plus. Je n'avai plus qu'une envie : fracasser le responsable. La bagarre qui m'avait conduit ici avait été une erreur, je savais maintenant que le type était innocent. En revanche, je découvrais toutes les enquêtes dont je faisais l'objet… La mort de Varian avait juste précipité les choses mais j'étais déjà condamné depuis longtemps. Tout comme lui sans doute. J'avais sceller nos vies le jour où j'avais eu l'idée stupide de monter ce petit projet lucratif pour ensuite l'y inclure. J'étais son assassin, bien plus que n'importe qui.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Jeu 20 Juil - 0:44

Il y a trois ans.
« Varian, chéri, on peut parler ? » Sa mère en faisait jamais irruption comme ça dans sa chambre sans un motif excellent. À vrai dire, celui faisait des années qu'ils avaient des discussions banales tous les deux, entre mère et fils, ils ne se disaient plus grand-chose, mais il s'en contentait et elle aussi. Pourtant ce jour là elle avait un regard inquiet sur le visage. Et il n'aimait pas ça. À chaque fois il imaginait le pire. Il fit oui de la tête et reposa le livre qu'il était en train de lire. « Je voudrais parler de notre voisin. Enfin, de son fils. » Varian serra les dents. Il ne laissa rien paraître. Mentir, il savait le faire, il le faisait tous les jours. Cependant mentir sur le voisin en question était toujours plus compliqué. « Il vient très souvent ici. » « Kimi l'apprécie beaucoup. C'est dur à croire et j'ai moi-même du mal avec ça mais... » Il déglutit avant de poursuivre d'une voix un peu moins traînante. « Je crois qu'ils sont de bons amis. » Sa mère soupira et passa une main sur son visage fatigué. « En fait V. j'aimerai que tu lui en touches un mot. Je ne voudrais pas qu'elle… Enfin… Tu vois où je veux en venir ? » « Tu veux pas qu'il sorte avec elle. C'est compris, je lui ferais passer le message. » « Merci. Ce garçon n'est pas bon pour elle, c'est tout. » Elle se leva en silence après lui avoir passé une main dans les cheveux et referma doucement la porte derrière elle. Et Varian se sentit sombrer. Pas bon pour elle = pas bon pour lui on plus. D'un geste rageur il envoya valser son livre et se roula en boule sous sa couette. Comment pouvait-elle croire que Kimi… Enfin… D'un certains côté, elle ne voyait pas tout. Elle ne voyait pas toutes les navettes que Harley faisait de chez lui à cette pièce. À son grand bonheur elle n'avait jamais su pour lui. Pourtant ce soir là Varian se surpris à pleurer un long moment en repensant au visage de sa mère. Elle n'appréciait pas Harley, et ne l'apprécierait jamais

Aujourd'hui.
Il l'aimait, il avait compris. Qu'il le répète comme ça lui faisait un peu plus mal à chaque instant. Et qu'il cesse de prendre ces mains dans les siennes, bon sang. Il les haïssait ses mains. Il se souvenait encore du jour où Aya avait pour la première fois montré un peu d’intérêt à son égard en lui soignant ses doigts brûlés. Ce jour là elle avait enfin arrêté de le traiter comme de la merde, pendant toute une soirée. Le temps qu'elle réalise que Varian avait bel et bien mal et que, par extension, il ne ressentirait plus jamais les choses pareil. En tout cas sa colère et ses mots assassins eurent l'air d'avoir de l'effet. Qu'allait-il répliquer, hein ? Qu'allait-il répliquer ce cher Harley qui n'était plus que l'ombre de lui-même ? Il ignora dans un premier temps sa question. Il n'avait aucune envie d'y répondre. La réponse était trop évidente bien que, il y a trois ans, il ne se soit jamais décidé à le lui dire.

« À ton avis pauvre cloche. À ton avis. »

C'est si dure de le lui dire ? Oui, maintenant c'était compliqué parce qu'il ne savait plus où il en était. Tout était en bordel là-haut, dans sa tête. Son cerveau débloquait, de vieux souvenirs refaisaient surface, les mots assassins se succédaient, les images d'Eliza aussi… Bon sang même dans ces instants là elle arrivait à tout gâcher.

« Tu vas quoi ? »

Non, non en fait il avait bien entendu et il le lui fit comprendre d'un signe de la main. La tuer. Il avait envie de la tuer. C'était quoi ce retournement de situation ? C'était à lui d'en finir avec elle, à lui. Mais il peut t'aider. Vous pouvez arranger ce petit coup comme autrefois. Pense y. Oh oui il y pensait sérieusement.

« Pourquoi tu ferais ça, hein ? Tu ne me dois rien. »

Il y a trois ans, après l'arrivé dans la nouvelle famille.
« Avec quoi tu te droguais ? » Varian cligna des yeux au moins trois fois.  Devant lui la mère de famille avait cet air sévère qui ne laissait rien présager de bon. Mais contrairement à la veille, il ne s'en prit pas plein la figure. « Si tu as besoin de tes trucs pour nous servir à quelque chose, alors on va y remédier. » Il secoua la tête. Hors de question. Les médocs c'était bien, mais sur l'Arche. Quand il pouvait avoir le contrôle sur sa vie. Pas ici où le manque sonnait comme une véritable torture. Il devait arrêter, il devait trouver comment arrêter. Sauf qu'elle en décida autrement. Ils avaient leur truc à eux. Moins addictifs mais qui avait le mérite de le rendre aussi zen que ce qu'il recherchait.

Long time ago.
Quand la porte de leur cabine claque, il cru que sa mère ou son père était rentré pls tôt du boulot. Ou que Kimi avait finalement décidé de rester encore cloîtré dans sa cabine. Mais il n'en était rien. Quand Harley se jeta littéralement sur lui il comprit que quelque chose n'allait pas. Après trois années il avait appris à le connaître. Il sentit ses lèvres se presser sur les siennes à plusieurs reprises et il le repoussa, doucement, interloqué. « Qu'est-ce que t'as foutu Harley... » Touche moi, fais un truc. C'était nouveau ça, depuis quand il était aussi… Raah. Il n'avait plus les mots. « J'vais rien faire du tout t'es pas toi même. Je sais pas si t'as pioché dans tes réserves mais t'as déconné mon pauvre... » Pfft. Il pouvait parler il était bien mal placé pour juger. « Attend, démonter la gueule à qui ? » A qui il s'était encore frotté ? Ne pouvait-il pas tenir en place trente secondes ? Ne pouvait-il pas passer une seule semaine sans frapper quelqu'un ? Comment je fais pour être amoureux de quelqu'un comme ça moi… pensa t-il. Attend, tu as dis amoureux. Et c'était peut-être la première fois en trois ans qu'il ne pensait. C'était étrange, mais c'était vrai. Bon sang il l'avait pensé. Il l'avait fais. Qu'il l'encourage encore une fois le fit céder. Hé attend, il a dis Varian… Ce n'était pas le centre de ces préoccupations. Ses lèvres s'étaient égarées sur son cou, ses joues et son corps tout entier semblait enclin à répondre à celui d'Harley. Il pressa à nouveau ses lèvres sur les siennes,  passa une main sur son torse brûlant et esquissa un sourire. « Ok, t'as gagné. »
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Jeu 20 Juil - 22:36

dans le passé.
Azgeda tourna autour de son jouet pour son examen minutieux. Il était prêt. Enfin. Il lui avait fallu du temps pour arriver à le modeler comme elle le souhaitait, à lui faire oublier son humanité pour le ramener plus bas que terre. La Grounder savait bien que les esclaves ne naissaient pas comme tels, prêts à la servitude. Enfin si, bien sûr que certains naissaient ainsi, mais pour la plupart, ils avaient vécu leur vie avant de terminer entre ses mains. Mais sa clientèle n'avait pas à le savoir. Ceux qui cherchaient à acheter un esclave le voulaient prêt à l'emploi, prêt à servir et surtout sans rechigner. Son boulot à elle, c'était de les éduquer, de leur montrer que la servitude absolue était le meilleur qu'il puisse faire pour survivre à leur nouveau statut. Azgeda effleura brièvement la joue d'Harley dans un geste qui s'apparentait fortement à celui d'une mère pour son enfant et sourit tendrement au regard obstinément baissé du garçon. Il lui avait tant résisté, il avait tant mis de lui pour lever encore et encore les yeux, trouver le mot qui changerait tout… Jusque dans ses formulations de phrase il avait tenu à rester lui-même. Bien sûr, ce n'était qu'une question de temps avant d'arriver à ses fins : personne ne résistait à Azgeda. Pas même Harley Weise. « Tu es parfait, Harley, tellement parfait… Je suis sûre qu'on se reverra. » Elle l'admirait et ses réparties cinglantes lui manquaient aujourd'hui. Elle l'avait vu passer d'un garçon plein d'esprit à un parfait esclave, silencieux et obéissant, rendu à moitié débile par sa nouvelle préoccupation : servir pour survivre et voir un nouveau lendemain. Je vivais dans une angoisse permanente, celle de déplaire. J'étais prêt à tout pour ne pas avoir mal à nouveau et pour plaire à Azgeda. Elle était tout pour moi. Elle était celle qui me nourrissait, celle qui me torturait et celle qui me torturait. Elle était celle qui me parlait, celle qui évoquait le passé pour mieux rappeler combien il était passé et inaccessible. Combien Varian inaccessible. Comme je n'étais plus rien pour personne. Je fermais les yeux sous la caresse délicate de la main de la Grounder, sans bouger. Autrefois, je lui crachais dessus quand elle faisait ça, maintenant je savourais la douceur de ces doigts capables des plus cruelles choses.

dans le présent.
Mais qu'est-ce que les cloches venaient faire là ? Harley résista à l'envie de vérifier si une cloche venait d'apparaître quelque part proche de lui avant de percuter. Le garçon répondit dans un souffle. « Je ne sais pas, tu ne m'as jamais rien dit… Et puis tu es mort. » Ça y est, il revenait à ses idées premières, comme si son cerveau ne pouvait fonctionner qu'en boucle sans jamais réussir à réellement percuter devant la réalité. Harley se créait sa propre réalité en ne choisissait que les éléments facilement admissibles. Mais il restait intraitable dans ses réactions, juste terriblement froid. Lui, le sang-chaud, l'être plein d'émotions qui se laissait entièrement dominé par elles, était devenu froid comme le marbre. Si je ne te devais rien ? Je te devais tout Varian. Je te devais ma vie, mon passé, mon bonheur, ma perte. Je te devais la Terre, je te devais mon état actuel, mon futur. Et je te devais ta mort. C'était moi qui t'avait tué, ou qui t'avait envoyé en Enfer. Cet enfer, c'est moi qui l'avait appelé à toi en tombant amoureux de toi il y a si longtemps puis en faisant tout pour que tu m'aimes. Je te devais ton malheur et celui de ta sœur, je te devais la destruction de ta famille. Je te devais ces mains brûlées et ce Toi qui n'était plus tout à fait toi. « Tu en es vraiment sûr, Varian ? » Qu'il l'appelle Varian était d'une étrangeté particulière parmi toutes celles de la conversation. Autrefois, je ne t'appelais Varian que dans no plus grands moments d'intimité, quand on était réellement proches, quand on partageait quelque chose. Sinon c'était Standall ou rien, ou plus rarement voisin devant ta famille. Varian, c'était notre secret, c'était mon moi si personnel que toi seul le connaissait. Aujourd'hui, il n'y avait plus rien derrière, il sonnait creux. Un prénom parmi tant d'autre.

dans le passé.
« Harley s'il te plaît, arrête, arrête ! » Jan Weise était à deux doigts de fondre en larmes en s'interposant comme il le pouvait avec sa frêle silhouette entre le garde et son fils qui continuait d'insulter tous ceux qui se mettaient entre lui et sa cible. « Je sais que tu es en colère pour Varian mais s'il te plaît... » « Je l'aimais putain et ce connard, ce putain d'enfoiré de... » Un coup trop bien placé du garde archéen coupa le garçon dans son cri du cœur, là, au milieu de ce couloir trop fréquenté, mais chacun voyait Harley Weise en train de chialer comme un gosse. Un gosse amoureux mais déjà abandonné, trop en colère pour raisonner froidement, prêt à tuer par vengeance. Je le savais à l'époque. Je savais qu'on disait que j'étais totalement dingue comme gamin, comme ma mère. Je savais que certains disaient que j'avais le démon en moi, que j'étais la dernière personne à fréquenter. Je savais que les parents ne voulaient surtout pas que je sorte avec leurs gosses, parce que putain, quelle image cela donnerait si Jasmine ou Rosita s'amourachait d'Harley W. Harley parvint un instant à échapper aux mains du garde mais il se retrouva confronté à un mur de regards froids et distants. Tous les mêmes depuis des années. « Ben ouais bande de cons, je suis amoureux de Varian Standall. Vous voulez des détails ? Hein ? Vous en voulez ? Ah ça vous plaît ça, hein, les potins, pouvoir critiquer, les scandales, les... » Il perdit connaissance avec une grimace de douleur. C'était la dernière fois que je voyais ces gens, ces voisins, ces « proches » et ces « amis ». Ah qu'est-ce qu'ils riraient bien aujourd'hui s'ils me savaient en vie...

dans le passé.
« Mais si je suis moi-même, et puis qu'est-ce qu'on s'en branle de... » Il s'interrompit pour l'embrasser dans le cou, lever son t-shirt. « On s'en branle de qui, tant que je le fais pas... » Pourtant rien qu'à cette idée, il se dit qu'il pourrait toujours le faire demain… Mais quand la pression redescendait, il ne ressentait plus ce besoin viscéral de frapper. C'était dans l'instant qu'il devenait incontrôlable. Ses doigts se serrèrent dans les cheveux de Varian, toujours en proie à ces variations d'humeurs en accéléré. Varian répondit enfin à ses caresses beaucoup plus violentes et exigeantes qu'à l'accoutumée et Harley se détendit imperceptiblement. « T'as oublié Standall ? Je gagne toujours. » J'arrivais toujours à mon but. C'était peut-être pour ça que les gens n'aimaient pas Harley Weise, parce quoi que je fasse, je pouvais arborer ce petit sourire insolent et victorieux qui énervait tant. Aujourd'hui, je ne souris plus comme ça. Jamais.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Jeu 20 Juil - 23:42

Touché, il ne lui avait jamais rien dis. Il avait toujours précieusement gardé ses sentiments pour lui et rien que pour lui. Il lui avait déjà dis qu'il l'appréciait vraiment beaucoup, qu'il le trouvait magnifique ou un tas d'autres trucs moins catholiques. Mais jamais qu'il l'aimait, qu'il en était amoureux pourtant, il n'avait pas de mal à s'en souvenir, il y avait pensé plus d'une fois.

« Ouais j'en suis sûr ouais... »

Qu'il l’appelle Varian le perturbait et il ne saurait dire pourquoi. Put-être parce que les seuls à le nommer ainsi étaient sa nouvelle famille. Que ce prénom ne sonnait pas du tout pareil avec lui qu'avec eux.

« J'ai cessé d'exister à l'instant où j'ai posé les pieds sur c'te fichue planète. Va falloir t'y faire. »

Il regretta ces mots à l'instant même où il les prononça. Parce qu'il réalisa seulement à ce moment là qu'il lui avait vraiment manqué. Pas que durant ces premiers mois de calvaire. Non, pendant les trois années terribles qu'il avait passé sur terre. Si sa voix s'était progressivement effacé au fil du temps, son odeur, son visage lui était resté gravé au fond de lui. Il avait tenté de s'en défaire. De se persuader qu'il était mort, qu'il ne le reverrait plus jamais. Et le revoilà aujourd'hui, presque lui même, qui refaisait surface dans sa vie. Sans prévenir. Il fallait qu'il se fasse une raison, il n'y avait plus rien entre eux, il n'y aurait plus jamais rien. Point final. Pas ici, par dans cet enfer, pas dans ces conditions. Dans un autre univers peut-être, mais pas le leur.

« T'as oublié ton histoire d'oiseaux on dirait... »

Il changeait de sujet, soudain mal à l'aise. Parce qu'il sentait que dans deux minutes il n'aurait plus le contrôle de la discussion, qu'il perdrait pied. Il parvint à enfin détacher son regard du siens et lui tourna le dos, se remettant à marcher du pas le plus démotivé qu'il pouvait avoir en stock. Voyons, des oiseaux, des oiseaux, des oiseaux... Bon sang, les oiseaux on s'en branle. Complètement. Retourna toi et soit honnête avec lui. Et avec toi même par la même occasion.

Il y a trois ans, madame Standall.
Elle avait terminé son boulot plus tôt. Ce soir c'était son mari qui était de garde, pas elle. Elle allait pouvoir s'occuper de Kimi. Elle avait tellement besoin d'une mère. Varian était là, quelque part, dans une cellule, loin de tous. Son propre fils. Son fils modèle, son fils unique son trésor. Emprisonné pour trafic de médicament et qui avait refusé catégoriquement de balancer ses complices. Elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Comment n'avait-elle pu rien voir, comment ? L'agitation dans le couloir attira son attention et elle sécha ses larmes rapidement d'un geste de la main. C'était son voisin qui... tentait d'arrêter son fils, une fois de plus incontrôlable. Ce gamin lui sortait par les yeux. Elle appréciait son père, ils étaient même bons amis mais son fils... c'était une plaie. Tout comme l'était sa mère avait lui. Elle s’apprêtait à lui adresser un simple signe de la main, à juste passer son chemin quand Jan prononça le nom de son fils. Qu'est-ce que son Varian venait faire dans cette histoire ? Je l'aimais. Les mots prononcés par Harley lui firent rater un battement de cœur et elle se stoppa net. Quelques personnes qui avait capté sa présence la regardèrent en biais, presque curieux de voir sa réaction. Il pleurait, il hurlait et elle n'avait envie que d'une chose, que tout cela ne soit qu'un rêve atroce. Pas son fils. Pas avec lui il n'avait pas pu... Varian aimait les filles. Certes, il n'avait jamais eu de relations sérieuses mais... Ou les gars, elle s'en fichait en fin de compte. Tous les hommes de l'Arche mais pas lui. Pas lui. Et il hurlait, il s’apprêtait à déballer des insanités quand on l'envoya dans les pommes. Et elle éclata en sanglot. Elle pressa le pas jusqu'à sa petite cabine où elle trouva le réconfort dans les bras de sa fille. Comme n'avait-elle pu rien voir ?

Le lendemain elle avait craqué. Elle en avait parlé toute la nuit avec son mari. De comment ils avaient pu être berné aussi facilement par leur propre fils, comment il avait pu descendre aussi bas. Elle avait décidé de tirer les choses aux clairs. Elle aurait pu aller voir Jan, ou son fils, mais elle se refusait à regarder cet ordure en face. Pas avec toutes les images qu'elle avait en tête de lui et son propre fils. C'était écœurant. « Avant dernière visite madame Standall. » Avant dernière avant qu'on ne le jette dans l'espace. Elle se retint de pleurer encore une fois. Elle hocha la tête et se retrouva bientôt en tête à tête avec son fils, plus pâle que jamais. Elle ne passa pas par quatre chemins, elle n'était pas d'humeur. « J'ai appris pour ta relation. » « Ah. » Ah. C'était tout ? « Dis moi que tout ça n'est qu'une sordide histoire inventé par... lui. Dis moi qu'il cherche juste à faire du grabuge. » « Dis mon son nom, et je te le dirais. » Elle ne pouvait même pas. Son fils la défigurait à moitié, et elle pouvait aisément lire la tristesse sur son visage. « Harley. » Elle l'avait dit. Voilà. Et c'est là qu'elle le vit, ce changement dans son regard. Il était plus fuyant, plus vulnérable. Alors elle compris. « Non. » répondit-il presque trop calmement. « Tu n'as pas pu faire ça Varian. Tu es un bon garçon et lui... » « Lui aussi. Avec moi. Mais ça personne ne le verra ni le saura jamais, hein maman ? C'est pas pour rien que je n'ai jamais rien dis. » « Tu avais honte ? » « De quoi ? Qu'il m'embrasse ? Non. Qu'il me fasse l’amour ? Non plus. Qu'on passe des heures dans les bras l'un de l'autre à se déballer des bribes de notre vie parfaitement inutiles ? Non plus. J'aimais être avec lui et je donnerai tout pour continuer ça. J'ai réalisé trop tard que je n'avais pas honte de lui, j'avais juste peur de l'image que pouvais donner notre relation si cela se savait. Y'a qu'à voir ta tête pour comprendre. » « Ne me dis pas ça, pitié. » « Je peux rentrer dans les détails si tu veux. Juste pour que tu sois sûre de ce que tu viens d'entendre. » « Varian. Stop. » Il haussa les épaules, les yeux brillants. C'était son fils, et il était sur le point de pleurer. Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas vu ainsi, dans cet état ? Elle avait envie de le prendre dans ces bras mais elle en était incapable. Des images atroces de son fils défilaient dans sa tête et elle n'avait qu'une seule envie, mettre son poing dans la gueule d'ange du voisin d'en face.

Il y a trois ans, Varian.
« Oui oui, tu gagnes toujours... » murmura t-il. C'était bien ça qui lui faisait peur parfois. Le fait que son copain se pensait invincible. Il avait beau être beau, intelligent et embrasser comme un dieu, il n'était pas intouchable. Alors certes, parfois, il en avait l'impression. Mais, il ne le lui disait jamais, il lui arrivait de se faire du soucis pour lui. Rien qu'un peu. Il ne lui avouerait jamais (trop nian nian à son goût) mais certaines nuits il craignait qu'un jour on lui annonce qu'Harley avait frappé la personne de trop. Il était trop sûr de lui, comme lui l'était d'ailleurs, et cela en effrayait plus d'un. « Attend, pas ici, on va dans ma piaule. S'il te plaît. » Parce que foutre en l'air la cuisine n'était pas le meilleur moyen pour cacher leur relation. Il l'attrapa par la main et le traîna jusque dans sa chambre, le poussa sur son lit et se remit à lui dévorer le cou et les lèvres. Ok, il m'a vraiment eut ce crétin. Il dégagea ses livres d'un geste de la main et se retrouva à califourchon sur lui en deux en trois mouvements. « Ok voisin je vais... » « VARIIIIAN ! » La voix de sa mère résonna dans ses tympans et toute son excitation retomba aussitôt. Alerte rouge. Qu'est-ce qui pouvait vous faire arrêter de rougir instantanément et tout ce qui allait avec ? Votre mère qui rentrait plus tôt du boulot. « Merde, merde merde... » Il le poussa sous son lit avec une rapidité déconcertante, attrapa son tee shirt qu'il enfila (à l'envers) et se précipita dans le hall d'entrée. « Tu bouges pas toi. » Sa mère le prit dans bras un bref instant. « Tu rentres tôt je heu... » « Je fais que passer, j'ai oublié les clefs du local pour ce soir. » « Ah. » « Tu faisais du sport ? » « Pardon ? » « Tu transpire. » « Ah heu... Ouais. » Il n'avait qu'une seule envie c'était de tirer Harley hors du lit et de continuer ses petites affaires. De continuer à l'embrasser, être dans ses bras et de se laisser aller complètement. Mais sa mère restait planté là et prenait tout sont temps. Et elle le sortit de ces pensées. « Il est à qui ce tee shirt ? » Putain. Le tee shirt du voisin. « A moi. À moi j'ai du... l'oublier. » « Dans la cuisine ? Il est nouveau je l'avais jamais vu. » « Oui je... Fin j'me suis changé ici parce que... » « Range moi tout ça, ok Varian ? A ce soir, je rentre tard avec ton père. » Il lui adressa un signe de la main avant de la voir disparaître pour de bon. Il fonça dans sa chambre, le cœur battant. « Sors de là, c'est bon. » Il ferma sa chambre à clef cette fois-ci. Il espérait juste qu'il n'ai pas entendu ces excuses plus bidons les unes que les autres. Du sport. Mais quelle connerie ça aussi, il n'en faisait jamais. « On a vraiment échappé belle. Bordel. Tu te déshabilles pus jamais dans ma cuisine, pigé ? » Il s'autorisa à reprendre son souffle et s'assit au bord de son lit, passant une main sur son front. « T'imagines si elle... » Non, non en fait il voulait pas imaginer. Il voulait juste qu'Harley lui fasse oublier cette interruption involontaire de sa mère.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Ven 21 Juil - 22:56

Harley n'était pas vraiment sûr qu'ils parlent de la même chose tous les deux mais son regard fuyant se posa pour de bon sur Varian. « Si tu en es sûr, alors tu es plus bête que tu n'en as l'air. » Même le Harley du présent savait que tout était de sa faute. Eliza, cette petite conne, ce n'était qu'un rouage dans l'engrenage. Une pièce défectueuse dans une machine qui n'aurait pu de toute façon fonctionner pour toujours. Une pluie froide se remit à tomber sur les deux garçons, goûtant à travers les feuilles du sous-bois. Un léger rictus déforma furtivement la bouche d'Harley aux paroles suivantes de son ex-petit-ami mais il ne répliqua pas et se contenta de repasser une main sur sa nuque. Nous avions tous deux cesser d'exister quand nous sommes arrivés ici, Varian. Enfin non, j'étais déjà mort au moment de poser un pied sur cette putain de Terre que je rêvais jusque là de découvrir. Je suis mort quand on m'a dit qu'on t'avait arrêté. Je suis mort encore quand on m'a dit quel sort t'était réservé. Et je suis définitivement mort quand la porte s'est refermée pour la dernière fois entre toi et moi. Tu étais parti sans me dire si tu m'aimais, sans que je te dise que je t'aimais. J'ai eu le cœur brisé, et un cœur brisé tue.

dans le passé.
« Je vous le dis, je l'ai baisé comme jamais la semaine dernière ! Et vous savez quoi, il aimait ça à mon avis. Votre maison va s'en souvenir ! Parce qu'il m'aimait, Varian, il m'aimait vraiment. Et moi aussi. Vous me haïssez hein ? C'est ça ouais, barre-toi pauvre tarte, casse-toi, enfuis-toi ! » Claquement de porte, Harley cessa de cracher son venin et essuya ses larmes avec fureur. La porte de la salle de visite se referma une dernière fois sur Kimi, laissant un Harley désorienté et amorphe fixer d'un œil mort la menotte qui lui serrait le poignet. Kimi n'avait pas été différente des autres fois, juste malheureuse, et ça lui avait transpercé le cœur. Encore. Elle savait pour Varian et lui, Harley en était sûr. Elle avait compris depuis longtemps déjà leur manège même si elle n'en laissait rien paraître. Il n'y avait pas eu de reproches ni rien en elle. Harley était ce qu'il était et quand on l'appréciait, on faisait avec ses défauts. Ses proches avaient appris à composer avec son putain de caractère explosif qui lui amenait chaque semaine, chaque jour, son lot d'ennuis. On savait qu'il ne retenait pas les leçons et que rien ne lui servait d'exemple. Certains connaissaient aussi sa loyauté et son esprit étrangement romantique. Pas étonnant qu'il meurt par amour au final. Mais la mère de Varian était arrivée au dernier moment, sans doute folle de rage de savoir Kimi en train de rendre une dernière visite à ce con de petit voisin. Elle lui avait dit le reste, en mots crus et acerbes, le laissant comme un con en emportant Kimi. Lui aussi avait dit le reste de sa pensée. Je me suis sentie tellement sale ce jour-là, tellement… Finalement, ce n'était peut-être pas si mal de mourir. On pensait que je me branlais complètement des regards des gens – et c'était vrai – mais quand ça touchait à Varian ou à notre couple… J'ai eu honte. De moi, de lui, de nous… de tout. Et j'ai eu honte d'avoir honte. J'aimais Varian et tout le monde trouvait ça ignoble. Pas deux hommes, juste Harley Weise et Varian Standall.

dans le présent.
Varian le ramena instantanément à la réalité. « Les oiseaux ! » Il dépassa Varian et son pas trop lent à grandes enjambées rapides, de nouveau absorbé dans sa tâche. « Il faut qu'on les trouve sinon Nei va... » Il ne termina pas sa phrase mais passa une main angoissée équivoque sur sa nuque, une expression indéchiffrable sur le visage. Il s'était refermé à nouveau complètement. « Il me faut un piaf mignon… Mais elle n'a pas précisé vivant tiens. » Une expression rusée passa dans son regard mais disparue aussitôt. « Oh non, si je fais ça, elle va... » Il s'interrompit à nouveau et poursuivit sa folle route au milieu des arbres. Il marchait vite mais silencieusement, de ce pas qu'il avait maintenant pour ne pas attirer l'attention sur lui. Un esclave présent et efficace, mais invisible et silencieux. Pour la seconde fois en moins d'une heure, il fit volte-face sans prévenir pour ne retrouver à quelques centimètres de Varian. Il le regarda droit dans les yeux sans se démonter. « Tu sais attraper les oiseaux ? » J'avais cette nouvelle faculté de faire passer les ordres en priorité sur moi, en priorité sur ma santé ou sur ma vie personnelle (par ailleurs complètement inexistante). Une infime part de moi voulait poursuivre la discussion, aussi effrayante soit-elle, mais la grande logique de la survie et de la préservation de soi avait pris le dessus. Pourtant il était là, son visage à quelques petites dizaines de centimètres du mien. Et je restai planté sur place, à attendre ma réponse, le regard froidement inexpressif.

dans le passé.
Il était invincible, imprenable, trop intelligent. C'était presque vrai, personne ne touchait à Harley Weise. C'était lui qui signerait son propre arrêt de mort, pas quelqu'un d'autre. Certes, des enquêtes étaient déjà en cours contre lui – ce qu'il ne savait pas encore - mais c'était peut-être juste à cause de sa propre réputation, pas parce qu'ils avaient déjà trouvé quelque chose. « Quoi tu ne veux pas que je salisse ta cuisine ou quoi ? » Mais il se laissa traîner dans la chambre tout de même pour répondre aux caresses de Varian – caresses qu'il avait lui même demandé. Il commençait à oublier sa colère pour l'embrasser avec une sauvagerie qui ne lui était pas coutumière quand quelqu'un entra. Sa putain de mère. Varian jaillit hors de la chambre après l'avoir éjecté sous le lit et il se sentit très con. La conversation l'agaça de nouveau.
« Alors comme ça, je suis ton sport de la semaine, Standall ? » demanda-t-il en rampant hors de dessous le lit. Il agita un doigt en fronçant des sourcils. « Ne réponds pas, je risquerai de rire. » Et de lancer des sous-entendus monstrueux. « J'imagine si quoi ? Si elle t'avait vu en ma charmante compagnie ? Oh damn, ça aurait si… horrible, j'imagine. Toi avec moi, quelle horreur. » Il ne put empêcher une touche d'amertume de percer dans sa voix. En tout cas, la mère avait tout démoli. Il soupira et chercha ses fringues du regard. « Laisse tomber, chez toi ça craint. La prochaine fois viens plutôt à la maison. Le paternel n'est jamais là et j'ai pas de mère qui risque de débarquer moi. » Et puis le paternel ne vomirait pas à la vue de Varian si jamais il nous surprenait, lui. Et je n'avais plus de mère depuis longtemps donc… Problème réglé. Je me rhabillais, vexé et amer.
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Varian Standall
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Inclement Earth

MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Sam 22 Juil - 18:21

Parler des oiseaux avait immédiatement changer l'attitude de l'autre garçon. S'il savait attraper des piafs ? Il lui lança un regard noir qui signifiait clairement « j'ai une gueule à faire ce genre de chose ? » et haussa des épaules. Putain et il pouvait pas se décoller un peu, paraître un peu moins flippant ?

« Dégage de là... » marmonna t-il.

Il le poussa mollement – après tout il pouvait avoir des réaction étrange, trois qu'ils ne s'étaient pas vus, il n'avait pas envie de faire les frais de trois ans de reconditionnement terrien – et leva les yeux vers le ciel. Des oiseaux. C'était sans doute la pire mission qu'on avait pu lui donner depuis son arrivée ici. Pourtant il y en avait eu des missions casse gueule, dangereuse. Mais idiote, jamais. Et celle-ci, aux yeux de Varian, était idiote. La pluie – froide comme toujours - n'arrangeait rien et il chercha une planque des yeux, histoire de se mettre à l'abri.

« Viens te mettre à l'abri, on va attendre que ça passe... »

Il lui fit un signe de la main, hésitant quelques secondes à le tirer par le bras avant de finalement que se dire que ce n'était pas une si bonne idée que ça. Il lui désigna une petite cavité formée au cœur d'une roche, rongée par le temps et les élément météorologiques. Ok, ils étaient tous les deux grands et allaient devoir baisser la tête, mais il n'avait pas l'intention d'attraper la crève.

« Faut pas que t'attrape froid. 'Fin qu'on attrape froid. »

Et au fond parce que ça le rendait malade de le voir dans cet état et qu'il ne voulait pas le voir s'empirer.

long time ago.
Et comme il s'y attendait, Harley avait entendu sa discussion ridicule avec sa mère. Il roula les yeux vers le ciel, soupira et essaya de se reprendre mais Harley était partis. « Arrête, fais pas ton gamin. Tu sais comment elle est. Ma mère ne t'apprécie pas. » Ni mon père d'ailleurs se retenu t-il de rajouter. Il le regarda s'extirper de sous son lit et oui, il était soulagé que sa mère n'est rien vu. Elle aurait pu faire une crise cardiaque, ou quelque chose comme ça. Et il avait beau ne pas le montrer, il tenait tout de même à sa chère mère. Assez pour la vouloir en vie encore de longues années. « Harley... » Il le regarda chercher ses fringues et croisa les bras sur son torse. « Fais pas chier Harley. » Oh ce qu'il haïssait le voir comme ça. « Bordel tu tu jettes sur moi, tu me fais bander et tu te casses. Sympa, vraiment, j’apprécie. » Il fallait qu'il s'arrête ou il allait dire le mot de trop. Mais il était lancé, plus que frustré. « Oh non et puis tu sais quoi ? J'en ai marre, toi aussi tu te planques, rejette pas la faute sur moi à chaque fois. Vas-y, casse toi. Récupère ce que t'as laissé dans ma cuisine et va te faire foutre. » Il mima des guillemets et dans une piètre imitation de son partenaire acheva de s’énerver pour de bon. « Oh, oh damn, c’est si terrible d'être avec toi Varian. » Et il s'en voulu aussitôt. C'était plus fort que lui, lors de leur petites prises de bec il s'en voulait toujours à mort. Parce que bon sang il était raide dingue de ce mec. Complètement accro. Et il venait juste d'être blessant. « Non attend, c'est pas c'que je voulais dire... » Trop tard, il l'avait dit.

Aujourd'hui.
La pluie avait cessé, enfin. Mais cela signifiait qu'une chose, qu'ils allaient devoir se bouger pour de bon pour trouver leurs stupides oiseaux. Et il n'en avait vraiment pas envie. Même s'il était terriblement mal installé dans sa planque, il avait envie d'y rester toute la fin de la journée, et dire à Aya qu'il n'avait rien pu trouver. Elle le bouderait la soirée, puis se rendrait compte qu'elle n'avait jamais réellement eu besoin d'un piaf et fin de l'histoire. Dans sa version soft.

« Je crois que c'est bon, l'averse est passée... » murmura t-il.

Il fixa un bout de temps la semelle de ces chaussures complètement abîmé, se replongeant dans un de ces silences gênant dont il avait tellement l'habitude depuis trois ans. Il se tourna vers Harley en silence et le dévisagea quelques instants. Il se surprit à le trouver repoussant l'espace d'un instant, juste avant de se remémorer, qu'un jour, il avait adoré ce visage. Qui n'avait plus rien à voir aujourd'hui.

« Ça va ? Parce que t'es franchement très pâle là. »

La dernière chose dont il avait envie, c'était de traîner un Harley mourant derrière lui. Il le savait, il pouvait feindre beaucoup de chose, mais feindre qu'il n'était pas inquiet pour son camarade, beaucoup moins. Il n'avait aucune idée de si Harley était aussi « bien » traité que lui. Enfin, qu'il mangeait au moins un repas correct tous les jours. Il en avait perdu du poids au début Varian. Et avait bien peiné à le prendre.

long time ago.
« Harley ? C'est moi... » Il se sentait terriblement con. Vraiment, vraiment très con. Pourtant il en était là. À attendre derrière la porte de son voisin, à épier derrière son épaules toutes les trente secondes pour s'assurer que personne ne le voyait frapper encore et encore chez les Weise. « Je m'excuse pour l'autre jour. Vraiment. Je suis dé... désolé. » Voilà, c'était dit. Il avait toujours eu du mal à le dire ce mot. Désolé. Parce que pour lui, c'était toujours les autres qui était en tord, jamais lui. « Je sais que tu es là. Ton père est pas là. Je peux entrer ? Tu m'entends ? Voisin ? » Il toqua encore quelques petits coups avant de se se laisser glisser le long de la porte. Ben merde Varian tu es pathétique là... Il parlait tout seul dans son couloir à une porte close. Oui, il était au fond du trou. Il avait mal dormis hier soir, et la nuit d'encore avant, et encore celle d'avant... Tout ça à cause de lui. Enfin, parce qu'il avait déconné. « J'ai besoin de te parler. » Jamais, trois ans avant cela il n'aurait cru dire une telle chose. Papoter avec Harley. Se confier à Harley, venir se plaindre de sa mauvaise journée, partager ses sautes d'humeurs... Alors qu'aujourd'hui, ce qu'il ne pouvait dire à Kimi, il le lui disait à lui. « Tu me manques, aller... »

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Harley Weise
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Dim 23 Juil - 0:04

Il attendait sa réponse sans ciller, sans paraître gêner le moins du monde par la trop faible distance entre leurs deux corps. Longtemps avant, ils s'étaient tenus aussi près l'un de l'autre, pour s'échanger alors des regards complices. Ils avaient belles allures à cette époque, deux grands adolescents qui s'aimaient sans vouloir l'admettre pour deux bon, pimpants et beaux, indemnes, heureux. Vivants. Ils ne ressemblaient plus à ça désormais sous la pluie froide de la Terre. Varian le poussa sans réelle brutalité, juste assez pour le prendre par surprise et le faire reculer d'un pas, mais Harley patienta. Si Varian ne savait pas attraper d'oiseaux, ils seraient fichus. « Se mettre à l'abri ? On a pas le temps de se mettre à l'abri. » Mais voyant que l'autre s'obstinait – et parce qu'il avait besoin de son aide pour les piafs – il lui emboîta le pas de mauvaise grâce. La vérité, c'est que sous la vieille chemise crasseuse qui lui servait de vêtement, il avait froid. La pluie était certes fine mais elle trempait presque instantanément le tissus. Il se glissa dans la cavité à côté de Varian dans une attitude clairement empruntée, le dos bien droit. Il ne répondit pas à Varian, même s'il avait noté la petite nuance dans sa phrase soulevé par sa correction. Et j'étais triste de ne pas savoir comment y répondre, de ne pas trouver de mots adéquates. Avant, j'aurais trouvé la blague ou le petit sous-entendu adéquate, je le savais… Aujourd'hui, rien ne venait alors je garda le silence, fixant les arbres droit devant moi derrière mes cheveux trop longs qui me gouttaient sur les joues. C'est vrai, j'avais froid et je mettais tous mes efforts dans mes tentatives pour ne pas trembler. Sans raison précise, je ne voulais pas paraître faible devant Varian.

dans le passé.
Harley jeta un regard noir à Varian. « Tu connais quelqu'un qui m'apprécie ? » Il roula des yeux, agacé par avance de la potentielle réponse de son voisin. « Je veux dire à part toi, ta frangine et le paternel ? » Toujours le paternel, jamais mon paternel. Il avait cette fichue manie de toujours repousser ses proches, de s'afficher comme étant seul, à part. C'était chiant, mais c'était Harley. « Ah parce que c'est ça que je suis ? Ta machine à bander ? Classe, j'apprécie aussi. » Leur dispute… étant complètement ridicule mais il sentait la colère monter nettement en lui en même temps que la tête lui tournait. Il renfila son t-shirt en secouant la tête, cherchant à retrouver une vision normale de la pièce. « Ah ouais, tu veux que j'me casse ? T'inquiète, j'exauce ton vœux en instantané Standall. » Il serra les poings dans un geste qui n'annonçait rien de bon et ferma brièvement les yeux. La réplique suivante fit voler en mille morceaux tous ses efforts jusque là mis en place pour garder l'esprit clair. Le coup de poing rapidement, rendu maladroit par sa vue troublée par la drogue. Il perdit l'équilibre et se rattrapa maladroitement au col de Varian avant de tomber à genoux devant lui. « Sale petit con, je vais... » Rien du tout, ses oreilles se mirent à siffler de manière suraiguë. « Putain. C'est bon, j'me casse. » Fou de rage, il lança un ultime regard assassin à son voisin avant de s'éloigner à grands pas, jetant sa besace sur son épaule. Il ne claqua pas les portes ni rien d'aussi grandiloquent et ridicule, mais il n'était plus là.
Dans le couloir, il hésita un bref instant avant de prendre machinalement la direction des endroits les moins fréquentables de l'Arche. Il n'y en avait pas beaucoup mais si on savait où se retrouvaient les mauvaises personnes… Il se sentait d'humeur provocante et invincible. J'étais surtout hors de moi, sans parler de mon état à ce moment là. J'étais déjà difficilement contrôlable en temps normal mais si on rajoutait à mon caractère une bonne dose de drogue – que je ne renais jamais – et une dispute avec Varian… J'avais essayé de le frapper. Je m'étais loupé – ce qui ne me ressemblait pas – mais j'avais levé la main sur lui. En chemin, je me mis à courir, juste pour arrêter de penser. J'étais arrivé chez Varian pour ne pas démolir quelqu'un d'autre, au lieu de quoi...

dans le présent.
Courir sous la pluie, il pouvait le faire. Il ne comptait plus le nombre de courses qu'il avait fait pour la famille sous la pluie, pour aller chercher diverses choses. En courant, il finissait par se sentir faiblir mais il n'avait pas froid, son corps n'ayant pas le temps de perdre de la chaleur. En tout cas, il avait rarement connu une sensation comme celle qui l'envahissait là maintenant. Assis contre Varian dont il ne voyait que son profil se découper, trempé jusqu'aux os, il frissonnait sans plus pouvoir s'arrêter, serrant les dents pour les empêcher de claquer. Il ferma les yeux en sentant ses pensées déjà peu cohérentes s'entrechoquer davantage. Il y a longtemps, Harley aurait sorti l'un de ses sourires coquins qu'il réservait à Varian et il lui aurait proposé une petite session amoureuse pour se réchauffer et de remettre d'aplomb. Mais aujourd'hui il n'y avait plus de désir ou de libido en Harley, plus de pensées de ce genre. Il en était revenir aux principes les plus basiques de la survie. Avant que le froid ne me prenne, je t'avais regardé un peu, du coin de l'oeil. Je t'avais déjà observé tout à l'heure, avant la pluie, mais dans la semi-pénombre de notre abri, je pouvais le faire tout à mon aise. Tu ne ressemblais plus au Varian de mes souvenirs, celui auquel je pensais en boucle l'année dernière quand je pouvais me le permettre. Tu n'avais plus les mêmes beaux cheveux ni la peau douce. Tu avais perdu tes mains parfaites. Tu n'étais plus aussi bien habillé ni aussi bien coiffé. Tu étais toujours le même pourtant, je le sentais. Quelque chose avait changé en toi mais tu étais resté le même, resté vivant. Alors pourquoi moi je suis mort ? Pourquoi je ne suis plus là pour venir t'embrasser ou te sortir un sous-entendu vaseux ? Pourquoi tu es si à même de réfléchir, de penser, de cogiter ? Il paraît que les gens se révèlent dans l'adversité… Moi j'ai disparu. Ou peut-être que ce que tu vois aujourd'hui, c'est le réel moi ? Une chose froide et inexistante. Peut-être que le Harley d'avant n'était qu'un masque… Va savoir. Personnellement, je n'y crois pas.
« Il faut trouver les oiseaux. » C'est la seule phrase qu'il articula avant un profond frisson qui le traversa de parts et d'autres. Mais il restait bloqué sur son idée d'oiseaux et regarda Varian. « … Vais bien, mais il faut qu'on trouve le cadeau pour Kimi. » En fait non, je débloquais complètement en te sortant cette même phrase. Tu l'as reconnaîtrais bien, c'était la même que celle que je t'avais dit des années auparavant, avant l'anniversaire de Kimi. Sur l'Arche. J'avais eu la même voix angoissée à l'époque. Va savoir pourquoi ça ressortait maintenant. L'hypothermie sans doute.

dans le passé.
« C'est bon ça va, je vais bien, mais il faut qu'on trouve le cadeau pour Kimi ! » Harley essaya d'échapper à Varian. « Et oui je sais, c'est trop moche. Ça va partir. J'espère. » Il faisait allusion à la marque rouge qui lui traversait la joue. Pour une fois, il ne s'était pas battu, c'était son coin de bureau qui l'avait agressé sauvagement alors qu'il était parti chercher un truc dessous. Pourtant ça lui avait valu de nouvelles réflexions de la part de tous. Bien sûr, tout le monde – son père et Kimi compris – avaient parié sur une nouvelles bagarres. « On pourrait lui faire un cadeau commun ? Je pense que ça lui ferait plaisir, de notre part... » Il hésita brièvement. « Sauf si ça te paraît trop intime bien sûr. » Harley entreprit de lui détailler ses idées avant d'aborder la suite. « Je sais que c'est censé être un événement en commun avec les autres et tout ça mais rien n'empêche de faire une petite fête rien ue pour elle ici n'est-ce pas ? » Harley et son esprit sans cesse réfractaire aux règles, toujours révolutionnaire, toujours à chercher autre chose que ce qui se faisait. « Enfin je sais aussi que je ne pourrais pas être là… D'où le cadeau commun et le petit clin d'oeil sur la carte... » Il disait ça sans arrière-pensée mais son cœur se serra. Il aurait vingt-et-un ans cette année, vingt-deux pour Varian, mais leur couple restait un sujet tabou. Et il avait toujours droit aux mêmes bonjours froids de la part du père de Varian le matin s'il venait à sortir de chez lui en même temps qu'Harley. La mère regardait ailleurs. Je lui avais sifflé des mots pas très gentils la dernière fois. Ce n'était pas très malin mais ils m'avaient échappé. Le regard qu'elle m'avait jeté m'avait fait l'effet d'une douche froide. « Je sais où trouver ça, viens ! » Harley échappa au câlin de Varian avec un rire et lui attrapa la main pour l'entraîner vers sa chambre. Il avait déjà tout prévu pour Kimi.

dans le présent.
D'un geste bizarrement vif, il attrapa le poignet de Varian. « Les oiseaux. Il faut qu'on trouve ce fichu cadeau. » souffla-t-il sans cesser de grelotter, le visage pâle.

dans le passé.
L'appartement des Weise n'était pas grand et Harley avait l'oreille fine. Assis sur son lit pour lire un livre – son passe-temps secret, il pouvait lire des heures durant – il se crispa en entendant la voix de Varian derrière la porte d'entrée. Sa première réaction fut de se remettre en colère avant que tout de soit balayer par un puissant sentiment de honte. Il n'avait pas touché Varian, se contentant de se pendre à son t-shirt en perdant l'équilibre… Mais c'était dans son intention. Un grand coup de poing, comme il en foutait à n'importe qui quand la rage le prenait. N'importe qui… Mais ni Varian, ni Kimi. Il avait déjà frappé son père mais jamais son voisin. Jamais. Il ne l'avait attaqué qu'avec des mots (certes parfois plus terribles que de l'avoir frappé) mais jamais physiquement. Harley referma le livre d'un geste sec, les mains tremblantes. Pourquoi Varian s'excusait-il ? Parce qu'il sentait qu'Harley se ferait jamais le premier pas de lui-même ? C'était sans doute vrai : il avait cette putain de fierté qui l'empêcherait de prononcer un mot aussi simple que pardon. Et puis surtout il y avait la honte, trop violente pour qu'il accepte de l'affronter. Le jeune Weise traversa l'appartement sur la pointe des pieds et se planta derrière la porte sans oser l'ouvrir. Il entendit Varian glisser le long de la porte et parler, encore et encore. Finalement… C'est moi qui ouvrit la porte en baissant les yeux d'un air coupable. Je ne savais pas pourquoi Varian s'excusait. N'avait-il pas vu que j'avais essayé de lever la main sur lui et que seule la drogue dans mon sang avait empêché mon geste ? N'avait-il pas vu ce que j'étais ? J'avais l'autre jour était avec lui ce que j'étais avec les autres. Je m'étai perdu en sa compagnie, j'avais débloqué. « Non, c'est moi qui suis désolé. » Le tableau était improbable. « Je… Pardon. Je ne… Enfin... » Il se détourna brusquement en se plantant les ongles dans les bras. « Déteste-moi s'il te plaît. » Lui ne pourrait jamais détesté Varian, même s'il en avait envie. Jamais. S'il te plaît, hais-moi, ce sera plus simple pour tout le monde. Ce sera tellement plus simple plus tard.
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Dim 23 Juil - 18:35

« Le cadeau pour Kimi ? »

Il débloquait complètement, il ne voyait que ça. Comment de simples mots avaient pu le faire réagir autant il n'en avait pas la moindre idée. Et pourtant. Son cœur s'était emballé en moins de de deux, et il avait eu cette désagréable sensation de revivre une scène du passé pour la deuxième fois. Il le regarda d'un air totalement absent, pourquoi parlait-il de ça maintenant ? Bordel, il débloque, secoue le un grand coup pour lui remettre les neurones en place, c'est tout. Non, il n'allait pas bien du tout, et le simple fait qu'il parle de sa demi-sœur à un moment pareil en était bien la preuve.

Il y a trois ans.
Aurait-il un jour le droit de voir son copain une semaine d'affilé sans que ce dernier n'ai une marque rouge sur le visage, une lèvre abîmé ou quelque chose dans le genre ? C'était exaspérant. Et lui de son côté qui ne supportait pas avoir la moindre égratignure. Il était toujours propres sur lui Varian, bien habillé et ses cheveu soigneusement coiffés au grès de ses humeurs. Il passa une main sur la joue rougies d'Harley qui s'était mis à parler de l'anniversaire de Kimi avec enthousiasme. « Trop intime ? Ouais non, ça peut le faire... » marmonna t-il.  Alors certes, il pouvait rêver pour passer une soirée rien que tout les trois, ses parents le refuseraient catégoriquement. Et puis au fond, Varian serait gêné. Plus que gêné. Sa sœur avait compris leur relation il y a belle lurette et lui avait toujours fait mine de ne pas comprendre ses sous-entendus. Et ça l'amusait plus que tout cette petite Kimi. Maudite soit-elle d'aussi bien lire en eux. À bien y réfléchir ils se retrouvaient rarement ensemble dans la même pièce tous les trois. « Aller, montre moi ça voisin... » Il se laissa entraîner par un Harley visiblement très fier de lui, sans pouvoir à son tour s'arrêter de sourire.

Aujourd'hui.
« Putain, les oiseaux on s'en fou, pigé ? On dira à ta.... Neil là qu'on a pas trouvé. Tu débloques Harley, ça va pas. Il faut que tu rentres regardes toi bordel ! »

Il s'énervait de le voir comme ça. Complètement à bout. Les oiseaux, il en volerait un au marché comme il lui avait proposé au début de leur petite promenade. La vérité était qu'il ne voulait pas avoir à subir une crise quelconque, le voir s'écrouler devant lui ou quelque chose dans le genre. Il ne voulait plus voir cette chose misérable agripper à lui, lui lancer des regards perdus, vides ou froids. Avec ces yeux qu'il aimait tant autrefois. Ce visage n'avait plus rien d'angélique, il était maussade. Il se redressa et le tira hors de leur abri de fortune. Il fallait qu'il le ramène au plus vite. Il n'en pouvait plus le voir. S'en était trop, sa tête était sur le point d'exploser, son cœur saignait abondement et il n'avait qu'une envie s'était de retourner sous la coupe de sa famille, poursuivre sa vie comme s'il ne l'avait jamais revu. Comment pouvait-il en être arrivé là ? Et lui qui avait toujours idéalisé une quelconque retrouvaille pour eux.

Long time ago.
Alors qu'il s’apprêtait à partir, la porte derrière lui s'ouvrit. Ce fut plus fort que lui il poussa un soupire de soulagement et il leva les yeux vers son voisin. Il était désolé ? Ah non. Pour une fois qu'il s'excusait lui, ça n'allait pas. Quoi que. Il a voulu te frapper tu te souviens ? Comme une merde. Oui, d'ailleurs il essayait toujours d'oublier le regard qu'il lui avait lancé à ce moment là. Mais ces remarques n'avaient pas été terrible non plus. Pour une fois il aurait pu fermer sa grande gueule et ne pas dire tout haut ce qu'il pensait. « C'est vrai, tu m'as traité de sale petit con. C'était une nouveauté. » dit-il avec un demi sourire. Comment espérait-il sincèrement qu'il le déteste ? Rien que la tête qu'il tirait valait tout l'or du monde. Toujours assis par terre il lui tapota le bras. « Hé, regardes moi. » Il tira sur son bras. « Harley. Tu m'expliques pourquoi je devrais te haïr ? » Non parce que sincèrement, lu ne voyait pas. Il avait des défauts, un tas de défauts, mais lui aussi, mais au fil de leur relation il avait bien compris une chose, il l'aimait pour de bon. Et puis merde, n'importe quel gars de l'Arche aurait pu tenter un truc avec et échouer. Pas Harley. Il était le seul à pouvoir se vanter de l'avoir fais aimer les deux bords à ce point. « T'étais pas toi-même. C'est tout. » Il s'était relevé avec toute la grâce d'un pachyderme et dans la foulée lui déposa un baiser sur la joue. « T'as vu, même pas peur de faire ça alors que je suis pas encore entré. »

Il y a deux ans, toujours sur l'Arche.
« Tu es ailleurs chéri, ça va ? » Sa mère lui avait attrapé la main en souriant, le regard complice. Que voulait-elle, où était le piège ? « Je connais ce regard... » « Ah oui ? » Raah, ce qu'il pouvait être mal à l'aise quand elle faisait ça. Quand elle tentait des pseudos discussions mères – fils ultra complices. Elle lui donna un petit coups de coude et s'assit à côté de lui sur son lit. Il jugea le moment opportun pour glisser un marque page dans son livre et le poser. C'est bon. Elle voulait causer. « Mon fils voit quelqu'un. » Ah, bah ça c'était nouveau tient. Depuis quand elle s’intéressait à ses relations ? Et puis elle avait un temps de retard. Mais bon. Il haussa les épaules, il ne voyait pas quoi rajouter. La dernière chose qu'il voulait c'était lui donner des détails. « Alors, qui est-elle ? » « Maman... » « Oh Varian, tu es mon seul petit garçon, et je suis ta mère. Ça n'avait jamais été sérieux jusque là mais je sens que là, y'a un truc. » Note à lui même, camoufler un peu mieux ses humeurs. Que dire, que faire, comment rapidement changer de sujet ? Son père ne voulait-il pas rappliquer au plus vite pour bousculer tout ça ? « On parle jamais de ces trucs, j'ai l'impression que je rate mon devoir de mère Varian. » « Mais non. » Elle lui passa une main dans le cheveux. « Si tu veux des conseils je suis là. » Ah si elle savait ! Oui, il en voulait bien, comment on demandait à son copain ultra violent de se tenir à carreau ?  Ah merde, en voyant son regard il pipa tout de suite ce dont elle voulait causer. « Ouais bon on va arrêter cette discussion maintenant maman. » Autre sujet qu'il se refusait d'aborder avec elle : ce qu'il faisait avec Harley. C'était privé, et ça le restait pour son plus grand bonheur. Le biper de sa mère sonna. « Une urgence... Ce con de voisin a encore du étendre un pauvre gars. Il va finir comme sa mère lui. » Elle se leva en soupirant. C'était une habitude ici. Dès que ces parents avaient une urgence ils avaient pour habitudes d'accuser Harley. Parce qu'ils ne l'avait apprécié. « On en reparlera plus tard ! » Les poings serrés il hocha de la tête. Non, ils n'eurent plus jamais cette discussion, Varian s'y refusa. « Ce con de voisin, c'est mon copain maman. » murmura t-il alors que la porte de sa chambre se refermait.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Dim 23 Juil - 23:57

« Mais oui, le cadeau de K-Kimi ! Je te l'ai déjà d-dit, c'est une super idée. » Et il continuait de claquer des dents, gelé jusqu'aux os, sans lâcher Varian. Il n'était plus vraiment là Harley, il était… ailleurs. Comme souvent à vrai dire, mais jamais à ce point. « Les oiseaux... » Il fronça brièvement les sourcils avant que son regard ne s'éclaire. « Oui oui je sais, il faut qu'on attrape les oiseaux ! » Il serra le poignet de Varian plus fort avant que celui-ci ne le tire en dehors de leur abri. « Mais non, je ne peux pas rentrer, je dois... » Machinalement, il leva les yeux vers le ciel mais le soleil était invisible sous le couvert des arbres. « Oh non, il est quelle heure ? Il est quelle heure ? » Il se dégagea de son ex-petit-ami pour trouver une clairière ou quelque chose pour voir le soleil. « On doit être à la ville pour dix-sept heures. Dix-sept heures ! Et... » Combien de temps prenait la capture d'un oiseau ? Il n'en avait absolument aucune idée. « Comment on va trouver un oiseau sur l'Arche ? Il n'y a pas d'oiseau dans l'espace. Pourquoi Kimi veut-elle un stupide piaf ? C'est stupide. » Il ne parlait pas vraiment à Varian, il se contentait de réfléchir. « Réfléchis, réfléchis… » Mais il avait trop froid pour réfléchir. Excédé il se contorsionna pour enlever sa chemise trempée qui lui tenait trop froid et pressa ses doigts sur ses yeux en essayant de se concentrer. Mais il ne savait pas faire ça, il n'avait jamais su. Réfléchir, se concentrer… Il n'avait jamais réussi à discipliner ses pensées pour parvenir à quelque chose de froid et rationnel. En attendant, il était planté sur place, à moitié à poil, face à un problème qu'il ne pouvait pas – plus – résoudre. J'en avais même oublié Varian pendant que je tremblais sur place pour me réchauffer. Pourtant, il pouvait m'aider à attraper le piaf, ou à le voler. Il trouvait cette idée stupide mais il nous fallait absolument ces oiseaux, j'en étais persuadé. Si je n'en trouvais pas… Je gardai les mains sur mon visage, juste le temps de réfléchir quelques minutes.

dans le passé.
Oui je l'avais frappé… Mais Varian avait dépassé les bornes. Il pouvait sans arrêt me renvoyer à la figure que moi aussi je me cachais, patati patata, mais on savait très bien que c'était faux. Certes je m'étais caché, à un moment donné où je souhaitais encore me convaincre qu'on faisait fausse route, que ce n'était pas fait pour durer, que je n'étais pas… gay. Et puis je voulais aussi garder une certaine image de moi. Aujourd'hui j'en avais plus rien à foutre de cette image et je savais que j'aimais Varian et pas un autre. Je me cachais de mon père par principe, parce que je ne voulais pas être une nouvelle source de déception, mais je n'avais pas honte de Varian moi . Je n'avais pas honte de mon petit-ami et de l'image qu'il pouvait renvoyer. Je ne lui rebalançais pas tous mes défauts à la gueule comme il le faisait avec moi. Peut-être que j'avais eu une bonne raison d'essayer de le remettre à sa place. Enfin j'étais de m'en convaincre. « Tu méritais que je te traite de petit con. Tu es un petit con avec moi. » Mais pas que je te frappe. Ça c'est impardonnable, même et surtout de ma part. « T'es le seul à te planquer à vrai dire, le seul à avoir honte, et le seul de nous deux à essayer de tout me foutre sur le dos. » Les mots sortaient tous seuls à présent, mais il se détendit légèrement quand Varian l'embrassa sur la joue. « Si tu me détestais, on aurait pas ces conversations. Si tu me haïssais, tu n'aurais pas besoin de te cacher ni d'avoir honte de moi. Si tu me détestais, tes mots ne me feraient pas aussi mal. » Il haussa les épaules mais détourna tout de même le regard. C'était un peu mélodramatique comme discours mais ça illustrait plus ou moins le fond de sa pensée. Des deux, Harley était un petit con notoire, ce qui rendait ses paroles moins agressives qu'elles n'en avaient l'air : il balançait des sales phrases mais c'était classique, juste pour déranger ou choquer. Varian… Varian disait ce qu'il pensait mais c'était différent. C'était blessant. Je ne voulais pas de ses excuses car ça montrait qu'il avait dit le fond de sa pensée. Il s'excusait parce qu'il pensait ce qu'il avait dit et qu'il avait des remords aujourd'hui. Ou qu'il voulait juste baiser, mais des deux, je ne savais pas laquelle des solutions était la pire. Harley inspira profondément et se fendit d'un sourire forcé. « Et le baiser ne compte pas, c'était sur la joue. » Il le tira à l'intérieur et referma la porte d'un coup de pied avant de le traîner vers sa minuscule chambre. « Si un jour je disparaissais... Tu m'aimerais toujours si tu venais à me retrouver des années après ? Ou tu m'aurais oublié ? » C'était une question innocente, une question pour rire... Une question qu'on aurait à se poser des années après, en se remémorant cette conversation.
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Lun 24 Juil - 11:56

« Calme toi ! Bordel mais calme... »

Il le regardait s'agiter, débiter des mots sans aucuns rapport les uns avec les autres, mélangeant deux vies qui n'avaient plus rien à voir. Il avait envie de lui hurler d'arrêter encore et encore, parce que le voir comme ça lui donnait franchement envie de le baffer. Juste pour lui remettre les idées au clair. Mais Harley débloquait, il parlait sans s'arrêter, réfléchissait à un soucis qui n'avait pas de solution (parce que soyons clair, Varian ne voyait pas comment attraper des oiseaux, surtout avec une luminosité aussi nulle). La scène le mettait presque mal à l'aise.

« Non n'enlève pas t... »

Trop tard. Mais il voulait crever ou quoi ? Ok Varian réfléchis. Où il te claque entre les mains, et tu es mal, ou tu prends les choses en main. Plus vite, aller, réfléchis. Et c'était compliqué de réfléchir quand on avait une tel spectacle sous les yeux. L'envie d’en détourner le regard, de le laisser planter là, tout seul était forte aussi. Souviens toi. Qu'est-ce que qu'elle avait fait déjà Aya ? Pourquoi il pensait à Aya dans un moment pareil lui ? Souviens toi. Tu avais pété les plombs. Elle a fait quoi pour te calmer ? Il se ressaisit. Bien sûr. C'était évidement. Violent mais évident. Et ça fonctionnerait à coup sûr. Bon sang. Il n’en revenait pas. Répéter les gestes de sa maîtresse ne lui correspondait pas. Qu'avait-elle fait de lui, hein ? Mais c'est pour ton bien Harley, c'est pour ton bien. Un coup, un seul, suffisamment fort mais pas trop, asséné au bon endroit et le tour était joué. C'était lâche. S'en prendre à quelqu'un par derrière. Encore quelque chose qu'il se foutait pas mal de faire, mais jusqu'à maintenant, il n'avait jamais imaginé le faire avec un proche. Quoi que, Harley n'était plus un proche. Ce Harley était juste un fantôme du passé, rien de plus. Il serra les dents, prit une profonde inspiration et lui assène un grand coup sur la tête.

« Je suis désolé Harley. Je dirais que tu as chuté d'un arbre, en voulant attraper ton stupide oiseau. Je te ramène auprès de ta maîtresse. »

Il ne voulait même pas toucher ce corps qui lui semblait si faible. Il avait peur d'être dégoutté. Ou de craquer pour de bon. Et pourtant, une fois de plus Varian du se faire violence.

Long time ago.
Ok, ok, c'était un petit con. Quoi d'autre ? Un salaud fini ? Pas besoin de lui pour le lui rappeler. « J'ai pas honte. » Il avait peur, c'était différent. Mais le jour où Varian le lâcherait à voix haute n'était pas près d'arriver. Là-dessus il était tenace, il n'aurait jamais le dernier mot certes, mais ne pouvait s'empêcher de le répéter en boucle. « Et j'ai pas envie de te détester. Je l'ai fais pendant des années. Je préfère... » Aller, tu vas les lâcher ces deux petits mots ? Non ? Toujours pas ? « Je préfère notre relation maintenant. » Voilà, c'était plus simple. Harley referma la porte et l'entraîna vers sa chambre. « C'est quoi cette question à la noix ? » Il était surpris à vrai dire. C'était nouveau ça aussi, les trucs un peu cul-cul la praline. Le genre ultimatum de la mort qui tue. Il croisa les bras et le défia un instant du regard. « C'est complètement con. Bien sûr. On pourrait même te défigurer, que mes sentiments resteraient les mêmes. Idiot. » Ah, si seulement. Mais sur le coup il le pensait. Qu'est-ce qui, dans ce monde de dingue, pourrait l'empêcher de l'aimer autant ? Rien. « Tu crois qu'un jour je trouverais quelqu'un qui m'apprécie autant, autre que toi ? Honnêtement, je ne pense pas. Je suis seul, ou avec toi. Je vois pas d'autres alternatives. » Il avait piqué un fard sans même s'en s'en rendre compte. Si sa mère avait là, elle lui aurait probablement hurlé qu'il se mettait des œillères, qu'il méritait sans doute mieux. Mais pas pour Varian. Et puis bon sang, c'était lui qui avait tout commencé. C'était à cause de lui qu'il était tombé peu à peu amoureux. Alors oui, il le vivait difficilement. Son rêve était de pouvoir s'en libérer une bonne fois pour toute. De pouvoir le côtoyer en public, le tenir par la main et montrer des signes d'affection sans que les gens ne détournent le regard ou murmurent des choses atroces. Il cessa de se triturer les doigts – ce qu'il avait commencé à faire sans mêle s'en rendre compte – et s'adossa contre bureau. « J'ai vraiment besoin de mon petit-ami maintenant. » Tient, c'est nouveau ça. Depuis quand tu l'appelle plus voisin ? Bon, il y a un début à tout. Il soupira. Parce que j'ai vraiment envie de te parler. De tout et de rien. Il y a des choses que j'ai pas envie de dire à Kimi, rien qu'à toi. Tu vois Harley, c'est ça le soucis. Avant je n'y aurais jamais songé. Et puis t'as foutu le merdier dans mon cœur et maintenant je n'imagine pas parler à quelqu'un d'autre que toi de tous ce qui peut me tracasser, me faire rire ou pleurer.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Mer 26 Juil - 23:35

En théorie, l'idée d'Harley d'enlever sa chemise était relativement sensée : la chemise était trempée et ne sécherait pas immédiatement, se contentant de lui donner encore plus froid, tandis que son corps nu sécherait bien plus vite. C'était ça aujourd'hui ses réflexions, des trucs purement mathématiques, du a+b pour être physiquement au mieux, pour avoir moins froid, moins faim, moins mal. Le reste était complètement accessoire. Même Varian. Harley réfléchissait toujours à son stupide piaf pour Kimi quand quelque chose le heurta violemment. Des petites étincelles dansèrent un bref instant devant ses yeux tandis qu'il levait une main surprise puis le noir. L'ancien Harley aurait tellement eu honte… Il aurait été humilié par cette scène sans le moindre sens. Et puis je le sais, il aurait été triste aussi. Triste de voir ce qu'il était devenu (une chose chétive et délirante, complètement possédée par la peur et l'angoisse), triste de voir ce qu'ils étaient devenus, ce que leur couple était devenu. Quelque part au fond de moi, la part encore sensée et vivante de moi, je pleurais pour ces retrouvailles. Je m'en voulais de ne pas être capable d'être moi, d'être juste Harley, juste pour lui. Je voulais le serrer dans mes bras et lui dire combien il m'avait manqué. Je voulais l'embrasser, lui dire enfin que je l'aimais, dire ces mots tabous qui n'avaient jamais franchi mes lèvres pendant trois ans de relation. Je voulais caresser son corps, pleurer ses blessures et ses cicatrices. Je voulais juste le retrouver pour retrouver une part de moi-même. C'était nous deux ou rien… Mais moi je n'étais plus là et lui plus vraiment non plus. M'aimait-il encore ? Quand je croisais son regard, j'avais bien du mal à y croire. Mais le Harley au commande n'était plus amoureux non plus, juste obsédé par son prochain repas ou l'endroit où il dormirait. Il était en mode survie, ce Harley. Un Harley haïssable et pitoyable si vous voulez mon avis, moi, le véritable Harley, celui bien vivant.

dans le passé.
Il se sentit bêtement blessé que Varian lui avoue l'avoir détesté des années durant. Pourtant, ce n'était pas vraiment une surprise : Harley avait tout fait pour que Varian le haïsse. Il avait harcelé la petite sœur pour mieux se disputer avec le grand frère. Il avait sorti les pires méchancetés juste pour entendre Varian lui cracher quelques mots venimeux à la figure. Il voulait voir la colère dans son regard à l'époque, il voulait voir son visage afficher des airs mauvais, des rictus de rage. Il voulait un Varian à son image, rendu amer par la vie, avec l'envie de tout démolir autour de lui. Pourtant, il était blessé, lui, le Harley de vingt-et-un ans. Il hocha cependant vaguement la tête à la suite des paroles de Varian. Lui aussi préférait leur relation actuelle, intime et douce, juste amoureuse. C'était certain, je préférais pouvoir demander un câlin d'un ton suffisant à Varian et me sentir proche de quelqu'un, soutenu, que de lire de la haine dans son regard. Savoir qu'il pouvait lui aussi détester quelqu'un aussi fort me rassurait : je n'étais plus le seul enragé dans cette Station. Mais lire de la tendresse était infiniment mieux. Je crois que personne n'est fait pour rester seul. Ami ou amant, on a tous besoin d'une personne. Moi c'était Varian. Notre relation avait été ce qu'elle avait été mais aujourd'hui, je l'aimais. Mais il y avait un défaut… J'avais peur de le perdre. « Donc je compterai toujours pour toi, quoi qu'il arrive ? » Il avait involontairement un accent d'enfant dans sa voix, comme un mioche ayant peur d'éteindre la lumière au cas où les monstres. Jusque là, il s'était toujours senti seul, ce qui incluait la certitude de ne pouvoir être abandonné par personne. Mais quand on avait quelqu'un, on pouvait le voir s'en aller. « Personne ne sera jamais aussi proche de toi que moi, Varian. L'inverse est vrai ? » Du défi perçait dans sa voix. « Tu serais prêt à jurer que tu ne me laisseras jamais ? Que tes sentiments ne changeront pas ? » On pouvait prendre ça pour des blablas gnangnan d'adolescent amoureux mais j'étais infiniment sérieux. Aussi fort dans mes sentiments que dans mes émotions ou mes pulsions.

dans le présent.
Une gerbe d'eau glacée lui éclaboussa le visage, le tirant instantanément de l'inconscience. Harley se redressait à peine qu'un poing lui percuta la joue droite, le renvoyant valser sur le sol. Par instinct, il se couvrit le visage et se roula en boule en attendant une suite qui ne se fit pas attendre. Il était perdu, complètement désorienté, mais il savait que Nei était folle de rage… et qu'elle devait sans doute avoir une excellente raison. Il avait dû échouer quelque part la veille ou… « … Complètement con oui ! Un oiseau ! Je veux un oiseau et ce débile tombe d'un arbre ? » Une autre voix de fille en arrière-plan et Nei explosa de nouveau. « Toi au moins il n'est pas tombé dans les pommes en tombant d'un arbre ! » Le coup de pied le cueillit au creux des côtes et Harley chercha enfin à s'échapper, à s'éloigner en rampant ne serait-ce que de quelques centimètres de l'épicentre de colère qu'était Nei. En enfant pourrie gâtée d'Azgeda, elle ne supportait pas la moindre contrariété… et elle aimait bien exacerbait tout ça par simple principe quand l'un des deux esclaves de la maisonnée était la raison de son mécontentement. « 'Don… J-je, pardon Nei, je... » « Silence Harley ! » Encore son prénom déformé par une intonation normalement réservée à un chien ou un animal quelconque. Le garçon s'éloigna précipitamment dés qu'il y eut une accalmie – sachant que ce serait pire plus tard – et trouva refuge contre un mur. Son regard se posa sur Aya puis sur Varian – il ressentit furtivement une honte immense – et la mémoire lui revint. « Je ne sais pas attraper d'oiseaux... » chuchota-t-il dans un souffle. « Et Varian m'a frappé par derrière. » La phrase lui avait échappé, mue par son instinct de survie qui le forçait à se trouver une excuse (réelle). Il écarquilla les yeux en réalisant ce qu'il venait de faire et se figea en pâlissant. C'était ça que j'étais ? Un lâche et une balance ? Autrefois, il aurait fallu me tuer pour que je divulgue un secret. Aujourd'hui plus rien n'avait donc d'importance ? Je m'en serais asséné des gifles si j'en avais eu la force. Complètement endolori, je jetai juste un regard à Varian, un regard plein d'excuses, de regrets, de pardon. Le regard le plus expressif que j'eus depuis des années. Furtivement, je repensais à cette conversation qu'on avait eu des années auparavant, à propos de notre relation, de notre avenir, des imprévus, de ce qui pourrait détruire notre « nous ». On s'était promis une loyauté éternelle, pour un amour tout aussi intouchable. J'avais toujours envie d'y croire quelque part au fond de moi.
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Jeu 27 Juil - 12:24

Aya avait l'air en colère. Non pas parce qu'elle n'avait pas eu son oiseau (au fond, elle s'en foutait peut-être?) mais parce que Varian avait ramené un Harley complètement sonné qui lui, n'avait pas rempli sa mission et que maintenant sa meilleure amie leur piquait une crise de nerf. En enfant gâté, voilà ce qu'elle devait être. Comme Aya pouvait être amie avec elle, là résidait tout le mystère. Quoi que, après tout, elle avait l'air d partager le même goût pour la violence gratuite toute les deux. Il était planté là, les yeux rivés sur Harley quand elle lui balança de l'eau glacée dans la figure pour le réveiller. Il avait inventé toute une histoire. De pourquoi il était dans cet état, pourquoi ils n'avaient pas d'oiseaux tous les deux... Nei hurla, elle le frappa sans ménagement et ce fut à qu'il ne pu s'empêcher de détourner le regard ; trop horrifié, et surtout trop en colère de ne pouvoir rien faire. Et Aya le remarqua dans son coin, esquissa un sourire qui disparu aussitôt. Harley bafouilla dans son coin, Nei lui hurla dessus et Varian avait envie de se crever les yeux devant une telle scène. Est-ce qu'il regrettait de l'avoir assommé puis ramené ici ?  Il n'en savait trop rien. Oui, quand il voyait ce qu'elle lui faisait subir, non quand il songeait au fait que leur histoire aurait pu mal se finir si Harley avait vraiment pété les plombs là-bas, dans les bois. Ça, c'est ce que tu veux bien entendre Varian, nuance. Il avait juste envie de prendre les jambes à son cou, mais impossible pour lui de bouger. Aya était décidé à rester, sans doute pour voir comment tout ça allait se terminer. Et puis Harley lâcha la vérité. Sa mâchoire se crispa au moment où la petite Aya leva ses yeux foncés vers lui, un regard mauvais. Il était mort. Comment avait-il pu lui faire ça ? C'est facile de dire ça Varian... Mais rejeter la faute sur les autres c'était facile, et Varian était pro dans ce domaine. Le regard planté dans celui qui avait été autrefois son petit ami il cherchait ses mots, une pirouette pour s'en sortir. Quelque chose. Il pouvait, les idées affluaient. Toutes plus mauvaises les unes que les autres. Des mensonges, des mensonges avec une part de vérité, ou juste la vérité. Il calculait ses chances de s'en sortir dans trop de blessures s'il lâchait le fin mot de l'histoire. Oh, elles devaient être minces à n'en pas douter. Comment il a peu, hein ? Et toi Varian, comment tu as pu ? Tu te souviens de ce jour où tu lui avait juré fidélité ? Je m'en souviens, oui, c'était presque comme échanger des vœux. Maintenant que j'y pense c'est pitoyable. Il avait envie de fuir, très loin, de fuir, très rapidement. Mais ça, sous mes yeux c'est pas Harley. C'est plus lui. Ce Harley, celui de l'Arche il est mort. Celui là me répugne. Le Harley de l'Arche n'aurait jamais balancé comme ça. Tout comme le Varian de l'Arche n'aurait pas assommé son copain par derrière. Pas faux. Pas faux...

« Varian ? Oh, Varian ? » Il baissa enfin les yeux vers Aya qui tentait de capter son attention. « Est-ce que c'est vrai ? »

long time ago.
« Quoi qu'il arrive, oui. » Il ne voyait pas ce qui pouvait arriver. Rien ne pouvait leur arriver. Il lui attrapa les mains, un sourire aux lèvres. « Je te le jure. Personne ne prendra ta place Harley, jamais. » A ce moment là Varian était plus que sérieux. Parce que Harley avait été la première personne pour qui il ressentait des choses pareilles, et qu'il n'avait aucune envie que tout cela cesse. Il avait mit du piment dans sa vie, avant même de faire le premier pas et il avait du mal à imaginer une vie sans son voisin. Son chieur de voisin qui avait espéré voir derrière les barreaux plus d'une fois autrefois. Celui qu'il se plaisait à injurier mentalement, à qui il tentait de tenir bon. Celui que sa sœur avait craint pendant tant d'année. Et qu'elle adorait à présent. « J'ai l'impression à t'entendre qu'un truc atroce va se produire dans pas longtemps. » Et que tu me mets au défis aussi. Mais tu sais quoi Harley ? Défis relevé. Je ne serais pas celui qui te lâchera en premier. Ah, s'il savait.

Aujourd'hui.
Aya le fixait toujours de son regard perçant et maintenant il retenait également l'intention de sa meilleur ami. D'ailleurs elle aussi lui faisait froid dans le dos. C'était peut-être commun au adolescentes de cette région... Elle lui répéta sa question, lui donnant une tape sur l'épaule faute de pouvoir atteindre sa tête quand il était debout.

« Oui, c'est moi qui l'ai assommé. » « Pourquoi raconter l'histoire de la chute alors ? »

Il n'avait pas envie de poursuivre. Pas du tout même. Mais elle lui donna une nouvelle tape comme pour le rappeler à l'ordre et il poursuivis.

« Parce que je ne voulais pas... » Il cherchait ses mots. «... que vous sachiez qu'il était devenu dingue. J'ai eu peur, alors je l'ai frappé et ramené ici avant qu'il ne fasse quelque chose d'insensé. »

Bravo, tu viens de vendre Harley, Varian, bravo. Son regard fuyait celui du Camelotien toujours au sol. C'est pour ton bien Harley, c'est pour ton bien... se répétait-il en boucle. Au fond, c'est ce qu'il essayait de croire.
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MessageSujet: Re: flightless birds. (varian) Sam 29 Juil - 22:58

Oui c'était ça qu'il était, un lâche et une balance. Même du fond de sa torpeur, Harley Weise pouvait mesurer la distance qui le séparait de son ancien lui et de ses valeurs. Ce n'était pas un type fréquentable Harley, mais ce n'était pas une mauviette et un pleurnichard. Il savait tout refouler, tout garder pour lui. Gamin, il avait su cacher ses larmes pour sa mère, quitte à transformer tout ça en rage. Plus tard, il avait su dissimuler son attirance pour Varian et sa tendresse fraternelle pour Kimi. Il avait su être deux Harley à la fois sans sourciller. Aujourd'hui il ne savait même plus être lui-même. Mais malgré ça, il était pâle de honte à l'idée d'avoir vendu Varian comme il aurait dénoncer la seconde esclave de sa famille. Varian aurait dû être sacré, intouchable, précieux… Aujourd'hui il n'était rien. Du moins en surface. J'avais honte… mais la colère dans mon ventre était réelle. Je l'avais dénoncé par pure habitude, parce que j'avais appris à tout dire à Nei sans réfléchir mais j'étais en colère qu'il m'ait frappé comme cela, en toute simplicité. Je me sentais trahi, sali. Et puis je me sentais triste aussi. Je ne comprenais pas ces émotions mais l'ancien Harley aurait bien saisi. L'ancien Harley était triste de savoir que Varian l'avait frappé sans raison, triste de savoir qu'il avait inventé des conneries pour cacher ça, triste même qu'il ait pu trouver une bonne raison de l'assommer. L'ancien Harley se serait sans doute vengé par les poings, la rage à l'oeil… Le Harley actuel se contenta de fixer Nei avec un air de chien battu, attendant sans doute la prochaine gifle. Ce que je pouvais haïr ce Harley là, passif et soumis.

dans le passé.
Harley se sentit rassuré. Ce n'était pas dans ses habitudes de croire quelqu'un sur parole mais Varian, c'était différent. S'il lui jurait de ne jamais l'abandonner… alors il pouvait lui faire confiance. Varian resterait avec lui pour toujours, ensemble. Il n'était pas assez stupide ou naïf pour croire à l'amour éternel ou ce genre de conneries, mais il croyait en revanche en leur relation. Tant qu'ils seraient ensemble, si aucune discordance de les séparaient, alors il pourrait compter sur Varian. Et cette certitude lui suffisait. « C'est un peu bête hein ? Qu'est-ce qui pourrait nous arriver sur l'Arche ? » En fait, des tonnes de choses pouvaient arriver. L'un des deux pouvait se faire arrêter pour leurs petites commerces trop lucratifs, Harley pouvait se battre une fois de trop, ou devenir neuneu suite à une baston ou allez savoir. Ou ils pouvaient péter les plombs un jour ou l'autre, comme Kimi et son mystérieux mutisme… Tout pouvait arriver ans même avoir à quitter l'arche. Le voisin (l'autre) d'Harley s'était transformé en légume suite à un AVC ou un truc comme ça, sans avoir personne sur qui compter. « Je ne te lâcherai pas, Varian. Pas de mon propre gré. » ajouta-t-il, comme en écho aux pensées de Varian. Et je tiendrai promesse. Je continuerai à t'aimer après t'avoir cru mort. Je continuerai à t'aimer sur Terre. Tu seras celui à qui je penserai chez Azgeda ou quand j'aurai trop mal. Tu seras celui dont je rêverai chez les nomades, en regardant les étoiles. Tu seras celui qui me trahira auprès de Nei des années après. La vie est injuste et mauvaise quand je vois nos retrouvailles. Où sont passées nos belles promesses ? Moi je continue à les garder en moi, mais toi ? Toi tu es un lâche et un traître, un menteur te cachant derrière de belles pensées. Toi tu me crois dingue et tu as raison, mais est-ce que tu t'es regardé Varian ? Tu as envie de me repousser, mais as-tu seulement regardé l'ensemble ? As-tu regardé ces scènes pitoyables qu'on a à offrir ? Tu es tellement condescendant avec tes « calme-toi » et tes « arrête »… Mais moi je survis juste pendant que toi… Toi tu me trahis. Tu m'abandonnes. Alors, où sont tes promesses, Varian ?

dans le présent.
Sans donner l'air de se démonter, Varian acquiesça… pour mieux l'enfoncer ensuite. Derrière le vague sentiment de trahison, la vague de peur revint à nouveau. Bien sûr que Nei savait qu'Harley n'avait pas complètement toute sa tête, aucun esclave à Azgeda ne pouvait survivre plus d'un an en restant complètement lui-même, mais ce n'était pas pour autant qu'elle ne sauterait pas sur l'occasion pour… Elle l'attrapa par les cheveux pour le secouer brutalement. « Et c'est censé me défendre et me protéger après hein ? » Elle le relâcha brusquement et il perdit l'équilibre pour retomber à genou. Il garda le regard rivé au sol mais une vraie colère sourde bouillait en lui à l'encontre de Varian. Pas de Nei… Il n'était plus en colère contre Nei depuis bien longtemps, mais Varian… C'était lui qui lui causait autant de torts, autant de… C'était un danger, Varian, un poison. « Je rentre avec Aya, on passe par chez elle puis je rentre. Papa serait ravi de me voir revenir sans toi. » Le jeune Archéen releva subitement la tête, saisissant parfaitement le sous-entendu. C'était le maître qui l'avait chargé de surveiller Nei. S'il apprenait le détail de la journée et qu'il voyait Nei rentrer seule… « Non, je dois venir avec toi, je... » Elle le gifla avant de reprendre d'une voix tranquille, comme si de rien n'était. « Non. Tu va compter jusqu'à mille ici – tu sais compter jusqu'à mille ? – avec lui puis ensuite tu prendras le chemin le plus long pour rentrer. » Nei lui adressa un sourire ravi et prit la main de sa copine pour l'entraîner dans les ruelles, le laissant planté là, endolori et gelé. Harley resta à genou par terre, ne voulant pas regarder Varian. C'était… trop de trucs à la fois. « Tu m'as vendu. » Sa voix tranquille, quoi qu'un peu faible, laisser parsser une simple constatation mais peut-être que c'était ce qui convenait à ce genre de situation. Il constatait que Varian, celui à qui il avait juré tant de choses, l'avait assommé, trahi puis vendu à Nei en sachant très bien ce qu'elle lui ferait.
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